Homélie du dimanche 16 décembre

3éme dimanche de l’Avent année C

Références bibliques :
Livre de Sophonie : 3. 14 à 18 : “Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour.” 
Chant biblique – Isaïe 12 : “Dieu est au milieu de vous”. 
Lettre de saint Paul aux Philippiens :”La paix de Dieu qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer.” 
Evangile selon saint Luc : 3. 7 à 18 : “Il vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu.” 

***

LE BAPTEME DANS LA BIBLE.

Les rites de purification avec l’eau sont universels. Pourtant les rites de l’Ancien Testament ne leur donne pas la première place. Celle-ci revient aux rites sacrificiels.

Ils existent pourtant dans certains cas. Ainsi le lépreux guéri doit se laver et laver ses vêtements dans l’eau (Lévitique 14. 8)

Les récits des évangiles montrent qu’à l’époque de Jésus, ces rites de purification par l’eau  s’étaient beaucoup développés : telle l’ablution pour se purifier au retour de la place publique car on pouvait y avoir côtoyé des païens et des pécheurs (Marc 7. 4).

De même chez les contemporains de Jésus, quand un non-juif se convertissait (“prosélyte”), il était marqué de la circoncision, signe commun aux enfants d’Abraham. Mais, pour indiquer sa rupture avec le monde païen, il prenait aussi un bain, appelé couramment “baptême des prosélytes”.

LE BAPTEME DE JEAN.

Or Jean le Baptiste utilise ce rite du “bain de rupture”. Ceux qui reçoivent son baptême confessent, tout juifs qu’ils soient, qu’ils ne peuvent pas plus s’abriter derrière la seule paternité d’Abraham que leurs ancêtres, lors de la prise de Jérusalem, ne pouvaient se contenter de crier :”Le temple du Seigneur ! le temple du Seigneur !” (Jérémie 7)

Nous sommes au temps de la venue du Messie et ils sont dignes de la colère qui vient. Ils méritent d’être retranchés du peuple. “Qui vous a suggéré de vous soustraire à la colère prochaine ?… N’allez pas dire : nous avons pour père Abraham.” (Luc. 3. 7 et 8)

A ceux-là, Jean propose de se reconnaître semblables à des païens et de recevoir un baptême analogue à celui des prosélytes. Alors ils feront à nouveau partie intégrante du Peuple qui attend son Messie. “Il vient celui qui est plus puissant que moi !” Ils doivent se convertir, non pour devenir disciples de Jean, mais pour être prêts à accueillir le Messie. (Luc 3. 7 à 9)

Jean précise que le baptême qui sera alors donné par celui qui vient, dépasse, non seulement le sien, mais aussi les sacrifices anciens consumés par le feu.. “Il vous baptisera dans l’Esprit-Saint et dans le feu.” L’offrande, ce n’est ni les fruits de la terre ou des animaux; c’est chacun de nous. Le rite d’autrefois était par le feu. Aujourd’hui, avec le Messie, il est autre.
Il en est de même aujourd’hui. Ce que Dieu attend de nous, ce ne sont pas des gestes extérieurs, c’est notre offrande personnelle, c’est nous-mêmes avec notre vie quotidienne, nos actions comme nos activités, le don de notre cœur et de notre amour à  nos frères, qui sont chemin qui nous conduisent au Christ : « J’avais faim, vous m’avez donné … »

IL VOUS BAPTISERA DANS L’ESPRIT SAINT.

“Il vous baptisera…” En quelques mots, saint Luc définit la mission de Jésus comparativement à  celle de Jean. Cette présentation est d’autant plus remarquable que les évangiles synoptiques (Matthieu, Marc, Luc) ne nous montrent jamais Jésus baptisant. Le quatrième évangile nous dit même positivement que Jésus ne baptisait pas lui-même (Jean 4. 2)

Par cette affirmation “ dans l’Esprit-Saint”, les évangélistes, et particulièrement saint Luc, auteur des “Actes des Apôtres”, manifestent leur foi en l’action effective de Jésus ressuscité dans les sacrements de l’Eglise.

Au jour de Pentecôte.

La parole du Baptiste n’introduit pas seulement au ministère terrestre de Jésus ; elle annonce les temps nouveaux qui ne se refermeront plus. C’est cela la Bonne Nouvelle :”Il vous baptisera dans l’Esprit-Saint et dans le feu … un feu qui ne s’éteint pas.” (Luc 3. 18)

D’ailleurs, à plusieurs reprises dans les Actes des Apôtres, saint Luc dira que le baptême nouveau est bien distinct du baptême de Jean; il est donné au nom du Seigneur Jésus ou au nom de Jésus-Christ. Seul “le Seigneur” (terme divin) ou “le Christ” (celui qui a déjà en lui-même la plénitude de l’Esprit-Saint) peut donner le baptême dans l’Esprit.

S’il ne l’a pas conféré durant sa vie terrestre, pas même au cercle étroit de ses apôtres, il le confère lui-même, après son départ de la terre et, cela, nous le célébrons au jour de la Pentecôte. Au moment de les quitter lors de l’Ascension, il prescrivit à ses disciples :” de ne pas s’éloigner de Jérusalem mais d’y attendre la Promesse du Père, le don que je vous ai annoncé. Car Jean a baptisé avec de l’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés, saints, dans l’Esprit.” (Actes 1. 4 et 5)

L’entrée dans le Royaume.

Cette parole de Jésus avait tellement impressionné saint Pierre qu’il s’en souvint quand il dut constater que l’Esprit-Saint venait aussi sur ce païen de Corneille (Actes 10. 47) ! Le baptême dans l’Esprit est donc la porte d’entrée du Royaume. C’est pourquoi Jésus a pu dire que le plus petit dans le Royaume est plus grand que Jean le Baptiste.

Nous pouvons être surpris au premier abord par le lien établi entre baptême et Esprit-Saint. Il nous faut entendre par ce terme de “baptême” la plénitude de ce sacrement. “Nul s’il ne renaît de l’eau et de l’Esprit”. (Jean 3. 5) La tradition chrétienne les a liés au moment des sacrements de l’initiation. La liturgie orientale l’a maintenue. La liturgie latine du baptême des enfants les a dissociés dans le temps en ce que nous appelons “baptême” et “confirmation”.

Le baptême de Jésus.

Nous lions le baptême à la mort et à la résurrection de Jésus. Jésus lui-même, quand il parle de son baptême, désigne sa Passion (Luc 12.50).  Il nous faut donc ne négliger aucun des aspects de sa mort et de sa résurrection.
Et ceci vaut pour chacun d’entre nous puisque nous avons été baptisé dans l’eau et dans l’Esprit, nous sommes créatures nouvelles, ressuscités avec le Christ, selon l’expression de saint Paul.

Le baptême qu’il a reçu dans le Jourdain le consacrait à cette mission d’Agneau de Dieu “qui porte et qui enlève le péché du monde.”(Jean 1. 33 à 36). A cette heure même, le Père le désigne comme son Fils bien-aimé et l’Esprit se manifeste; c’est l’Esprit dès lors qui le mènera au désert pour y être tenté et le dirigera tout au long de sa vie. Dans tout son ministère, Jésus révèle le Christ-Messie, habité par l’Esprit.

Dans le baptême du Jourdain, il reçoit l’Esprit pour accomplir sa mission. Dans le baptême de sa Passion, il reçoit l’Esprit pour le transmettre.

L’EAU, LE FEU ET L’ESPRIT.

Nous n’avons pas à être déconcertés par cette énumération. Le signe sacramentel du baptême est l’eau et non pas le feu. “Nul, s’il ne renaît de l’eau et de l’Esprit”, déclare Jésus à Nicodème (Jean 3. 5). Et même si saint Luc prend en compte la parole de Jean le Baptiste :” Il vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu.”

Ces affirmations ont un point commun : l’affirmation de la nécessaire action de l’Esprit-Saint de Dieu.  D’autant qu’existe l’ambiguïté de l’un et de l’autre des signes et des symboles (eau et feu).

L’eau est associée à la vie. Elle est aussi porteuse de mort. Les Hébreux sont sauvés par l’eau au passage de la Mer et les Egyptiens y sont engloutis. Le feu est symbole de destruction, mais il est aussi signe de vie. Dieu n’hésite pas à se manifester sous cette apparence au buisson ardent et au Sinaï (Exode 19. 18). Durant sa marche dans le désert, le Peuple est guidé par une colonne de feu pendant la nuit. Le feu, comme l’eau, sont significatifs d’un jugement, d’une décision mise en oeuvre : l’eau du déluge noie le péché et porte l’arche. Le feu pénètre la matière et la purifie.

Le baptême détermine lui aussi une rupture pour un renouvellement et une décision pour une adhésion. Saint Luc, rapportant le premier baptême, au jour de la Pentecôte, montre cette rupture inévitable entre l’ancien et le nouveau : “ Pierre les adjurait et les exhortait : Sauvez-vous de cette génération dévoyée. Eux donc, accueillant sa parole, se firent baptiser.” (Actes. 2. 40 et 41)

***

A la lumière de cette réflexion, nous pouvons relire Sophonie. “ Le Seigneur ton Dieu est en toi. C’est lui le héros qui apporte le salut. Il te renouvellera par son amour.”

Nous pouvons méditer saint Paul s’adressant aux Philippiens :”La paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer, gardera votre coeur et votre intelligence dans le Christ Jésus.”

Le temps de l’Avent est celui de l’annonce joyeuse de cette venue qui nous libère : “Il dansera pour toi avec des cris de joie” (Sophonie 2. 18). “Soyez toujours dans la joie du Seigneur. Laissez moi vous le redire : soyez dans la joie !” (Philippiens 4. 4)

Nous pouvons entrer dans la prière d’action de grâce de ce dimanche puisque, par notre baptême et notre confirmation, nous participons au mystère même du Christ  : “Tu le vois, Seigneur, ton peuple se prépare à célébrer la naissance de ton Fils. Dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère, pour que nous fêtions notre salut avec un coeur vraiment nouveau.” (oraison du début de la messe)

Père Jacques Fournier
En proposant diverses lignes de réflexion, ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon le "charisme", une ou plusieurs méditations. Leur auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu. Ces textes peuvent également servir à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir, chaque paragraphe formant un tout en soi.
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