Homélie du dimanche 2 février 2020

Dimanche 2 février 2020
Présentation de Jésus au Temple

Références bibliques :

Du livre de Malachie. 3. 1 à 4 : « Soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez. »
Ps. 23. « Qu’il entre le roi de gloire. « 
Lettre aux Hébreux. 2. 14 à 18 : « Il lui fallait donc devenir en tout semblable à ses frères pour être, dans leurs relations avec Dieu, un grand prêtre miséricordieux et fidèle. « 
Evangile selon saint Luc : 2. 22 à 40 : « Mes yeux ont vu ton salut. « 

***

La rencontre du Seigneur et de son peuple dans le temple clôture les solennités de Noël. Nous la lirons avec le regard de Marie et le souvenir de sa mémoire méditative.

LA RENCONTRE

Ils sont encore à Bethléem et donc proches de Jérusalem. Ils peuvent donc venir dans le Temple, ce qui, aux yeux de l’évangéliste, n’est pas sans signification dans le contexte des événements ultérieurs de la vie de Jésus. Ce temple où il enseignait (Luc 19 47), où tout le peuple venait à lui dès l’aurore pour l’écouter (Luc 21. 38). Ce temple qui ressuscitera au troisième jour (Jean 2. 19)

Joseph et Marie viennent accomplir le rituel du sacrifice de substitution ou d’expiation, qui est une ancienne tradition. A l’origine, les premiers-nés étaient consacrés au service divin et ils devaient servir dans le sanctuaire jusqu’au jour où ce service fut assuré par les lévites (Nombres 3. 13 – 8. 17 – 1 Samuel 2. 18) La première mention de l’obligation de racheter les premiers-nés est associée à la mort des premiers-nés des égyptiens (Ex. 13.13)

Avec le temps, on en fixa les modalités par un rituel (Lev. 27. 9) qui fut associé aux lois de la pureté rituelle de la femme qui vient d’enfanter.

Aux yeux de la Loi, Joseph doit offrir le sacrifice de substitution. Marie celui de sa purification.

SYMEON

Syméon vit dans l’obscurité d’une attente. Mais il n’est pas un angoissé. Il est dans la paix d’une certitude confirmée dans sa foi qui lui donne l’espérance. La foi devient alors comme une clarté, faible peut-être, mais assurée.

Il faut du temps pour que nos yeux s’habituent à la moindre lumière. Et il faut accepter ce temps si on veut discerner les objets. Dans nos vies, il en est de même. Il y a toujours un peu de la lumière de Dieu et c’est vers elle, et par la foi, que je dois et que je peux ouvrir grands les yeux, même s’il nous faut à nous aussi une longue et patiente attente.

La spontanéité de Syméon correspond à la joie d’une attente qui enfin se réalise et qu’il concrétise sans attendre davantage. Il prend l’enfant à sa mère, sans s’informer (Luc 2. 28). Il sait, il est en extase devant le plan de Dieu. Ses yeux sont en présence de la lumière qui éclaire et n’éblouit pas, la lumière qui permet aux mal-voyants de voir la réalité (Isaïe 42. 6)

Un écrivain chrétien des premiers siècles, Origène, transpose cette attitude de Syméon pour qu’elle devienne aussi la nôtre. Aussi longtemps, dit-il, que je ne porte pas le Christ et que je ne le serre pas dans mes bras, je suis comme un prisonnier et je ne puis me dégager de mes liens . « Si quelqu’un, écrit-il, quitte ce monde et veut gagner le royaume qu’il prenne Jésus dans ses mains, qu’il l’entoure de ses bras, qu’il le serre sur sa poitrine et alors il pourra se rendre en bondissant là où il le désire. »

Il ne se tournera vers les parents qu’après, en s’adressant à Marie. Syméon ne lui annonce pas qu’elle souffrira le martyre. L’expression qui est la sienne, le glaive, est le symbole même de toute douleur maternelle.

Siméon n’annonce pas à Marie qu’elle souffrira. Le glaive est le symbole de la douleur maternelle.

ANNE

Anne n’annonce pas l’avenir. Elle est prophète au sens biblique du terme, celui qui vit dans le commerce de Dieu et peut transmettre aux autres sa découverte par de bons conseil et des avis surnaturels.

Elle arrive au moment voulu par Dieu. Et elle ne peut s’empêcher de clamer sa joie. Comme les disciples « Nous avons rencontré le Seigneur. » Comme les malades guéris qui ne peuvent se taire, même si Jésus leur recommande la discrétion. Comme la Samaritaine qui va le dire à tous dans son village. Comme le centurion : »Il est vraiment le Fils de Dieu. »(Matthieu 27. 54)

JESUS

Luc met Jésus au centre de cette présentation au Temple.

Ses parents ne pouvaient être qu’étonnés et admiratifs de cette évidente intervention de Dieu en cet instant. C’est un enfant sans doute, mais il est la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Comme Isaïe 42. 6, Syméon parle de la « Lumière des nations ». Il est destiné à tous les peuples, à la différence de Zacharie qui ne voit que l’alliance. (Luc 1. 72) Les cierges de la procession évoquent tout cela. Mais cette tradition ne date que du 11ème siècle.

La conclusion de ce récit par saint Luc est à méditer comme un mystère. La personnalité de Jésus est humano-divine. S’il est le Fils de Dieu, par sa nature divine, il n’en est pas moins homme autant par l’âme que par le corps. La grâce de Dieu repose sur lui.

MARIE

Marie vient accomplir elle aussi le rituel qui la concerne en tant que mère, mais, en fait, elle n’a pas besoin de purification. Elle est la toute-pure, la bénie, mais elle assume son humanité au milieu de toutes les femmes. Elle porte son enfant, qui lui est retiré de ses bras, parce qu’il est non plus à elle, mais à tous les hommes pour le salut desquels il est venu. C’est déjà les prémices de cette parole : »Je me dois aux affaires de mon Père. »

Nous ne pouvons savoir ce qui s’est passé au Temple, si Marie ne nous l’avait pas dit. C’est avec elle qu’il nous faut relire cette rencontre et les paroles échangées. Elle les a gardées dans sa mémoire et dans son cœur, dans l’intimité de son cœur. Nous savons qu’un cœur purifié intériorise ce qu’il découvre. Elle en prend toute la dimension, d’abord partiellement, au fur et à mesure.

Les paroles de Syméon, elle en a entendue le prolongement au jour des douze ans de Jésus. Elle s’en souvient au jour où il ne la reçoit pas alors qu’on l’a contrainte à venir. (Luc 18. 19) Elle les a entendues en écho durant la vie publique de Jésus. Les contradictions, ce sont les oppositions des pharisiens et des scribes, dans le même temps qu’elle ne peut ignorer la prédication de Jésus qui lui révèle le sens du salut que Syméon avait évoqué.

Elle a vécu au pied de la croix, le sens du salut et de la contradiction. Par cette présence et sa participation intime aux dernières heures de Jésus, elle est entrée dans le mystère de la Rédemption. Chacun de nous, comme elle, doit aussi participer à cette rédemption par toute notre vie (Colossiens 1. 24)

Au jour de la Résurrection, elle voit la réalisation de cette phrase mystérieuse entendue il y a 30 ans. Et à partir de la Pentecôte, elle entend la prédication du salut, au milieu des contradictions et de l’extension de la Bonne Nouvelle de la Sagesse divine (2 Cor. 2. 15 et 1 Cor. 1au jour de la résurrection et de la Pentecôte. ans se manifeste aussi lors de la prédication des apôtres. Contradiction, scandale. 2 Cor 2. 15)

***

Nous avons à vivre cette rencontre de Dieu avec notre humanité, comme Syméon enthousiaste de la lumière, comme Anne qui ne peut se taire, comme Marie, qui reprend les étapes de la révélation pour les assumer dans sa vie.

« Prolonge en nous l’œuvre de ta grâce, toi qui as répondu à l’espérance de Syméon. Tu n’as pas voulu qu’il meure avant d’avoir accueilli le Messie. Puissions-nous aussi obtenir la vie éternelle en allant à la rencontre du Christ. »

Chaque jour, en toutes circonstances ….

Père Jacques Fournier
En proposant diverses lignes de réflexion, ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon le "charisme", une ou plusieurs méditations. Leur auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu. Ces textes peuvent également servir à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir, chaque paragraphe formant un tout en soi.
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