Décret d’inscription de la célébration de Saint Paul VI dans le calendrier romain général

Décret d’inscription de la célébration de Saint Paul VI dans le calendrier romain général.

12 octobre 2018 : Portrait du Bienheureux Paul VI accroché sur la façade de la basilique Saint Pierre, en vue de sa canonisation. Vatican. October 12, 2018: Portrait of Blessed Paul VI on the facade of St. Peter's Basilica, on the occasion of his canonization. Vatican.

Jésus Christ, qui est la plénitude de l’homme, qui vit et agit dans l’Église, invite tous les hommes à la rencontre transfigurante avec lui, qui est “le chemin, la vérité et la vie” (Jn 14, 6). Les saints ont parcouru ce chemin. Ainsi a fait Paul VI, sur l’exemple de l’Apôtre dont il a pris le nom, lorsque l’Esprit Saint l’a choisi comme Successeur de Pierre.

Paul VI (Giovanni Battista Montini) est né le 26 septembre 1897 à Concesio (Brescia), en Italie. Le 29 mai 1920 il a été ordonné prêtre. A partir de 1924, il prêta sa collaboration aux Souverains Pontifes Pie XI et Pie XII et, parallèlement, il exerça le ministère sacerdotal auprès des jeunes universitaires. Nommé Substitut de la Secrétairerie d’Etat, il s’est prodigué, pendant la Deuxième Guerre Mondiale, à trouver un abri pour des juifs persécutés et des réfugiés. Désigné par la suite Pro-Secrétaire d’Etat pour les Affaires Générales de l’Église, il a connu et rencontré, en raison de sa charge spécifique, beaucoup de promoteurs du mouvement œcuménique. Nommé Archevêque de Milan, il a eu soin de son diocèse avec zèle, de plusieurs façons. En 1958, il fut élevé à la dignité de Cardinal de la Sainte Eglise Romaine par Jean XXIII et, après la mort de celui-ci, il fut élu à la chaire de Pierre le 21 juin 1963. En poursuivant sans relâche l’œuvre commencée par ses prédécesseurs, il porta à son achèvement, en particulier, le Concile Vatican II et il entama de nombreuses initiatives, signes de la vive sollicitude qu’il avait envers l’Église et le monde contemporain, parmi lesquelles il faut rappeler ses voyages comme pèlerin, entrepris à cause du service apostolique et qui ont servi d’une part à préparer l’unité des Chrétiens, et d’autre part à revendiquer l’importance des droits fondamentaux de l’homme. Il a exercé le magistère suprême en faveur de la paix, il a promu le progrès des peuples et l’inculturation de la foi, ainsi que la réforme liturgique, approuvant des rites et des prières conformes à la fois à la tradition et à l’adaptation aux temps nouveaux, et promulguant avec son autorité, pour le Rite Romain, le Calendrier, le Missel, la Liturgie des Heures, le Pontifical et presque tout le Rituel, dans le but de favoriser la participation active du peuple fidèle aux célébrations liturgiques. Également, il s’assura que les célébrations pontificales aient une forme plus simple. Le 6 août 1978, à Castel Gandolfo, il rendit son âme à Dieu et, selon ses dispositions, il fut inhumé de manière humble, comme il avait vécu.

Dieu, pasteur et guide de tous les fidèles, confie son Église, pèlerine dans le temps, à ceux qu’il a lui-même constitués vicaires de son Fils. Parmi ceux-ci resplendit saint Paul VI, qui a uni en sa personne la foi limpide de saint Pierre et le zèle missionnaire de saint Paul. La conscience qu’il avait d’être Pierre, apparaît bien si l’on se rappelle que le 10 juin 1969, alors qu’il était en visite au Conseil Œcuménique des Églises à Genève, il se présenta en disant : « Mon nom est Pierre ». Mais
la mission pour laquelle il savait avoir été élu découlait aussi du nom qu’il avait choisi. Comme Paul il a consacré sa vie à l’Évangile du Christ, en traversant de nouvelles frontières et en se faisant son témoin dans l’annonce et le dialogue, prophète d’une Église ouverte qui regarde ceux qui sont loin et qui prend soin des pauvres. L’Église, en effet, a été son amour constant, sa sollicitude primordiale, sa pensée fixe, le premier fil conducteur fondamental de son pontificat, parce qu’il voulait que l’Église ait une plus grande conscience d’elle-même pour étendre toujours davantage l’annonce de l’Évangile.

Ayant considéré la sainteté de vie de ce Souverain Pontife, attestée dans ses œuvres et dans ses paroles, en tenant compte de la grande incidence exercée par son ministère apostolique pour l’Eglise répandue sur toute la terre, le Saint Père François, accueillant les pétitions et les désirs du Peuple de Dieu, a disposé que la célébration de saint Paul VI, pape, soit inscrite dans le Calendrier Romain Général, le 29 mai, avec le degré de mémoire facultative.

Cette nouvelle mémoire devra être insérée dans tous les Calendriers et les Livres liturgiques pour la célébration de la Messe et de la Liturgie des Heures ; les textes liturgiques à adopter, en pièce jointe à ce décret, devront être traduits, approuvés et publiés par les Conférences Episcopales, après la confirmation de la part de ce Dicastère.

Nonobstant toute chose contraire.

De la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, le 25 janvier 2019, fête de la Conversion de saint Paul, apôtre.

Robert Card. Sarah
Préfet

+ Arthur Roche
Archevêque Secrétaire

Courageux apôtre de l’Évangile

10 février 2015 : Le card. Robert SARAH, Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrement, lors de la conférence de presse durant laquelle il a présenté le Directoire homélitique. Vatican, Rome. February 10, 2015: Card. Robert SARAH presents the Homiletic Directory during a press conference. Vatican, Rome.

Avec le décret de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements daté du 25 janvier, le pape François a établi que la mémoire de Saint Paul VI soit insérée dans le Calendrier Général Romain, tenant compte de l’importance universelle de son action et de l’exemple de sa sainteté donné au peuple de Dieu. Le jour de la célébration sera le 29 mai, date de son ordination presbytérale qui a eu lieu en 1920, puisque le 6 août, jour de sa naissance au ciel, on célèbre la fête de la Transfiguration du Seigneur. Si le saint est celui qui conforme sa propre vie au Christ, en faisant fructifier la grâce divine dans ses oeuvres, Paul VI l’a fait en répondant à la vocation à la sainteté comme baptisé, comme prêtre, comme évêque et comme Souverain Pontife.

Et maintenant, il contemple Dieu face à face. Il a toujours souligné que c’est «seulement dans la recherche sincère de Dieu, faite dans la prière, avec pénitence, avec la metanoia de tout l’être, qu’on peut assurer le vrai succès de la vie chrétienne et apostolique, et mettre en pratique le premier et toujours vibrant appel du Seigneur à la sainteté : “ Impletum est tempus, et appropinquavit regnum Dei ; paenitemini et credite evangelio (Marc. 1, 1, 15). Estote ergo vos perfecti sicut et Pater caelestis perfectus est” (Matth. 5, 48)» (Discorso al Sacro Collegio per gli auguri onomastici, 21 juin 1976).

Comme prêtre, en 1931, lorsqu’il avait déjà commencé son service pour le Saint Siège, après avoir écrit qu’il ne voulait « aucune règle, aucune adjonction extraordinaire » qui puisse distinguer sa vie chrétienne de la vie normale, il ajoute qu’il aurait voulu cultiver « un amour particulier pour ce qui est essentiel et commun à la vie spirituelle catholique. Ainsi – écrivait-il – j’aurai l’Église comme mère de charité: sa Liturgie sera la règle préférée pour ma spiritualité
religieuse ». En méditant sur « imitamini quod tractatis », il tirait du mystère eucharistique la conséquente nécessité de « l’immolation de sa propre vie partout», en l’indiquant comme « la messe de la vie », unie au semper gratias agentes (Appunti per Esercizi spirituali à Montecassino).

Unis au décret, sont publiés les textes à ajouter dans le livres Liturgiques (Calendrier, Missel, Liturgie des Heures, Martyrologe). La prière de la collecte fait résonner ce que Dieu a accompli en son fidèle serviteur : « tu as confié ton Église à la conduite du pape saint Paul VI, courageux apôtre de l’Évangile de ton Fils » et lui demande: « fais que, illuminés par ses enseignements, nous puissions coopérer avec toi pour étendre la civilisation de l’amour dans le monde ». On trouve ici le résumé des caractéristiques principales de son pontificat et de son enseignement: une Église qui appartient au Seigneur (Ecclesiam suam), dédiée à l’annonce de l’Évangile, comme il le rappelait dans Evangelii nuntiandi, appelée à témoigner que Dieu est amour.

On y trouve aussi indiquées les lectures bibliques pour la Messe, choisies dans le Commun des papes, et comme lecture pour l’Office des lectures certains passages de l’homélie prononcée lors de la dernière session publique du Concile, le 7 décembre 1965, synthétisée sous le thème : Pour connaître Dieu, il faut connaître l’homme. Paul VI a vécu, avant et après être devenu pape, en regardant constamment le Christ dont il sentait la nécessité de le proclamer à tout homme. Il l’avait montré par sa première Lettre pastorale, en tant qu’Archevêque de Milan, intitulée, avec l’expression de saint Ambroise: Omnia nobis est Christus.

Dans une réflexion du 5 août 1963, un mois et demi après son élection à la Chaire de Pierre, il écrivait: « Je dois retourner au principe: le rapport avec le Christ… qui doit être la source de la plus sincère humilité: “éloignez-vous de moi qui suis un homme pécheur…” ; soit la disponibilité: “je vous ferai devenir pêcheur…”; soit la symbiose de la volonté et de la grâce: “pour moi, la vie c’est le Christ”». L’amour pour le Christ est l’amour pour son Église. Dans Pensiero alla morte, il pouvait écrire : « Je prie le Seigneur qui m’a donné la grâce de faire de ma mort prochaine un don d’amour pour l’Église. Je pourrais dire que je l’ai toujours aimée, et que pour elle, et non pour un autre, je semble avoir vécu ».

Fasciné par la figure et l’activité apostolique de saint Paul, quand l’Esprit Saint l’indiqua comme successeur de saint Pierre, il n’épargna nullement ses énergies au service de l’Évangile du Christ, de l’Église et de l’humanité, vue à la lumière du plan salvifique de Dieu. Défenseur de la vie humaine, de la paix, et du vrai progrès de l’humanité, comme le montrent ses enseignements, il voulait que l’Église, en s’inspirant du Concile et en mettant en pratique ses principes normatifs, redécouvre toujours davantage son identité, en dépassant les divisions du passé, et qu’elle soit plus attentive aux temps nouveaux: Église du Christ, qui met à la première place Dieu et l’annonce de l’Évangile, quand on s’emploie aussi pour les frères, pour construire cette «civilisation de l’amour», inaugurée par l’Esprit de la Pentecôte.

Dans Note per il mio testamento, Paul VI avait écrit: « Pas de monument pour moi ». Même si en octobre 1989 un monument lui fut érigé, le vrai monument de Paul VI s’est construit avec son témoignage, avec les œuvres, avec les voyages apostoliques, avec l’oecuménisme, avec le travail de la Nova Vulgata, avec le renouvellement liturgique ainsi qu’avec ses multiples enseignements et exemples, en montrant ainsi le visage du Christ, la mission de l’Église et la vocation de l’homme moderne, tout en conciliant la pensée chrétienne avec les exigences du moment difficile dans lequel il a dû, non sans souffrance, conduire l’Église.

Robert Cardinal Sarah
Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements

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