Anne-Sophie : « Malgré l’urgence de la situation, l’écologie revêt du temps long »

Anne-Sophie Vaxelaire est venue au rassemblement Terres d’Espérance en tant que référente diocésaine à l’écologie intégrale du diocèse de Metz et ambassadrice d’Église verte. Son diocèse « portant des réalités urbaines et rurales ».

Qu’avez-vous pensé de cette nouvelle dynamique ?

C’était un moment très positif car « Terres d’espérance » a permis de nombreux échanges, de partages, de véritables moments de fraternité entre les différents participants d’horizons très variés : des agriculteurs, des référents à l’écologie intégrale, des laïcs engagés en paroisse, des diacres, des prêtres et des évêques…Le dialogue était facilité durant les temps informels que sont les repas, les collations, les temps d’attente ou les soirées. Lors de ces occasions, nous pouvions échanger sur les initiatives de chacun dans les différents diocèses. Ainsi de nombreux liens se sont créés.

Quels enseignements en tirez-vous ?

J’ai assisté à deux tables rondes dont une évoquant l’annonce de l’Évangile et de la sauvegarde de la Création, j’ai été très touchée par le témoignage d’une famille installée dans un éco-hameau avec quelques autres familles chrétiennes et qui vit véritablement l’écologie dans son quotidien à la lumière de l’Evangile ; d’une entreprise engagée dans l’écologie intégrale qui se met réellement au service du bien commun et qui a offert Laudato Si’ à ses collaborateurs ; d’un sanctuaire proposant des formations, stages, week-end axés sur l’écologie intégrale.

Les ateliers portaient sur des domaines très variés : agriculture, animation du rural, jeunesse et foi, écologie, l’Eglise à la rencontre des recherches spirituelles, pauvretés et fragilités, vitalité des communautés chrétiennes. Au vu de la mission qui m’a été confiée, mon choix s’est tourné vers l’écologie afin de me nourrir des expériences vécues. J’ai assisté à trois ateliers : le premier évoquait l’Église comme actrice de sensibilisation à l’écologie. Il était animé par un frère de l’Académie pour une écologie intégrale du Mans qui organise dans le cadre spirituel et rural du Sanctuaire de Notre-Dame du Chêne, une session de vacances pour familles où parents et enfants se ressourcent au contact de la nature et du climat spirituel du lieu. Le but de la session est de vivre intensément durant quatre jours les quatre dimensions de l’écologie intégrale présentées par le pape François dans l’encyclique Laudato Si’ : la relation à la terre, la relation à soi-même, la relation aux autres et relation au Créateur.

Le deuxième atelier auquel j’ai assisté s’intitulait « Quand Laudato Si’ anime le monde rural » et présentait les initiatives menées par les jeunes pros de Bernay, petit groupe qui s’est constitué, se rassemble et vit des moments de convivialité, liens avec le MRJC, CMR, les Journées paysannes…Divers projets montés : conserverie solidaire, potager pédagogique, bar associatif…Ils essayent vraiment de vivre en fraternité en territoire rural.

Le dernier atelier concernait les éco-hameaux comme nouvelles formes de vie communautaire avec le témoignage d’une famille qui s’est installée à « Bénisson-Dieu » à 15km de Roanne. Ils nous ont expliqué comment ils vivaient en adoptant une certaine résilience écologique, comment ils avaient créé des liens de fraternité, que l’éco-hameau était un terreau fertile pour les initiatives personnelles mettant en avant les talents de chacun au service de la communauté. Leur but étant de mettre en pratique l’écologie intégrale, la prise en compte à la fois de l’Homme et de la nature, et l’épanouissement de toutes les facultés humaines.

Le fait d’alterner différents rythmes (ateliers, tables rondes, plénières, célébrations…) a permis d’aborder les questions à la fois de manière spirituelle et très concrètement, ce qui a permis de réfléchir à la question de la place de l’Eglise dans le monde rural de manière globale.

Repartez-vous avec des idées que vous pourriez mettre en application au sein du diocèse de Metz ?

J’ai déjà réfléchi à quelques propositions pour mon diocèse :

  • Avoir davantage de liens avec le CMR et les associations du monde rural et se mettre en relation pour élaborer des projets ensemble,
  • Se mettre en relation avec les agriculteurs du territoire et organiser des temps de rencontres/échanges avec les paroissiens,
  • Marchés à organiser après la messe le dimanche, paniers solidaires à distribuer,
  • Organiser des visites dans les exploitations agricoles (journées prévues en juin en lien avec la Chambre de l’Agriculture),
  • Voir si des éco-habitats ou éco-hameaux à la lumière de Laudato Si’ seraient envisageables en Moselle,
  • Envisager la piste d’un parcours Laudato Si’ sur quelques jours comme l’Académie intégrale du Mans.

Espérez-vous que cette initiative débouchera sur un nouveau rassemblement en 2025 ?

Je l’espère car cela permettrait de voir si les graines semées en 2022 ont porté des fruits sur la durée et si les projets ont fructifié. On le sait malgré l’urgence de la situation, l’écologie revêt du temps long. Se retrouver en 2025 permettrait d’avoir un certain recul sur les actions envisagées, engagées et, grâce à un nouveau rassemblement, d’échanger, de s’entraider et de tracer de nouveaux chemins d’Espérance.

ça peut aussi vous intéresser

  • Terres d’espérance : rencontres nationales du rural

    Initié en 2020 par une quarantaine d’évêques, le rassemblement national rural ``Terres d''espérance`` organisé les 22, 23 et 24 avril 2022 à Chateauneuf-de-Galaure (Drôme), veut proposer à tous les ruraux, l’espérance de l’Évangile, la lumière de «[...]

  • laudato si

    Laudato Si’

    Ce dossier proposé par le pôle “Écologie et Société” de la Conférence des évêques de France vise à faire connaître et faire vivre l’Encyclique Laudato Si’ du Pape François. Il présente à la fois des[...]

  • Église verte

    Proposé à toutes les paroisses et communautés locales, le label Église verte entend encourager, chez les acteurs chrétiens, une véritable conversion écologique. Concrètement, cette initiative permet d'évaluer, accompagner et rendre plus visible l’engagement des acteurs chrétiens dans la démarche[...]

#TerresdEspérance