Municipales 2026 : rencontre avec Guillaume Houdan, l’envoyé du diocèse de Rouen auprès des élus de Seine Maritime

Guillaume Houdan, Chargé de mission auprès du monde politique à Rouen

À l’approche des élections municipales de mars 2026, l’Église invite les catholiques à s’engager dans le discernement et le dialogue. Guillaume Houdan, diacre et chargé de mission auprès du monde politique dans le diocèse de Rouen, partage son regard sur la place des chrétiens dans la vie publique et les enjeux spirituels d’un tel rendez‑vous démocratique. Il revient également sur la portée de sa mission : soutenir le discernement, encourager le dialogue et rappeler la responsabilité de chacun au service du bien commun.

Comment expliqueriez-vous votre mission auprès du monde politique et des élus ? Quel mandat avez-vous reçu de l’évêque, et quelles en sont aujourd’hui vos priorités principales ?

Ordonné diacre en 2018, j’ai été « chargé de mission auprès du monde politique et des élus » en lien étroit avec le père Lebrun, archevêque de Rouen. La priorité est de faciliter les relations et de fournir aux élus les ressources spirituelles dont ils pourraient avoir besoin.

Comment s’articule votre travail quotidien avec celui de l’évêque, du conseil épiscopal et des différents services diocésains (communication, solidarité, éducation, pastorale, etc.) ?

Outre les communications régulières avec l’évêque, je veille à toujours à informer les curés et responsables de paroisse de mes relations avec leurs élus, j’incite aux initiatives, je participe à certaines. Je suis régulièrement sollicité par les médias diocésains pour témoigner ou analyser. Je précise que j’exerce par ailleurs le métier de professeur dans l’enseignement public (mon service n’est donc pas « quotidien).

Cette mission est-elle un lieu privilégié de mise en œuvre de la Doctrine sociale de l’Église ?

Oui. En 2018, je me suis moi-même mis à jour sur la pensée sociale de l’Église et je la travaille régulièrement. Lors dès 24 heures à l’abbaye de Saint Wandrille que j’organise chaque année avec la communauté, je fais souvent venir un invité autour de thèmes de cette pensée sociale (l’écoute de la parole des plus pauvres, le bien commun, Laudato Si…)

Y a-t-il une rencontre, une parole ou une situation locale qui vous a particulièrement marqué et illustrerait, selon vous, un vrai dialogue entre l’Église et le monde politique ?

Un exemple tout récent le 2 mars : pour ces élections municipales, sur ma paroisse d’Yvetot, nous avons voulu inviter l’ensemble des candidats des différentes communes (23 communes) pour prier avec eux, et pour eux, lors d’une messe, puis avoir un moment convivial d’échanges avec le conseil paroissial autour d’un apéritif. C’était une première, et je me demandais ce que cela allait donner… Plus de 80 candidats sont venus à la messe. Plus d’une centaine sont venus ensuite à l’apéritif. Et ils n’étaient pas pressés de partir ! Preuve qu’il faut savoir oser proposer, y compris au niveau spirituel.

À l’approche des élections municipales de 2026, quels sont les grands enjeux pour les communes (cohésion sociale, pauvreté, urbanisme, écologie, laïcité, sécurité, etc.) ? Comment l’Église peut-elle contribuer à éclairer ces débats ou à se faire entendre des candidats ?

La sécurité est la question majeure qui sort partout. Elle est légitime, mais l’écologie et l’attention aux plus pauvres sont malheureusement beaucoup plus en retrait. Du côté des élus, les principaux soucis tournent autour de la lourdeur des normes administratives et des réactions plus violentes au moins par la parole de la part des citoyens.

Qu’est-ce qui nourrit votre espérance dans la manière dont les élus perçoivent aujourd’hui l’Église et sa contribution à la vie des territoires ?

Avant ça, c’est l’engagement de ces élus qui est pour moi source d’espérance. Je suis édifié par le temps et l’attention accordés par ces femmes et ces hommes. Ce sont des acteurs essentiels de la cohésion sociale… Et précisément, c’est sur ce sujet que nous pouvons vraiment nous retrouver, les paroisses et leurs responsables étant souvent repérés comme des acteurs de la commune soucieux des autres.

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