Visites ad limina 2021 : mercredi 08 septembre 2021

7h30 Messe à la Basilique papale de Sainte-Marie-Majeure

Homélie de Mgr Jean-Marc Aveline

« Ouvre à tes serviteurs, Dieu très bon, tes richesses de grâce ; puisque la maternité de la Vierge Marie fut pour nous le commencement du salut, que la fête de sa nativité nous apporte un surcroît de paix. » C’est par cette oraison que la liturgie de l’Église, avec beaucoup de pédagogie, attire notre regard ce matin vers le mystère du salut et sur le lien entre ce mystère et la piété mariale.

Que le Sauveur du monde soit lui-même « venu au monde », voilà qui, très tôt, a entraîné les chrétiens à s’interroger sur le commencement de cet acte de salut par lequel Dieu, qui a tant aimé le monde, a donné son propre Fils pour que par lui, le monde soit sauvé. Deux opinions se sont affrontées : pour l’une, défendue par les gnostiques, Jésus était descendu du ciel tel un ovni le jour de son baptême et il n’avait rien à voir avec la condition humaine et toutes ses pesanteurs. Certains affirmaient même, comme nous le rapporte saint Irénée à propos de Valentin, qu’il était certes né de la Vierge Marie, mais qu’il en était sorti, si j’ose dire, « sans toucher les bords », sans se souiller de quelque manière que ce soit ! De l’autre côté, les Pères de l’Église ont plutôt cherché à explorer ce mystère selon lequel le Fils de Dieu est devenu réellement un homme, « a pris chair de notre chair », « a été conçu du Saint Esprit » mais surtout « est né de la Vierge Marie » et, en étant soumis à ses parents, a grandi « en taille et en sagesse » dans la ville de Nazareth. « Caro salutis cardo », disait Tertullien : « la chair est la charnière du salut ». Dès lors, la personne de Marie est devenue centrale pour mieux comprendre « le commencement du salut », comme le disait notre oraison tout à l’heure. Et la piété mariale a guidé la foi du peuple chrétien.

Puisque la discrétion des récits évangéliques à propos de la naissance de Jésus ne parvenait pas à assouvir la saine curiosité des premières générations de chrétiens, d’autres textes ont été sollicités parmi lesquels le Protévangile de Jacques et l’Évangile de l’Enfance du Pseudo-Matthieu. C’est là que l’on parle de la naissance de Marie, de ses parents Anne et Joachim, et de bien d’autres détails qui ont largement inspiré la mystique et l’iconographie chrétiennes au fil des siècles et que l’on retrouve d’ailleurs, pour une part, dans le texte coranique. J’ai souvent confié à la Vierge Marie, comme nous y invitait avec force le Pape Benoît XVI, l’avenir des relations entre chrétiens et musulmans. Là encore, la piété mariale n’a pas fini de guider la mission du peuple chrétien.

Et comme il y avait à Jérusalem, non loin de l’esplanade du Temple, une maison située à côté de la piscine de Béthesda, que la tradition attribuait à sainte Anne, on en conclut que c’est dans cette maison, proche du Temple, qu’avait grandi Marie. On construisit donc en ce lieu, dès le Ve siècle, une basilique, dont on célébra la dédicace un 8 septembre. L’Église de Jérusalem fut ainsi la première à célébrer la Nativité de Marie. La fête s’étendit à Constantinople dès le Ve siècle, puis en Occident. Mais à Rome, le 8 septembre, on célébrait à l’époque la mémoire d’Adrien, qui était mort martyr à Nicomédie au début du IVe siècle, victime de la persécution de Dioclétien. Il fallut attendre le pontificat du pape Serge Ier, à la fin du VIIe siècle, pour que la Nativité de la Vierge l’emporte à Rome sur le martyr d’Adrien, même si l’on a longtemps gardé l’usage d’une procession, ce même jour, qui partait de l’église Saint-Adrien sur le Forum, pour relier les deux festivités ! On fixa ensuite, à partir du 8 septembre, la date de la conception immaculée de Marie, neuf mois plus tôt, à savoir le 8 décembre.

Ce matin, chers frères dans l’épiscopat, laissons-nous toucher par la joie qui a saisi le peuple de Dieu, dans sa plus antique Tradition, par la contemplation du mystère du salut à travers la personne de la Vierge Marie. La liturgie byzantine proclame que ce jour où l’Église célèbre la Nativité de Marie est « le prélude de la joie universelle. En ce jour se sont mis à souffler les vents annonciateurs du salut ». La piété mariale se tient toujours en tension entre la rationalité théologique et l’affectivité croyante et l’une de nos responsabilités comme évêques consiste à ne laisser s’appauvrir aucun de ces deux aspects : dans l’affectivité, ne pas oublier la sobriété de la ratio, mais aussi, dans la sobriété d’une foi qui cherche à comprendre, ne pas étouffer le cœur qui voit souvent plus loin que le simple entendement. « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu », dit Jésus (Mt 5, 8). Dans notre société souvent tentée de réduire l’humain au rationnel et au biologique, une saine piété mariale pourrait nous aider à réagir contre une telle décomposition de l’humain et à retrouver l’unité au centre, à partir du cœur.

C’est en priant devant l’icône de Marie Salus populi Romani que le Pape François, comme beaucoup de ses prédécesseurs, entame toujours ses voyages apostoliques qui sont autant de pèlerinages à travers le monde. Cette icône invite à se mettre face à l’essentiel de notre foi. La mission de l’Église, en effet, est à comprendre sur l’horizon de la promesse faite à Abraham. Entre le don de la promesse et le commandement de la mission, Marie, fille d’Israël et mère de l’Église, établit le lien. Le peuple croyant, dans son flair évangélique, ne s’y est pas trompé. De même qu’il a compris, à l’école de saint Luc, le lien marial entre l’incarnation et la passion, entre les mystères joyeux et les mystères douloureux. La piété mariale est nécessairement aussi une piété de participation à la passion, comme l’expriment toutes les Pietas de nos églises. Quand nous peinons sur nos routes missionnaires, n’oublions pas que c’est le rejet du message évangélique qui jeta l’Église sur les routes du monde. Ce rejet était déjà annoncé par le vieillard Syméon parlant à Marie du glaive qui transpercerait son âme. Promesse, passion, mission : le Pape Benoît XVI avait écrit naguère ces lignes suggestives que je confie pour finir à notre méditation, parce qu’elles dessinent à mes yeux, comme en filigrane, les contours de toute théologie mariale :

Ce message en route vers les peuples, nous l’appelons Église. De ce rejet du message qui le rendit sans patrie et le força à être en route, naquit la mission ; elle naquit comme la nouvelle figure de la promesse. […] La mission n’existe pas malgré la promesse, mais à cause de la promesse, comme son expression désarmée. […] La marche de Dieu vers les peuples qui s’accomplit dans la mission ne supprime pas la promesse de la marche des peuples vers le salut de Dieu, cette marche étant la grande lumière qui brille à nos yeux en venant de l’Ancien Testament ; elle ne fait que la confirmer. Car le salut du monde se trouve dans la main de Dieu, il vient de la promesse, non de la Loi. Mais il nous reste le devoir de nous placer avec humilité au service de la promesse, sans vouloir être plus que des serviteurs inutiles, qui ne font rien que ce qu’ils doivent (Lc 17, 10).[1]

O Marie, toi l’humble servante du Seigneur, affermis la foi des pauvres évêques que nous sommes, humbles successeurs des apôtres. Apprends-nous à croire en la promesse du Père, à nous unir par nos souffrances à la passion de ton Fils, toi la Theotokos, et à coopérer avec l’Esprit Saint, qui nous entraîne et nous précède sur les routes de la mission, pour accompagner la marche de Dieu vers les peuples du monde !

Amen !

+ Jean-Marc Aveline, Archevêque de Marseille

[1] Joseph Ratzinger, Le nouveau peuple de Dieu, Paris, Aubier Montaigne, 1971, p. 186-187.

Fête de la nativité de la Bienheureuse Vierge Marie

La Nativité de Marie est fêtée le 8 septembre. C'est la première grande fête du cycle des saints.

9h Congrégation pour le Clergé

L’une des neuf congrégations de la Curie romaine. Elle est compétente en tout ce qui concerne les prêtres et diacres du clergé séculier. Elle est aussi chargée des séminaires. Vingt-cinq personnes environ y travaillent. Son préfet est Mgr Lazarus You Heung-sik.

Le site de la Congrégation

10h30 Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique

Congrégation de la curie romaine chargée de tout ce qui concerne les instituts réguliers et les sociétés de vie apostolique. Son préfet est le cardinal João Bráz de Aviz.

Les Instituts religieux et les Instituts séculiers sont les deux principales catégories qui composent l’Etat de vie consacrée par la profession des conseils évangéliques dans l’Eglise; par certains aspects les Sociétés de vie apostolique (can. 731 § 1) ont une législation canonique semblable à celle qui régit les Instituts de vie consacrée, tout en formant une catégorie à part.

Sont considérés comme consacrés, les laïcs et les clercs qui assument les conseils évangéliques par un lien sacré, devenant ainsi membres d’un Institut de vie consacrée (can. 573 § 2).

Voir le site web

12h Congrégation pour les Églises orientales

C’est l’une des neuf congrégations de la Curie romaine. Elle est compétente en tout ce qui concerne les Églises catholiques orientales. Elle a son siège au palais des Convertendi. Une vingtaine de personnes y travaillent.

Trois commissions d’experts sont rattachées à la Congrégation :

  • la Commission spéciale pour la liturgie, qui exerce les fonctions dévolues au Saint-Siège concernant la liturgie pour les Églises orientales
    • Piero Marini (président depuis le 5.)
  • la Commission spéciale pour les études sur l’Orient chrétien, qui a pour but de faire connaître l’Orient aux catholiques d’Occident et d’approfondir le patrimoine propre des Églises orientales
  • la Commission pour la formation du clergé et des religieux, qui promeut la formation des étudiants des Églises orientales à Rome ou ailleurs.Son préfet est le Cardinal Leonardo Sandri.

Quelques questions à Mgr Gemayel, Éparchie de Notre-Dame-du-Liban de Paris des Maronites de France

Quels défis pour l’Eparchie maronite face aux vagues migratoires causées par les situations difficiles que vivent les pays du Moyen-Orient ? Quel message a-t-il pu livrer au le Cardinal Sandri, Préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales ?

16h Commission pontificale pour la protection des mineurs

Organisme international créé par le pape François en mars 2014 afin de promouvoir la responsabilité des Églises particulières dans la protection de tous les mineurs et adultes vulnérables. Elle est dirigée par le cardinal Seán O’Malley.

Rencontre pour la protection des mineurs dans l’Eglise de 2019

Les présidents des conférences épiscopales du monde entier se retrouvent au Vatican, du 21 au 24 février 2019 pour une rencontre sur la protection des mineurs dans l'Eglise. Pendant ces quatre jours, ils vont travailler avec les membres[...]

Mgr François Fonlupt, évêque d’Avignon, nous livre quelques impressions sur son pélerinage au Saint-Siège.

17h Dicastère pour la Communication

Le dicastère pour la communication est un dicastère de la curie romaine, créé en 2015 et chargé de la communication du Saint-Siège et de l’État de la Cité du Vatican.

Le Secrétariat pour la Communication a été institué par le Pape François avec la Lettre apostolique du 27 juin 2015, en forme de Motu ProprioLe contexte actuel de la communication. Le devoir confié à ce nouveau dicastère de la Curie romaine a été de restructurer entièrement, par un processus de réorganisation et de regroupement, « tous les organismes qui se sont occupés jusqu’à présent, de diverses façons, de la communication », afin de « répondre toujours plus aux exigences de la mission de l’Église ». De cette façon, le système de communication du Saint-Siège est entièrement repensé.

Site

La douce ambition de communiquer à tous

Les dicastères du Saint-Siège racontés de l’intérieur: histoire, objectifs et “budget de mission”, comment fonctionnent les structures qui soutiennent le ministère du Pape. Le Dicastère pour la Communication présenté par son préfet, Paolo Ruffini.

18h30 Table ronde sur les thèmes de l’espace méditerranéen, des migrants et des relations entre religions dans le cadre de la laïcité à la française avec Mgr Aveline.

Le voyage de Paul à Jérusalem est la plus ancienne des visites ad limina : aujourd’hui, la praxis de l’Eglise catholique voit tous les 5 ans les évêques de chaque région ecclésiastique rendre visite au Pape – comme l’indique littéralement le nom « aux portes des Apôtres » – pour discuter avec lui et la Curie romaine des questionnements dans les diverses Eglises territoriales, aux paroisses et aux diocèses.

L’Institut français – Centre Saint-Louis profite de cette occasion pour inclure le grand public dans ces visites : la présence des évêques dans notre auditorium permettra d’aborder des sujets de grand élan pour l’Eglise de France et les chrétiens de toutes les confessions.

Intervention de Monseigneur Aveline, archevêque de Marseille et Milena Santerini, experte auprès du Conseil et professeure à l’Université Catholique du Sacré Cœur.
Débat animé et modéré par Philippine de Saint Pierre, directrice générale de KTO

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