Le retour des pèlerins sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle

Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle traversent de nombreux diocèses en France. La crise sanitaire liée à l’épidémie de la Covid-19 a fortement touché le tourisme religieux. L’amélioration de la situation sanitaire a permis d’envisager une reprise progressive. A l’heure du déconfinement, au Puy-en-Velay, point de départ de la via Podiensis (GR®65) ou de la Stevenson (GR®70), les pèlerins-randonneurs sont encore peu nombreux à jalonner les sentiers. Le Camino, lieu d’accueil ponot et le sanctuaire marial reprennent vie progressivement.

IMG_5540Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle s’apprêtent à passer un été hors norme. Crise sanitaire oblige, les pèlerins, les marcheurs ou autres randonneurs se font rares sur les routes. Pendant plusieurs semaines, des arrêtés préfectoraux ont interdit aux pèlerins, aux marcheurs d’emprunter le chemin de grande randonnée 65 (GR®65), cette voie habituellement très prisée. Ce chemin suscite un engouement au point d’attirer 25 000 personnes annuellement.

Après quasi trois mois d’arrêt, les pèlerins-randonneurs tardent à revenir. Depuis le 2 juin, phase 2 du déconfinement, les restrictions ont été levées mais le redémarrage reste timide. L’Espagne a décidé le 21 juin de rouvrir ses frontières, destination finale de la via Podiensis. La cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle et le bureau des pèlerins qui délivrent les attestations ont rouvert au public, le mercredi 1er juillet, après avoir fermé en mars en raison de l’épidémie de coronavirus. Ces réouvertures permettront de relancer le tourisme religieux, un secteur qui a enregistré de lourdes pertes financières.

Relancer l’économie du Puy

Le Camino, lieu d’accueil et d’information pour les pèlerins, situé sur les hauteurs du Puy-en-Velay, a connu un peu d’affluence les week-end en juin « mais il y avait trop peu de pèlerins-randonneurs pour nous permettre d’ouvrir le reste de la semaine », relate Dominique Bourgin, la directrice. Le Camino a de nouveau ouvert ses portes le 29 juin. « Nous étions très émus de nous retrouver et d’accueillir nos premiers pèlerins », explique-t-elle. En temps normal, au pic de sa fréquentation, 80 à 100 pèlerins-randonneurs partent chaque jour de la cité mariale.

Dominique Bourgin est en lien avec les gîtes d’étapes et les points d’hébergements altiligériens. « Je n’ai jamais reçu autant d’appels ces derniers jours de personnes qui veulent savoir s’ils peuvent partir » confie-t-elle. « Nous leur conseillons impérativement de réserver, c’est indispensable ! Tous les gîtes n’ont pas rouvert et ceux qui ont rouvert ont des contraintes sanitaires très strictes. Le nombre de lits reste limité car une chambre occupée une nuitée par un pèlerin-randonneur doit être libre un jour avant et un jour après pour des raisons d’hygiènes. Les réservations n’atteignent pas 50 %. Les mesures de précaution représentent aussi un coût financier pour les hébergeurs qui doivent prévoir du linge jetable ou du personnel en plus pour gérer toute l’organisation du nettoyage» Dominique Bourgin constate que les pèlerins-randonneurs partent de plus en plus en complète autonomie avec une toile de tente sur le dos. Deux facteurs expliquent ce comportement : « Il y a ceux qui ont la crainte de ne rien trouver sur le chemin et ceux qui ont peur de dormir dans des dortoirs collectifs pendant cette période de pandémie. »

Un appel aux dons pour le sanctuaire marial

IMG_5489La pandémie de Covid-19 a marqué un coup dur pour le sanctuaire du Puy. Face à l’absence de pèlerins, le sanctuaire se trouve dans une situation financière critique. Les recettes ont considérablement chuté. Le sanctuaire reçoit 600 000 touristes dont 15 000 pèlerins chaque année.

Le 9 mai, le recteur Bernard Planche postait un message d’alerte sur les réseaux sociaux : « Nous avons besoin de vous. A cause de l’épidémie de #Covid_19 et du #confinement, nous constatons une chute de fréquentation et la reprise sera difficile. La Cathédrale du Puy est dans une situation financière critique. » Il a lancé le 7 mai pour deux mois une campagne de crowdfunding sur Credofunding. Son objectif : atteindre 40 000 euros. Une somme qui lui permettra de faire fonctionner le sanctuaire, de préserver les emplois des huit salariés et d’assurer l’accueil et l’entretien de la cathédrale. La mobilisation est déjà au rendez-vous puisque 27 000 euros ont déjà été récoltés. En attendant, le 30 juin, le Père Bernard Planche accueillait plus de quarante pèlerins à la messe de 7h puis à la bénédiction avant de s’élancer sur le chemin.

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