Pénélope et Jean-Baptiste, l’écologie dans le cœur

Pénélope et Jean-Baptiste Aubourg

Soucieux de répondre aux appels de l’encyclique Laudato si’ et d’en rayonner, Pénélope et Jean-Baptiste Aubourg sont, depuis douze mois, responsables du service de l’écologie intégrale au sein du département de la diaconie du diocèse de Nantes. Portrait. Par Florence de Maistre. 

“Nous avons exprimé notre désir de nous engager au niveau de l’écologie, car nous avons dans le cœur cette volonté de vivre et partager cette attention à Dieu, aux autres et à la Création. L’équipe épiscopale nous a proposé la mission de responsable du service de l’écologie intégrale. Nous ne nous y attendions pas du tout ! Depuis toujours, nous aimons mener des projets en commun. Nous y avons vu une belle opportunité : une grande mission pour notre couple. Après un temps de discernement, nous l’avons accepté”, commence Pénélope Aubourg, 32 ans, responsable avec Jean-Baptiste son époux, du service de l’écologie intégrale du diocèse de Nantes. Mariés depuis huit ans, les trentenaires nantais ont trois enfants et attendent un prochain heureux évènement. Au service du diocèse depuis avril 2024, ils œuvrent au rythme d’une journée par semaine à la maison diocésaine Saint-Clair, en général le mardi, sans compter les réunions du soir et les rencontres certains week-ends.

Pénélope, qui avait cédé sa patientèle d’orthophoniste à l’arrivée de son troisième enfant, est heureuse d’avoir retrouvé une activité porteuse de sens, sans la pression d’un cabinet, pour cette période de vie où les enfants sont petits. Quant à Jean-Baptiste, il développe depuis six mois son activité professionnelle dans le numérique. Il accompagne associations et petites entreprises dans la gestion de leurs systèmes d’information pour générer plus de fluidité et d’efficacité… tout en réduisant leur empreinte environnementale. Un service dans lequel il rencontre de nombreux acteurs engagés, ou comment vivre en toute cohérence sa conversion écologique personnelle et professionnelle ! Leur mission commune ? Accompagner la conversion écologique de tous les chrétiens et toutes les personnes de bonne volonté sur le territoire de Loire-Atlantique. Entourés par une petite équipe de cinq bénévoles, Pénélope et Jean-Baptiste interviennent sur deux grands types d’actions et d’initiatives : au service des paroisses et des mouvements, et pour la transition écologique de tout le diocèse.

Valoriser les initiatives

“Nous sommes le point d’entrée pour aider les paroisses qui souhaitent engager une réflexion de fond ou passer à l’action”, indique Jean-Baptiste Aubourg. Organiser une conférence sur l’encyclique Laudato si’, mettre en place un groupe paroissial éponyme, impulser la première rencontre de ces groupes : le couple co-responsable se laisse conduire par les besoins et les demandes du terrain. “Nous avons également un rôle de conseil. Le territoire de Loire-Atlantique est grand. De nombreuses personnes sont déjà actives sur le sujet, mais toutes ne se connaissent pas. Nous créons des liens, encourageons les idées et essayons de faire rayonner les initiatives”, poursuit Jean-Baptiste. Une newsletter mensuelle est ainsi envoyée à tous ceux qui s’y inscrivent gratuitement. Elle propose un calendrier des événements à retenir, les actualités du service, des témoignages qui peuvent inspirer de nouvelles démarches. En janvier dernier, la paroisse nantaise de la Trinité de l’Éraudière a participé, aux côtés de dix-sept autres groupes labellisés Église verte, dont douze paroisses de différents diocèses en France, aux défis proposés par l’association “Ma petite planète”. Gageons que l’expérience de ce jeu fédérateur qui invite à voir autrement les habitudes et les gestes du quotidien entraîne de nouvelles équipes paroissiales dès la prochaine édition du challenge au mois de mai. Le duo s’appuie aussi sur le calendrier liturgique et met à disposition différentes ressources pour mieux vivre le temps de la Création (septembre), l’Avent, ou encore le Carême.

Mgr Percerou remet la lettre de mission

Un autre volet, au démarrage de leur mission, a été de travailler avec l’économat du diocèse sur le désinvestissement des énergies fossiles. En novembre 2024, au moment de la COP 29 pour le sommet climatique de l’ONU, aux côtés de vingt-sept autres institutions religieuses dont le diocèse de Grenoble, Mgr Laurent Percerou, évêque de Nantes, avec Nicolas Perenchio, économe diocésain, et, les responsables du service diocésain de l’écologie intégrale, a déclaré s’engager résolument à désinvestir des énergies fossiles d’ici 2030 : “par ce geste, nous souhaitons nous mettre en cohérence avec notre foi et également inviter chacun à se questionner sur ses finances, cela fait partie de notre chemin de conversion à tous”, a-t-il été précisé dans le communiqué du Mouvement Laudato si’. Pénélope reprend : “Notre champs d’action concerne également le foncier, où une réflexion est menée, nous avons à cœur de travailler aussi avec tous les services du diocèse. L’idée est que chacun ait Laudato si’ en tête à chaque prise de décision”.

Tisser des liens

La lettre de mission de Pénélope et Jean-Baptiste comporte encore un autre rôle à dimension œcuménique : la coordination des groupes Église verte de Loire-Atlantique, le label des communautés chrétiennes engagées pour le soin de la Création. Il compte actuellement deux équipes protestantes et une vingtaine de catholiques. Les responsables diocésains sont d’ailleurs dans les starting-blocks. Ils organisent la prochaine journée de rencontre Église verte ce 29 mars, élargie aux groupes paroissiaux Laudato si’. Elle est prévue à Guérande, au lycée agricole de Kerguénec. Une centaine de personnes est déjà inscrite. Au programme de la matinée : temps de prière, conférence sur l’espérance, ateliers et partages d’expériences. “Nous avons recensé les problèmes rencontrés par les équipes. Comment inciter davantage de famille à s’investir dans Église verte, comment créer plus de liens avec la société civile et être présent dans les quartiers ? Les discussions devraient permettre d’échanger quelques pistes de réponse”, ponctue Pénélope. Après un repas partagé, l’après-midi se poursuivra avec diverses propositions de ressourcement : une marche autour des cinq sens, une fresque de peinture participative, un temps de chants autour de sainte Hildegarde de Bingen. Puis une table ronde donnera la parole à trois agriculteurs qui témoigneront sur l’Espérance en action, avant un temps de relecture et la prière d’envoi.

Si le jeune couple se sentait isolé dans son thème de prédilection, peu de chrétiens de son entourage semblant partager sa sensibilité à l’écologie intégrale, la donne a bien changé. D’abord, parce que tous deux agissent en lien avec l’équipe du diocèse et avec Olivier Rabilloud, délégué épiscopale de la diaconie. Le service écologie intégrale s’inscrit de fait, dans la diaconie des personnes, des communautés et services de solidarité : pastorale des migrants, des prisons, des gens du voyage, CCFD-Terre Solidaire, etc. Des liens se tissent plus largement encore. “Je suis témoin privilégié de tout ce qui se passe dans le diocèse. Je vois les initiatives et les désirs. C’est touchant de rencontrer des personnes qui ont envie d’entrer dans la démarche. Sans oublier la joie de vivre la mission en couple ! Nous nous complétons bien, même si ce n’est pas facile tous les jours”, confie Jean-Baptiste. Le jeune père de famille mentionne encore sa découverte de son rôle de pivot, de pont intergénérationnel. Les retraités sont plutôt actifs au sein d’Église Verte et se demandent qui prendra leur suite, quand les jeunes actifs interpellent : mais que font donc nos parents ?

Se convertir

Au fil des mois et de la mission, Pénélope et Jean-Baptiste ajustent leur nouvelle façon de travailler, veillent à ce que les rencontres en soirées n’empiètent pas trop sur leur vie de famille. Le cadre est posé. Face aux nombreuses sollicitations, les actions sont priorisées. Et leurs enfants s’amusent de les voir partir pour travailler ensemble le mardi matin. Dix ans après la publication de l’encyclique Laudato si’, le couple se rend compte que le texte du pape François est encore méconnu des chrétiens. “Nous portons le désir de permettre de se familiariser avec cette lettre sur la sauvegarde de notre maison commune et celui de la faire descendre dans les cœurs. Nous souhaitons que chaque chrétien puisse vivre intérieurement cette conversion écologique pour en rayonner davantage”, insiste Pénélope. Les responsables diocésains de l’écologie intégrale n’ont qu’une seule boussole : vivre cette conversion écologique, qui progresse au rythme d’actions concrètes. Leur ressource ? Être attaché au Christ ! Travailler dans la confiance, s’enrichir des multiples rencontres et des beaux échanges que la mission offre.

En novembre 2025, le couple participera à la journée diocésaine jubilaire sur le thème de l’Espérance, incarnée pour lui par le “tout est lié” de l’encyclique. Jean-Baptiste ponctue : “La clameur des pauvres et la clameur de la Terre, c’est une seule clameur qui monte vers le Père. Même s’il nous faut quelques fois choisir à nouveau la mission, nous avons la certitude d’être à notre place. D’être là où le Seigneur nous appelle. Nous plantons des graines dont nous ne récolterons pas les fruits. Mais nous récoltons d’ores et déjà là où nous n’avons pas semé”.

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