Quatre centres spirituels pour un diocèse

Le diocèse de Luçon compte pas moins de quatre centres spirituels répartis sur toute la Vendée. Accueils de groupes, mouvements et services, mais aussi d’individuels pour des temps de retraites et de désert, la diversité des propositions et des sensibilités touche largement au-delà du diocèse. Par Florence de Maistre.

« Prenez du repos, venez à l’écart : ce sont les paroles du Christ et la démarche d’Élie ! C’est l’invitation permanente de nos centres entièrement dédiés à la vie spirituelle », lance Thierry Ouzet, diacre permanent du diocèse de Luçon et nouvel intendant du centre spirituel diocésain L’Immaculée à Chaillé-les-Marais. Deux centres spirituels congréganistes et deux centres spirituels devenus diocésains soutiennent et accompagnent les démarches des croyants, les recherches et questionnements des Vendéens et des personnes de passage.

L’esprit de la Sagesse

Centre spirituel La SagesseAu nord-est du département, à Saint-Laurent-sur-Sèvres, le centre Sagesse est fortement marqué par la spiritualité de saint Louis-Marie Grignon de Montfort, missionnaire mort ici en 1716. Situé au sein de la maison mère des Filles de la Sagesse, il réunit aussi les Missionnaires Montfortains et les Frères de Saint Gabriel. Il y a environ 15 ans, alors que des travaux de remise aux normes s’imposaient, la congrégation a décidé de poursuivre son œuvre. « Notre mission est de faire découvrir l’amour du Christ, Sagesse de Dieu. Nous accueillons chacun, attentifs aux valeurs de miséricorde et douceur, dans la simplicité du vivre ensemble et du regard positif sur chacun. Notre spiritualité est marquée par l’universalité », souligne sœur Anne-Marie David, responsable du centre Sagesse. Le programme proposé par le lieu de retraite, de ressource et de formation s’inscrit dans les grandes orientations du diocèse, particulièrement en lien avec la paroisse et la basilique de Saint-Laurent-sur-Sèvres, tout en répondant à l’appel du P. de Montfort : « Ceux que le monde délaisse doivent vous toucher le plus ». L’animation est confiée à une communauté de quatre Filles de la Sagesse, dont actuellement une Haïtienne et une Malgache. Trois salariés assurent les services d’intendance et d’entretien du centre qui compte 33 chambres et peut recevoir jusqu’à 50 personnes. Une équipe de bénévoles est en cours de formation. « Nous accueillons des chrétiens engagés et saisissons toutes les occasions pour rejoindre ceux qui sont éloignés de l’Église, mais qui face aux épreuves de la vie se retrouvent dans ses valeurs humaines », poursuit sœur Anne-Marie. À Noël, par exemple, le centre organise un accueil dédié aux personnes isolées.

La spiritualité du cœur

Centre spirituel Pierre MonnereauÀ Montréverd, plein nord, le centre Pierre Monnereau est animé par une équipe de quatre sœurs des Sacré-cœurs (Mormaison), deux salariés et quelques bénévoles. Dès 2001, le chapitre de la congrégation, vendéenne très enracinée dans le terroir et l’Église locale, décident d’ouvrir la maison d’accueil et de formation pour diffuser la spiritualité du Cœur de Jésus. « Pour nos retraites, j’appelle des intervenants de spiritualités différentes : Franciscain, Passioniste, Ignatien, etc. C’est une ouverture importante pour permettre aux personnes en recherche d’être touchées selon les diverses sensibilités », précise sœur Marie-Paule Arnaud, responsable du centre Pierre Monnereau. Journées de halte spirituelle, temps de désert, soirées d’initiation à la prière, formation aux psaumes, accueil des groupes notamment d’action catholique et des services de la catéchèse, accueil en voisin des diocésains de Nantes et des habitants du sud de la Loire : il s’agit de découvrir le Cœur de Jésus, la tendresse de Dieu pour chacun. Le centre a une capacité d’hébergement de 50 personnes maximum, mais il y a peu, 140 personnes se sont retrouvées en même temps sur le site, un groupe avait réservé le déjeuner, l’autre avait prévu un pique-nique. « Quelles que soient les démarches, certains sont proches du bouddhisme, d’autres ont mis un terme à toute pratique religieuse, nous accueillons tout le monde. Avant tout, nous nous mettons à l’écoute des personnes. Je suis émerveillée de voir le chemin que certains accomplissent. Nous accompagnons avec nos limites et nos pauvretés et c’est là que le Seigneur passe ! En relisant les parcours, on voit l’œuvre de Dieu », confie sœur Marie-Paule.

Les Béatitudes

À 200 m de la côte sauvage, dans le quartier de La Chaume aux Sables d’Olonne, le Relais pascal est un centre spirituel diocésain dont l’animation est confiée à la Communauté des Béatitudes. À la fin des années 90, les sœurs Passionnistes font don de leur monastère au diocèse. Mgr Michel Santier, alors évêque de Luçon, envoie en mission les Béatitudes, « afin que l’activité du centre soit assurée par communauté avec ses grâces propres. Elles se manifestent surtout dans les offices liturgiques. Il s’agit d’aider les personnes à grandir dans l’union à Dieu, de proposer un ressourcement sur le plan spirituel, chrétien et doctrinal », explique Fr. Pierre-Marie Soubeyrand, cb, responsable du Relais pascal. Actuellement en plein travaux de rénovation et d’agrandissement afin de mieux répondre aux besoins et aux demandes, les propositions du centre sont réduites, ainsi que les effectifs. La communauté compte un Frère consacré, deux sœurs et quatre laïcs. Elle travaille à la mise en place d’une nouvelle équipe et d’une nouvelle gestion. Le Relais pascal devrait réouvrir début 2020 avec 25 chambres qui peuvent toutes être dédoublées. « Nous attirons ici beaucoup plus largement que le diocèse ou les diocèses voisins : des gens viennent de Paris, du Centre, de Toulouse, ou encore de Bordeaux. Ce rayonnement tient à deux facteurs : l’emplacement et la renommée du site, ainsi que le réseau de la communauté des Béatitudes », indique Fr. Pierre-Marie. Les témoignages des personnes qui participent d’une année sur l’autre aux veillées « Pétales de rose » autour de sainte Thérèse ou qui suivent les « FireGlobe », ces vidéos en ligne tournées vers l’Esprit saint, en clin d’œil au Vendée globe, encouragent la mission du centre. Fr. Pierre-Marie de ponctuer : « L’an prochain nous fêterons les 20 ans de l’arrivée de la communauté ici. Une histoire s’est construite, des relations se tissent. Nous vivons notre vocation en réponse à la nouvelle évangélisation, dans l’abandon et la confiance ».

La mission selon Thérèse

Centre diocésain à Chaillé-les-MaraisDans le Sud-Vendée, en limite des départements de la Charente-Maritime et des Deux-Sèvres, le centre spirituel diocésain L’Immaculée est situé au cœur du bourg de Chaillé-les-Marais. Fondé par les Missionnaires de la plaine et de sainte Thérèse, le centre devient diocésain en 2011. « En s’installant ici au début du XXe siècle, les Pères missionnaires ont choisi au nom de la mission de vivre pauvrement au service de la population déchristianisée. Mgr Alain Castet a vu dans cet héritage une dynamique toujours actuelle », rappelle le P. Marie-Jo Seiller, vicaire épiscopal pour le Sud-Vendée et directeur du centre L’Immaculée. Entièrement rénové en 2013-2014, le centre est toujours dédié à la prière, à l’accueil de groupes et d’individuels. L’an dernier, il comptabilisait 4000 nuitées et 13 000 repas confectionnés sur place. Une communauté de quatre prêtres, dont trois Missionnaires de la plaine, réside sur place. Une équipe de six salariés et une douzaine de bénévoles réguliers assurent ensemble les services au quotidien. L’esprit de mission et d’ouverture, en lien avec la spiritualité thérésienne caractérise les propositions et la posture du centre. « Nous recevons, par exemple, la rencontre nationale du groupe Lazare, quel étonnement et quelle joie de voir ces jeunes étudiants passer du temps avec les gens de la route ! L’Immaculée est aussi un lieu de ressource pour nombre de personnes en recherche spirituelle au sens large. Elles sont nombreuses à être meurtries par les épreuves, à venir se reconstruire ici. Heureusement, nous avons des prêtres pour les accueillir », relève le P. Marie-Jo. Deux temps forts rythment la vie du centre. Le pèlerinage à Notre-Dame de la Miséricorde et à sainte Thérèse rassemble chaque année début septembre plus de 200 participants, notamment pour la messe célébrée dans le parc. Et le Triduum pascal, qui sera médité cette année avec Mgr Gilbert Louis, évêque émérite de Châlons.

Les responsables des quatre centres spirituels vendéens se rencontrent deux fois par an. Une collaboration importante pour toutes les équipes, car ces temps permettent d’évoquer des problématiques communes, d’échanger aussi sur les joies et les difficultés. La volonté de travailler ensemble est manifeste, un tarif commun des conditions d’hébergement est proposé. Un regard sur les programmes annuels est partagé afin d’éviter les activités en doublon. Fortement portés par la vie religieuse, tous s’interrogent pour ouvrir davantage encore leurs portes aux laïcs, en tant que retraitants ou qu’accompagnateurs qu’il faut former. Autre défi de taille : l’âge moyen élevé des retraitants qui implique la viabilité des sites certes, mais surtout toute la vie de l’Église. Thierry Ouzet de conclure : « Il y a le quotidien, l’ordinaire du chrétien qui doit être nourri et ressourcé. C’est indispensable pour éviter l’épuisement. Il y aussi toutes les personnes qui nous rejoignent sans conviction religieuse, auxquelles offrons un vrai service chrétien, en étant au service de l’homme et en les initiant à la spiritualité chrétienne. »

Sur le même thème