Mgr Jean Teyrouz : « J’ai senti la présence du Christ parmi nous »

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Après 44 ans au Liban, Mgr Jean Teyrouz est nommé le 2 mars 2013 évêque de l’éparchie de Sainte-Croix de Paris des Arméniens. Il est en France depuis seulement trois semaines. Premières semaines en France, première Assemblée plénière.

 
Quel a été votre parcours avant d’arriver en France ?

Le cardinal Agagianian m’a ordonné prêtre à Rome le 24 décembre 1965. J’ai terminé mes études en juin 1966 et j’ai été envoyé à Alep, en Syrie pour travailler à l’école de l’éparchie. Lorsque les écoles chrétiennes ont été interdites dans ce pays, je suis parti au Liban, le 2 mars 1968, où je suis resté 44 ans dans le diocèse de Beyrouth, successivement comme vice-curé d’un quartier populaire pauvre, puis comme économe du Couvent Notre Dame de Bzommar, recteur du grand et du petit séminaire, économe général du l’Institut du Clergé Patriarcal de Bzommar, et enfin comme curé de la Paroisse Saint Sauveur à Bourdj Hamoud.

Entre temps, j’ai préparé, entre 1976 et 1980, une maîtrise de travail social. C’est une formation nécessaire pour chaque prêtre. Cela m’a beaucoup aidé dans ma vie pastorale.

En 2001 je suis élu par le Synode évêque auxiliaire au Patriarcat Arménien Catholique. Et depuis douze ans j’ai travaillé tout en restant proche de mes paroissiens surtout ceux du quartier populaire de Bourdj hamoud. Durant les deux années de guerre en Syrie, j’ai essayé d’être proche des dizaines de réfugiés.

Au Liban, j’ai vécu la guerre et ses atrocités. J’ai pu, avec la grâce de Dieu, aider les nécessiteux. Je demande aux journalistes de nous aider autant que possible par leurs écrits à accomplir notre mission épiscopale avec joie et paix : par la prière, par leurs articles et leur pression sur les dirigeants et les gouvernements pour qu’ils entendent la voix des gens qui subissent les atrocités de la guerre. Nous devons être solidaires envers nos frères qui sont persécutés dans leur pays arabe. Nous devons savoir, servir et ne pas être un poids lourd sur les épaules de nos citoyens.

Et le 2 mars 2013, je suis nommé évêque de l’éparchie de Sainte-Croix de Paris des Arméniens catholiques.

Quel est votre sentiment sur cette première Assemblée plénière ?

Je suis très impressionné par cette assemblée en voyant tous ces évêques qui ont en même temps une seule préoccupation : le bien-être de l’homme. J’ai vraiment senti la présence du Christ parmi nous malgré toutes les difficultés. J’ai vu que je ne suis pas tout seul. J’étais très dépaysé en arrivant en France. Mais pendant ces deux journées, j’ai rencontré des confrères avec qui je peux travailler pour le Royaume de Dieu. En participant à l’Assemblée plénière, j’ai été très encouragé pour commencer ma nouvelle mission.

Quels sont les sujets qui vous tiennent à cœur pour votre diocèse ?

Ce qui m’inquiète actuellement, c’est la dispersion de mes fidèles, mais je pense qu’en travaillant avec mes prêtres, nous pouvons faire quelque chose. Je pense qu’il nous faut chercher de nouvelles méthodes pour les rejoindre. Nous avons trois prêtres qui servent une à trois paroisses chacun. Parmi les fidèles, j’ai déjà rencontré des anciens scouts et des jeunes arméniens catholiques libanais (L’Union Arménienne Catholique, UAC) avec qui je dois commencer à penser l’organisation de mouvements, scouts… 30 000 arméniens catholiques se répartissent sur les paroisses Arméniennes catholiques en France : à Paris (5e et 3e), Arnouville (95), Lyon (69), Marseille (13), Saint Chamont (42) et Valence (26).

Comment s’est passé votre arrivée dans le diocèse à Paris ?

J’ai été surpris de cette nomination. J’ai répondu à cette demande car ma mission est d’être toujours prêt à venir là où le Seigneur m’appelle, comme ma devise : « Il faut qu’il grandisse et que moi, je diminue » (Jean 3, 30). Je viens comme envoyé du seigneur pour servir mes frères.

La cérémonie d’installation était le 7 avril 2013. C’était familial. J’ai reçu un très bon accueil. Je ne m’attendais pas à cela ! Ordinaire des catholiques des Eglises orientales en France, le cardinal André Vingt-Trois présidait, avec 24 évêques et prêtres, devant 300 fidèles. Huit membres de ma famille étaient présents, arrivés du Venezuela, des Etats-Unis, du Liban et deux d’Angers. Dieu, Merci.
 

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