« Ces films rendent sensible la profondeur de l’humanité »

Le premier festival chrétien du film court, Kaléidoscope, est sur le point d’ouvrir ses portes, les 23 et 24 octobre prochains, au Futuroscope de Poitiers. À la veille de l’événement et au moment où l’équipe organisatrice s’active aux derniers préparatifs, rencontre avec le père Luc Mellet, directeur du service national de la catéchèse et du catéchuménat (SNCC).
Près de 450 personnes sont inscrites au Kaléidoscope, que disent-elles de la dynamique du festival ?
Je crois que la diversité du public reflète l’intérêt de la société pour l’image, reconnue comme pouvant véhiculer du sens et être habitée par des questions existentielles. Des spécialistes du film nous honorent de leur présence: Kaléidoscope est aussi un évènement de qualité professionnelle. La diversité des publics dit encore l’impact du Texte national d’orientation pour la catéchèse en France. Le chrétien est poussé à oser interroger la société et y prendre sa part au-delà de la dimension catéchétique et en touchant les questions fondamentales de la vie.

Qu’est-ce qui caractérise les 18 films sélectionnés, sur les 90 reçus, en compétition ?

La durée et les formats des films, l’âge, la culture, la motivation des producteurs sont également très diverses. Chacun porte un regard, ouvre une fenêtre, découvre un coin inattendu, c’est très réjouissant ! La sélection aborde un vaste panel des questions des hommes et des femmes d’aujourd’hui, avec notamment les notions de déracinement, de handicap, d’espérance. Les faiblesses et les chemins de construction personnelle sont montrés devant la caméra. La dignité de la vie est souvent en cause, et sans tomber dans le larmoyant ou le moralisateur. Quelqu’un a aussi su mettre l’eugénisme en images. Et des groupes de jeunes partagent leur façon d’être heureux dans la vie : ça nous décale ! Ces films expriment et rendent sensible la profondeur de l’humanité. Ils ouvrent des pistes de réflexion.

Quels vont être les grands temps forts du festival ?
J’en pressens trois. La projection et la découverte des films, d’abord. Quatre séances sont prévues. Sur un jour et demi, cela correspond à environ quatre heures vingt dans les salles obscures ! Les spectateurs ne seront pas passifs. Ils auront un livret pour consigner leurs commentaires en vue du “coup de cœur du public”. Les conférences et les ateliers vont être un autre temps important. Les participants pourront échanger sur leurs approches des films et des matières catéchétiques. Vient enfin l’aspect paillettes, la remise des prix avec Croire.com et le nouveau directeur du CFRT !

Et la soirée du vendredi soir ?
La soirée Art et foi est un bonus ! Ouverte à tous, elle propose une approche de l’image déployée dans l’Église depuis le Moyen-Âge. Elle débute à 20 h 15, avec Mgr Albert Rouet, au baptistère et à la cathédrale de Poitiers, puis en la basilique Saint-Hilaire et à Notre-Dame la Grande. Les guides de la ville nous aideront à découvrir cet art du passé. La communauté locale partagera comment cela accompagne sa foi d’aujourd’hui. En nous confrontant aux images d’hier, notre regard de festivalier sera décalé, mais notre recherche de profondeur des images est la même. Les images du Christ ne sont pas des représentations du divin, mais un appel à habiter une relation avec celui qui est impalpable dans nos relations humaines. L’art, dans ses différentes formes, participe pleinement à cette expérience de Dieu dans la vie de l’homme.

Quelles sont vos attentes particulières ?
Comme membre du jury de sélection, j’ai déjà vu tous les films, mais j’espère pouvoir les revoir le plus sereinement possible, chacun en tant qu’événement en lui-même. Je souhaite que ce festival rende possible l’expression d’une parole, l’audace d’une Parole catéchétique, enracinée dans un film de la « réalité normale ». J’espère permettre aux personnes présentes de vivre une expérience, et que grâce aux images, au regard d’un réalisateur, à l’art d’un acteur et au travail en atelier, elles se laisseront rejoindre.

 

Le public
Le public est composé d’une part des réseaux d’Église : des évêques, des responsables de services nationaux notamment celui des vocations, des acteurs diocésains de la catéchèse des enfants et des adolescents par l’audiovisuel seront présents. Des aumôniers d’étudiants et des délégués épiscopaux à l’information (DEI), des personnes de la pastorale de la santé ont également manifesté leur intérêt. D’autre part, il y a tout un public « non-ecclésial » : des réalisateurs, des partenaires de la Maison du film court, des étudiants en cinéma, des professionnels de l’enseignement filmique, etc. Des festivaliers d’un jour venus des alentours de Poitiers sont aussi attendus.
 Les équipes d’organisation
Geneviève Gaillot pilote l’ensemble du projet, et en particulier les relations avec les professionnels du film, avec une équipe de bénévoles de toute la France. L’équipe du SNCC est mobilisée depuis plusieurs semaines. Elle contribue à l’aide logistique, à l’animation des stands et coordonne tout l’environnement catéchétique : les ateliers et la veillée art et foi. Autour de Mgr Pascal Wintzer, évêque auxiliaire de Poitiers, une équipe de bénévoles du diocèse a en charge la fluidité des déplacements (accueil, guidage, fléchage)
À venir
>Croire.com et le CFRT organise le 22 novembre prochain une soirée Kaléidoscope sur KTO.
>La CRER éditera un DVD des films primés, avec des fiches pédagogiques d’utilisation catéchétique. Sortie prévue fin 2009. (www.sncc.cef.fr et www.editions-crer.fr).