P. Louis Brisson, intellectuel et spirituel de terrain

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Du 21 au 23 septembre 2012, le diocèse de Troyes, les Oblates et Oblats de Saint-François de Sales célèbreront la béatification du P. Louis Brisson (1817-1908), fondateur des deux congrégations. 4.000 personnes sont attendues, dont 12 évêques.
 
« Une figure originale du clergé de son temps »
Qui était le Père Louis Brisson (1817-1908) ? Un prêtre diocésain qui sera pendant 40 ans aumônier du monastère de la Visitation à Troyes et fondera deux congrégations religieuses. Un intellectuel soucieux de l’éducation de la jeunesse ouvrière. Un esprit scientifique et pratique capable de concevoir une horloge astronomique aussi bien qu’un pétrin mécanique ou un séchoir à linge ! Un spirituel sensible à la déchristianisation d’une société transformée par l’industrialisation et ouvert aux questions sociales qui en découlent.

Pour Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes, le P. Brisson laisse en héritage une conception de l’apostolat et de la pastorale (ouverture au champ social, priorité aux jeunes et à l’éducation), le témoignage d’un prêtre à la spiritualité « incarnée et accrochée aux besoins de son temps », un rayonnement universel avec deux congrégations présentes partout dans le monde, et surtout : « La démonstration qu’on peut être prêtre de façon originale ».
 

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3 jours de fête pour le bienheureux P. Brisson

Vendredi 21 septembre, lors d’une veillée à la cathédrale pour laquelle Laurent Grzybowski a composé un chant (« Brûle la terre »), le P. Aldino José Kiesel, Supérieur Général des Oblats, donnera une catéchèse et invitera les jeunes aux JMJ de Rio 2013. Le lendemain, lors de la messe de béatification présidée par le cardinal Angelo Amato, Préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints (Saint-Siège), sera lue une prière universelle composée par le diocèse de Troyes (jeunes, conseil presbytéral…) La pastorale des jeunes qui sera lancée à cette occasion s’axera cette année autour du P. Brisson. Dimanche, au Plancy (lieu de sa naissance), des propositions culturelles feront rayonner cet événement au-delà du cadre de l’Eglise.

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« Des filles d’oraison et d’action »
Fondée en 1866 pour encadrer les jeunes ouvrières venues des campagnes travailler à Troyes dans la bonneterie, la congrégation des sœurs Oblates de Saint-François de Sales est restée fidèle à « la vie monastique dans l’apostolat », voulue par le P. Brisson et impulsée par sainte Léonie Aviat (1844-1914), première Supérieure Générale.

Aujourd’hui, près de 400 sœurs en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord et du Sud sont au service de la jeunesse. En France, une centaine de sœurs animent collèges et lycées. Sœur Odile-Bernard Champion, chef d’établissement à Troyes, insiste sur la « lecture des signes des temps » qu’a su faire le fondateur. Il leur a transmis la spiritualité salésienne mais aussi l’amour de l’Eglise et du sacerdoce (traduit par des liens forts avec l’Eglise locale) et un « regard bienveillant sur son temps ».
 

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Un marathon salésien au Bénin !
Si le P. Brisson n’avait pas pour projet de fonder une congrégation féminine, saint François de Sales (1567-1622) et sainte Jeanne de Chantal (1572-1641) désiraient, eux, voir naître un ordre masculin après avoir fondé la Visitation. C’est pour reprendre un collège catholique à Troyes que le P. Brisson fonde, en 1875, les Oblats de Saint-François de Sales.

La Congrégation, qui compte aujourd’hui un peu plus de 500 prêtres et frères dans le monde, est présente en France à travers des établissements scolaires, des aumôneries, une revue, des rencontres salésiennes…

Oblat de Saint-François de Sales, le Père Bruno Lecoin souligne les points communs entre le saint et le futur bienheureux. Tous deux sont des intellectuels et des spirituels de terrain : ils sont allés à la rencontre des gens et ont fait preuve de créativité pour leur annoncer l’Evangile.

A la fin du XIXème siècle, la dispersion des religieux en raison des persécutions aura finalement été une chance pour la spiritualité salésienne qui s’est diffusée largement. Elle est bien vivante au Bénin, où, dans le diocèse de Parakou, un « marathon salésien » de 42 km répand le « message de l’Amour ».
 

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