Jacqueline et Renaud, acteurs d’une belle dynamique d’Église

portrait de Jacqueline et Renaud Dulin

Mariés depuis trente-trois ans, Jacqueline et Renaud Dulin sont responsables de la pastorale des familles du diocèse de Bordeaux. Au cœur de leur mission, ils sont les témoins de la dynamique apportée par l’exhortation apostolique Amoris Laetitia sur l’amour dans la famille, dont l’Église fête les 10 ans cette année. Portrait. Par Florence de Maistre.

“Avant d’être appelés au service de la pastorale des familles, nous avons été délégués par notre archevêque pour travailler sur le sujet de la préparation au mariage. Avec lui, nous avons mené un grand chantier et dressé un inventaire des propositions qui se vivent dans les paroisses. Nous sommes allés à la pêche aux pépites ! C’est aujourd’hui encore, en lien avec l’exhortation apostolique Amoris laetitia et le document Itinéraires catéchuménaux pour la vie conjugale, un des aspects prépondérants de notre mission”, explique Renaud Dulin, 55 ans, responsable depuis trois ans avec son épouse Jacqueline, 58 ans, de la pastorale des familles du diocèse de Bordeaux.

Tous deux se rencontrent sur les bancs de la faculté de pharmacie et se marient en 1993 avant même la fin de leurs études. Cinq filles naissent de leur union. L’aînée a 32 ans, la cadette est décédée à la naissance en 2014. Ils connaissent maintenant la joie d’être grands-parents et ont quatre petits-enfants. Il y a douze ans, Renaud est ordonné diacre permanent pour le diocèse de Bordeaux. Leur première mission ? La responsabilité du collège universitaire de Beaulieu : un foyer d’étudiants et étudiantes catholiques en études supérieures. Ils s’engagent ensuite au service des vocations, puis entrent toujours ensemble à celui des familles. Ils ont quitté Talence tout près de Bordeaux il y a trois ans, pour s’installer à Fronsac et se rapprocher de leurs activités professionnelles. Renaud est pharmacien à l’hôpital de Libourne et Jacqueline, pharmacienne en officine.

S’appuyer sur les ressources locales

À la suite de leur grande consultation des parcours de préparation au mariage proposés dans les paroisses du diocèse, Renaud et Jacqueline rédigent un livret de synthèse qui reprend les points essentiels à aborder avec les futurs mariés. L’originalité de leur travail ? Associer une boîte à outils à chaque thème : liberté, fidélité, fécondité, etc. Disponibles sur l’intranet du diocèse, ces ressources mutualisées permettent à chaque équipe paroissiale de construire son propre parcours de préparation au sacrement. “Cette boîte à outils vit et évolue sans arrêt. Nous sommes déjà en train de travailler à la troisième édition de notre document”, précise Jacqueline. Le couple de responsables propose également chaque année une journée de formation pour les acteurs de la pastorale du mariage. Ils étaient 120 participants en présence de Mgr Jean-Paul James, archevêque de Bordeaux, il y a trois ans lors de la première remise du livret. “Les bénévoles engagés dans la préparation au mariage ont conscience de l’importance d’être bien formés pour mieux aller vers ces jeunes couples qui demandent à se marier à l’Église : une demande qui peut être un moyen de retour à la foi. Ces journées sont toujours aussi l’occasion de se rencontrer, de créer des liens entre des personnes très différentes. Nous entrons dans une vraie dynamique d’Église”, assure le diacre.

Quant aux autres aspects de la pastorale des familles, Renaud et Jacqueline ont le souci d’écouter tous les mouvements en lien avec la famille, dans leurs diversités, même s’il faut parfois modérer certaines voix. Ils les rassemblent un an sur deux entre temps d’échange et de partage. Ils mettent surtout en œuvre le conseil soufflé par Mgr James : s’appuyer sur les ressources diocésaines. La première d’entre elles ? La Maison Familya, ouverte il y a quatre ans. Lieu d’écoute et d’accueil ouvert à tous et inspiré par la tradition sociale de l’Église, elle offre une palette d’activités, entre consultations individuelles et ateliers collectifs, pour mieux vivre les relations au sein des familles. Elle est l’interlocuteur privilégié au sujet de l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité ou encore concernant les personnes séparées. Le parcours Revivre y est proposé deux fois par an. “Il touche un public assez large et pas seulement des catholiques. Il aborde des aspects très humains. La directrice nous fait part de ce qui se vit : des personnes posent leur colère, chacun se demande pardon à soi-même d’abord pour commencer à se reconstruire. La dernière soirée du parcours donne une parole d’Église, sans juger les personnes, mais pour les accompagner”, souligne la responsable de la pastorale des familles de Bordeaux.

Dans le cadre des orientations diocésaines et en lien avec les appels d’Amoris Laetitia, les pharmaciens débutent tout juste une réflexion autour des personnes en rupture d’alliance. Des pistes ont été évoquées lors de la dernière formation nationale où des diocèses ont présenté leurs expériences, comme celle des cheminements Bartimée. “Nous sommes attentifs à la façon dont nous pourrions mettre en place ce parcours dans notre diocèse. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements”, indique Renaud.

Prendre soin de chacun

Renouvelée chaque année depuis cinq ans, la journée des fiancés est un vrai temps fort diocésain. Jacqueline relève : “c’est une très belle journée, porteuse, incroyable. Les fiancés sont toujours très heureux, même face à des témoins parfois décapants”. L’animation est confiée à la Communion Priscille et Aquila. Après un temps de louange, trois témoins évoquent la façon dont ils se sont sentis sauvés par le Christ au cœur de leurs infidélités ou de leurs consommations de pornographie. S’ensuit une table ronde, l’homélie du père évêque et un geste de bénédiction pour les couples. Ces derniers, au nombre de 200, réalisent qu’ils ne sont pas seuls, rencontrent leur évêque pour la première fois, appréhendent la notion de sacrement reçu et donné, et celle de la grâce du Christ qui permet de traverser les épreuves.

Cette démarche entre pleinement en écho avec ce que Renaud retient de sa lecture de La Joie de l’amour dans la famille : “Au n°72, le pape François présente le mariage comme une vocation à part entière, c’est assez nouveau et très beau. D’où l’importance de prendre le temps de discerner et de se préparer, de poursuivre aussi l’accompagnement.” Jacqueline reste, elle, touchée par la question des fragilités. Un souci porté par le document du Saint-Père qui la rejoint particulièrement dans son activité professionnelle, où la santé des personnes rencontrées est en jeu. C’est dans ce sens, qu’une veillée de prière pour la vie est organisée chaque année pour marquer le début de l’Avent. Elle mobilise beaucoup d’énergie, rassemble une centaine de participants, dont cette année une chorale d’une vingtaine de jeunes. Au regard des témoignages bouleversants qui y sont partagés, de la beauté des temps de louange et d’adoration, Jacqueline regrette de ne pas réussir à rassembler davantage de diocésains, pour ce temps sensible d’attention à la vie de ses débuts à sa fin.

S’enrichir les uns des autres

Heureux de vivre cette mission en couple au service des familles, Renaud et Jacqueline sont aussi entourés d’une petite équipe de six personnes. Tous deux apprécient aussi grandement les rencontres nationales avec leurs homologues. “Chaque année, ce rendez-vous nous porte et nous enrichit dans l’échange”, sourit Renaud. En janvier dernier, la session proposait une relecture des richesses de La joie de l’amour dans la famille, dix ans après sa publication. “Nous avons vu une dynamique d’Amoris laetitia dans l’ouverture à toute l’Église et une dynamique de l’Église elle-même dans l’attention aux personnes, entre accueil et exigence. Nous avons vu combien le souffle de l’Esprit saint présent dans cette exhortation apostolique ressurgit dans nos diocèses !”, rapporte le responsable de Bordeaux. Un constat plus qu’encourageant !

Au sein de l’Église diocésaine de Bordeaux, il en est également des signes manifestes : la bonne collaboration avec les équipes paroissiales et la vraie joie des rencontres, la vitalité des mouvements, l’énergie de l’archevêque à l’écoute des questions et des difficultés des responsables. À Lourdes, il y a trois ans, le couple a participé au rassemblement national Kerygma, au cœur de l’évangélisation. “La démarche nous a beaucoup nourris et fait cheminer dans l’accompagnement des personnes”, révèle Jacqueline. Au-delà de la pastorale familiale, les pharmaciens se rendent deux à trois fois par an dans le sanctuaire marial, qui est pour eux un lieu de ressource. Renaud développe : “c’est aussi un lieu d’Église qui rassemble de nombreuses personnes très différentes et où l’on vit ensemble dans la simplicité. Les malades ont la première place, ce qui nous invite à l’humilité. Là, il n’y pas de choses à faire, mais à accueillir”. Il confie encore : “cette mission au service des familles nous rapproche. C’est une force pour notre couple !”

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