Anne-Gabrielle, déléguée épiscopale au service famille du diocèse d’Angers

Anne-Gabrielle, déléguée épiscopale dans le diocèse d'Angers

Déléguée épiscopale au service famille du diocèse d’Angers, Anne-Gabrielle Colin s’efforce de prendre soin des familles de son diocèse. Une mission qu’elle a débutée depuis quatre ans et qui s’appuie sur l’exhortation apostolique Amoris Laetitia sur l’amour dans la famille, dont l’Église fête les 10 ans cette année. Portrait. Par Florence de Maistre.

“Être responsable du service famille du diocèse ? C’est une joie ! Il y a certes des moments ardus, mais je suis dans la gratitude. Cette mission me donne la chance de voir des conversions, des témoignages de personnes heureuses qui remercient le Seigneur”, partage Anne-Gabrielle Colin, 49 ans, déléguée épiscopale au service famille du diocèse d’Angers depuis quatre ans. Mariée avec Florent depuis vingt-cinq ans, mère de cinq enfants de 13 à 23 ans, Anne-Gabrielle habite à Bouchemaine dans la première couronne de la ville d’Angers. Elle est, depuis 20 ans, cadre à la caisse primaire d’assurance maladie du Maine-et-Loire, en poste à 80 %. Et également engagée depuis une dizaine d’années avec son époux dans l’accompagnement des couples : d’abord avec “les équipes trois ans” du Cler Amour et famille, puis avec les équipes Tandem pour les jeunes couples mariés ou non.

En 2020, Mgr Emmanuel Delmas, évêque d’Angers, appelle Anne-Gabrielle pour une première mission au sein du service famille, en particulier autour de la pastorale du mariage. “Nous demandons aux accompagnateurs de cette pastorale de suivre une formation de deux ans, soit une vingtaine de rencontres. Il s’agissait alors de la déployer et d’aider les paroisses à se l’approprier. Mon talent étant moins de concevoir la formation que de la promouvoir dans une démarche de coordination”, précise Anne-Gabrielle. Deux ans après, elle est nommée responsable de l’ensemble du service famille. Une mission salariée sur les 20 % restant de son temps de travail. Elle reste étonnée par l’étendue des champs du service et un instant coite devant la formule de son évêque, “j’attends que vous ayez le souci de prendre soin des familles dans mon diocèse”, avant de s’en saisir pleinement. “J’essaie d’investir tous les champs de la pastorale familiale, qui doit pouvoir s’adresser à toutes familles, dans leur diversité”, s’exclame-t-elle.

Créer des liens

La déléguée épiscopale œuvre en s’appuyant sur des petites équipes de bénévoles. “J’appelle cinq à huit personnes pour travailler ensemble sur un sujet, donner des idées, faire remonter les besoins du terrain”, explique-t-elle. C’est ainsi que la journée des fiancés a été lancée. Elle a rassemblé cette année 400 personnes : 130 couples et leurs accompagnateurs, des prêtres et des diacres ! La pastorale des personnes séparées, divorcées, remariées s’est aussi renouvelée autour de deux diacres, leurs épouses, deux personnes divorcées vivant seules ainsi qu’une personne couple en nouvelle union. Deux évènements sont proposés chaque année : une conférence conviviale en janvier et une marche pèlerine en juin. Quant à la pastorale des personnes concernées par l’homosexualité, elle organise depuis l’an dernier un après-midi d’échanges et de rencontres suivies d’une messe et d’un apéritif. “Il s’agit d’ouvrir des portes, d’oser le dialogue fraternel”, souligne Anne-Gabrielle.

La responsable des familles s’investit également dans l’équipe de pilotage rassemblée par la Direction diocésaine de l’enseignement catholique autour de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Une démarche qui s’inscrit, pour elle, pleinement dans le rôle d’un service diocésain : tisser des partenariats et connaître les instances présentes. Cette dynamique rejoint bien Anne-Gabrielle, rompue dans son métier à l’animation de réunions pluriprofessionnelles. Cette façon de créer des liens lui tient à cœur. Elle a d’ailleurs débuté sa mission en allant à la rencontre des acteurs de l’Union départementale des associations familiales, du service médiation familiale, de chaque conseiller conjugal afin de mieux les connaître et mieux orienter les familles. Elle remarque dans un sourire, qu’aujourd’hui ils se connaissent eux-mêmes mieux entre eux ! La responsable de la pastorale des familles décline encore cette approche en proposant une réflexion sur l’après-sacrement en paroisse et inter-paroisses. Catéchistes, bénévoles de l’accueil, membres des équipes d’animation pastorale, accompagnateurs des catéchumènes, etc. : tous sont concernés ! “Il faut renouveler l’accompagnement des personnes qui nous sont confiées pour que leurs chemins de foi après les sacrements se poursuivent. C’est un chantier à porter avec espérance ! Je crois beaucoup à la transversalité avec les autres services diocésains”, assure la déléguée épiscopale angevine.

Soutenir les familles

De l’exhortation apostolique sur l’amour dans la famille, Anne-Gabrielle retient les phrases réconfortantes du pape François et l’audace de se laisser toucher par ce que vivent les familles. Elle évoque le danger d’une exigence trop haute, qui fait devenir hautain, inaccessible et indifférent. Elle cherche ses mots pour exprimer le juste équilibre à trouver dans l’accueil de chacun, dans cette proximité fraternelle, mais sans devenir perméable à toutes les épreuves. “J’ai envie de poursuivre ma mission en continuant à me laisser toucher par l’Évangile et par les personnes : c’est un combat. Parfois, je ressens de la colère à la place des autres. A contrario, je crains de mettre trop de distance… Tout est question d’ajustement et d’accompagnement”, confie-t-elle. Pour vivre de façon unifiée sa vie familiale, professionnelle et missionnée, Anne-Gabrielle partage ses deux secrets. Le premier : sortir tous les dimanches soir avec son mari ! Autour d’un verre et d’un grignotage, le moment est propice à l’échange d’informations et de mots doux. Le second : aller à la messe chaque jour et déposer dans la prière toutes les situations rencontrées.

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