Homélie du dimanche 11 août

Dimanche 11 août 2019
19ème dimanche du Temps Ordinaire

Références bibliques :

Lecture du livre de la Sagesse : « Assurés des promesses auxquelles ils avaient cru.. »
Psaume 32 : « Dieu veille sur ceux qui mettent leur espoir en son amour. »
Lecture de la lettre de saint Paul aux Hébreux : » La foi est le moyen de posséder déjà ce qu’on espère et de connaître des réalités qu’on ne voit pas. »
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc : 12. 32 à 48 : »Là où est votre trésor, là aussi sera votre coeur. »

***

Pour quatre dimanches, la liturgie nous propose, comme deuxième lecture un passage de l’épître aux Hébreux. Le développement principal de cette lettre est consacré au sacrifice du Christ : en quoi accomplit-il tous les sacrifices de l’Ancienne Loi en son unique sacrifice ? En quoi, bien qu’unique, a-t-il une portée éternelle ?

Ce que nous lirons ces quatre dimanches semble assez éloigné de ces perspectives car il s’agit plutôt d’exhortations à tenir fermes dans la foi. Le tournant a été pris au chapitre 10, les versets 19 à 22 : » Ayant donc, frères, l’assurance voulue pour l’accès au sanctuaire par le sang de Jésus …et un prêtre souverain à la tête de la maison de Dieu, approchons-nous avec un coeur sincère, dans la plénitude la foi. »

En fait, les Hébreux sont invités, exhortés, à vivre, comme leurs pères dans la foi, la foi d’Abel, d’Hénoch, de Noé et d’Abraham.

LA FOI D’ABRAHAM.

La foi fait coïncider ces patriarches avec l’Esprit de Dieu, les met en harmonie avec lui, et, par là, à être juste. La foi a toujours un rapport à la vie même si, dans le cas d’Abel, c’est la mort qui semble l’emporter, et pour Abraham, si le sacrifice d’Isaac peut conduire à l’extinction de la Promesse. Enfin la foi permet de voir le réel, au lieu d’être séduit par l’apparence.

La foi d’Abraham est aussi une réponse personnelle à un appel personnel : »Il partit sans savoir où il allait. » Héb.11. 8) mais il était sûr de celui qui l’avait appelé, et cela au moment même de l’épreuve. A quoi, pour lui, s’ajoute le fait qu’il ne s’agit plus de sa seule personne, si typique soit-elle, mais d’un Peuple dépositaire d’une promesse qui commence de se réaliser, même si elle n’a pas encore atteint son plein accomplissement.

Le débouché de la foi d’Abraham en cette page de l’épître aux Hébreux, c’est l’Apocalypse de saint Jean : »Je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle. Je vis la cité sainte, Jérusalem nouvelle. De mort, il n’y en aura plus car l’ancien monde s’en est allé. » (Apoc. 21. 1 à 4)

TENEZ-VOUS PRETS.

La lecture continue de saint Luc place, auprès de cette foi d’Abraham, la parabole du serviteur qui attend son maître. Elle peut nous servir à méditer l’attitude que Jésus attend de ses fidèles. Le serviteur sait, il en est assuré, que son maître reviendra. Mais il connaît pas à quelle heure cela se fera. Il se tient disponible.

Les disciples du Christ doivent se souvenir de ce qu’est leur avenir et, comme tels doivent se comporter dès maintenant avec les exigences de ce royaume qu’ils connaissent dans la foi. C’est là qu’est leur trésor, c’est là que doit être leur coeur.

Et la tenue de service, c’est de quitter ce que nous considérons comme un trésor, pour nous tourner vers celui qui ne s’use pas. Nous retrouvons le thème de dimanche dernier, que nous avons prié : »Seigneur, libère-moi de cette envie sournoise et masquée de ces choses qui pourtant n’arrivent pas à me satisfaire et qui font qu’envenimer mes désirs insensés, de cette cupidité et de cette suffisance qui défigurent mon visage qui est à ton image. »

UNE ECOUTE D’AMOUR.

La foi n’est pas au terme d’une logique rationnelle. Elle ne vit que d’amour intense et partagé. Si elle devient obéissance, elle n’est pas servile soumission. D’ailleurs le mot même d’obéissance a une étymologie significative. En elle, il y a le verbe latin : »Audire », entendre, écouter, être attentif. Ce que l’on a entendu et reçu devient notre ligne de conduite.

Les paroles du Christ au soir du Jeudi-Saint prennent ainsi toute leur dimension : »Ce que j’ai entendu de mon Père… » (Jean 15. 16) et que nous entendons au jour du Baptême et de la Transfiguration : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le. » (Matthieu 17)

Le trait caractéristique de toute foi, c’est de se référer à l’invisible auquel nous nous sentons reliés, devenant ainsi attentifs au plus profond de la vie, dans le langage indicible de l’amour.

L’amour ne peut être plénitude que par l’échange le plus intime. Croire, c’est vivre cette relation qui s’impose à nous sans que nous sachions jusqu’où cela nous entraînera. Mais nous avons foi en celui qu’ainsi nous découvrons. C’est ainsi que nous pouvons aussi relire l’évangile de Jean 14. 17 et le relier à Jean 16. 24 : la paix, la joie !

LE DEPASSEMENT PAR LA FOI.

Croire dépasse l’impression superficielle. L’invisible devient une évidence parla présence, le rayonnement de cette personne rencontrée. Et cette évidence nous entraîne dans un dynamisme de vie qui nous pousse à mieux connaître la réalité entrevue et à mieux nous connaître, à mieux comprendre cette réalité et à mieux nous comprendre.

Les disciples d’Emmaüs avaient perdu toutes leurs illusions. Ils n’avaient pas la foi. Ils rencontrent l’inconnu du chemin et tout change. Leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent : « Notre coeur n’était-il pas brûlant au-dedans de nous quand il nous parlait en chemin ? » (Luc 24. 31 et 32)

Le croyant n’en sera pas meilleur pour autant. Il garde son tempérament, son hérédité, ses problèmes, ses limites. On croit avec ce que l’on est, mais l’horizon s’élargit et le mystère n’est plus un obstacle. Voyant les choses et les êtres autrement, on ne peut plus vivre comme avant. « Dieu est là, et je ne le savais pas », répétons-nous comme dimanche dernier avec Jacob.

L’avenir est à celui à qui l’on a donné sa vie : »Que tout se passe comme tu me l’as dit. » (Luc 1. 38) dit Marie quand elle donne sa foi à l’attente divine.

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« La foi est le moyen de posséder déjà ce qu’on espère… » (Hébreux. 11. 1) « Dieu éternel et tout-puissant, toi que nous pouvons déjà appeler notre Père, fais grandir en nos coeurs l’esprit filial, afin que nous soyons capables d’entrer un jour dans l’héritage qui nous est promis. » (Prière d’ouverture de la liturgie)

Père Jacques Fournier
En proposant diverses lignes de réflexion, ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon le "charisme", une ou plusieurs méditations. Leur auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu. Ces textes peuvent également servir à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir, chaque paragraphe formant un tout en soi.
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