Homélie du dimanche 10 avril

Dimanche 10 avril 2016
Troisième dimanche de Pâques

Références bibliques :

Lecture du Livre des Actes des Apôtres. 5. 27 à 41: “C’est lui que Dieu, par sa puissance, a élevé en faisant de lui l’initiateur et le Sauveur.”
Psaume 29 : “Que mon coeur ne se taise pas ! qu’il soit en fête pour toi !”
Lecture de l’Apocalypse de saint Jean. 5. 11 à 14 : “Il est digne de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et bénédiction !”
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 21. 1 à 19 :”C’est le Seigneur !”

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LA VERITABLE SIGNIFICATION

Comme durant tout le temps pascal de cette année, la deuxième lecture est empruntée au livre de “l’Apocalypse” dont le titre n’est autre que le premier mot de ce livre qui clôt la révélation du Nouveau Testament. Il ne signifie pas “catastrophe”, selon l’expression usuelle quand on parle d’une inondation, d’un krach boursier ou d’une explosion nucléaire. Le terme grec, volontairement employé par l’auteur, veut dire “révélation”.

Ce qui était « couvert » est découvert, ce qui était caché devient manifeste. Selon une autre expression grecque toute proche :”le crypté” est percée à jour.

Les mots qui suivent l’indiquent d’ailleurs “Apocalypse de Jésus-Christ.” Si le langage courant a « dévoyé » ce message parce que la révélation du Christ porte essentiellement sur la victoire du Ressuscité, aujourd’hui encore attaqué par les forces du mal et dont le triomphe ultime s’accompagnera de la disparition du vieux monde, tout entaché de péché.

S’il y a catastrophe, c’est pour le mal et non pas pour le bien suprême que Dieu nous apporte en Jésus-Christ. Cette disparition est parfois violente, car le mal s’acharne et s’agrippe.

Ainsi, au moment de la Pâque du Seigneur, aux jours de l’Égypte, et pour contraindre Pharaon de laisser partir le peuple d’Israël vers la liberté, il fallut dix plaies. Pour l’Apocalypse, il s’agit de dire par quels tourments passera le monde avant que s’instaure la Jérusalem céleste, le royaume même de la liberté.

LA CERTITUDE DE L’ESPERANCE

Le livre ne serait pas une “bonne nouvelle” s’il ne provoquait que l’angoisse devant ce qui reste à vivre dans l’avenir. Son but est de donner espérance et assurance, de montrer à la communauté chrétienne persécutée et plongée dans un monde qui ne cesse pas d’être dur et violent, que l’issue ne fait pas de doute.

Nous l’avons entendu dimanche dernier :”Sois sans crainte. Je suis le premier et le dernier, je suis le vivant. J’étais mort, mais me voici vivant pour les siècles des siècles. Je détiens les clés de la mort.” (Apocalypse 1. 9) Dès aujourd’hui, nous sommes au-delà du moment décisif de l’histoire. Le Christ est ressuscité.

Et comme la résurrection de Jésus est le triomphe de l’Innocent sur les ténèbres, elle est la victoire du Vivant à la poursuite duquel les forces du Mal s’épuisent en vain.

LES SCENES INTERMEDIAIRES.

“Courage, j’ai vaincu le monde !” a dit le Christ à ses apôtres au moment même où il paraissait devoir être vaincu (Jean 16. 33). Nous aussi nous vivons notre existence dans une réalité qui nous est difficile, parce qu’elle se situe entre la résurrection et l’accomplissement définitif de cette résurrection.

Dans un langage codé, étincelant d’images, superbement épique, l’Apocalypse évoque les combats entre le monde nouveau déjà instauré par le Christ et le vieux monde, condamné, blessé, mais encore cruel. Devant les combats décrits dans cette révélation sont à la fois ceux d’aujourd’hui et ceux qui achèveront l’histoire en la conduisant à son terme, cette Apocalypse veut déjouer nos inquiétudes et jouer un rôle d’exorcisme pour les fidèles que nous sommes, affrontés au Mal tant en nous-mêmes (nous ne sommes pas à l’abri de la faiblesse) que de la part des ennemis de la foi.

C’est ainsi qu’il nous faut lire les messages aux Eglises. L’Apocalypse nous dit qu’il en sera ainsi jusqu’au dernier jour, celui de notre vie personnelle, celui de ce monde qui est le nôtre. La victoire ne sera définitive que dans le Royaume et non pas dans ce monde. D’une certaine manière, cette révélation se veut réaliste et non pas d’un rêve irréaliste au quotidien.

LES VISIONS INAUGURALES

“J’ai vaincu le monde !” C’est ce qu’illustrent les premières visions. Quelques précisions nous aideront à mieux entrer dans leur signification. – le trône, présenté au chapitre 4, est celui de Dieu le Père. – Les quatre vivants portant la ressemblance du lion, du taureau, de l’homme et de l’aigle, sont empruntés, comme beaucoup d’éléments de l’Apocalypse, à un autre prophète visionnaire, Ezéchiel (chapitre 1). Ils symbolisent les forces de l’univers associés au culte divin –

L’extension des quatre vivants aux auteurs des Evangiles n’est pas celle de l’auteur, mais celle de la tradition de l’Eglise. –

Les vingt quatre anciens ont certainement un lien avec le Peuple choisi tant de l’ancienne que de la nouvelle Alliance, les douze tribus et les douze Apôtres qui leur correspondent. –

L’Agneau immolé, c’est le Christ, l’agneau de Dieu. Cette expression est particulièrement importante chez saint Jean qui la souligne dès le début de l’Evangile sur les rives du Jourdain (voir Jean 1. 19 – 1. 36 – 19. 36).

Il a été mis à mort comme l’agneau pascal. Mais aujourd’hui il est ressuscité. LE SENS VRAI DE L’HISTOIRE “Tu es digne de recevoir le livre, d’en rompre les sceaux.” (Apocalypse 5. 9)

Le Christ, par sa victoire, déroule le livre de la Parole de Dieu et le déploie, comme dans la liturgie de la synagogue, pour la révélation de l’Alliance.

L’Apocalypse est révélation du sens vrai de l’histoire, de cette Alliance définitive en Jésus-Christ. Toute la création, sur terre, sous terre et sur la mer, la création toute entière est associée parce qu’elle est concernée. (voir saint Paul aux Philippiens 2. 10) Le salut du Christ est oeuvre de réconciliation complète et sans faille. (Colossiens 1. 16 à 20)

L’ensemble de l’Apocalypse forme donc une véritable liturgie. La première révélation avait été reçue “le Jour du Seigneur”, le dimanche (Apocalypse 1. 10) Nous y voyons un rassemblement de foule, des acclamations, une gestuelle (se prosterner), une attitude spirituelle (l’adoration).

Et comme dans la célébration eucharistique, les vivants répondent :”Amen” nous les rejoignons dans le prière sur les offrandes.

“Accueille, Seigneur, les dons de ton Eglise en fête. Tu es à l’origine d’un si grand bonheur, qu’il s’épanouisse en joie éternelle !”

En proposant diverses lignes de réflexion, ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon son "charisme", une ou plusieurs méditations...

Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne, Mgr Jacques Turck

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