Mgr Dufour ouvre le festival Kaleidoscope

Mgr Dufour ouvre le festival Kaleidoscope

Mgr Dufour

A la manière d’un blog, vous pouvez, jusqu’au samedi 24 octobre, suivre Kaléidoscope, le premier festival chrétien du film court, en direct du Futuroscope de Poitiers et raconté par celles et ceux qui le vivent. Vendredi 23 octobre : premier jour du festival.
Près de 450 festivaliers ont pris place dans la salle de projection. Mgr Christophe Dufour, archevêque coadjuteur d’Aix en Provence, président de la commission épiscopale pour la catéchèse et le catéchuménat, déclare ouvert le premier festival chrétien du film court francophone.
 

« La fonction de l’art, disait André Gence, est de faire apparaître la présence de l’Esprit dans la matière »

Je salue ici la mémoire de ce grand artiste peintre, décédé dimanche dernier et à qui ses nombreux amis ont dit adieu cette semaine en l’église Saint Michel à Marseille. Comme le peintre a ses pinceaux et ses couleurs, les artistes du septième art manient les langages audiovisuels, avec des mots et des musiques, avec leurs outils et leurs techniques. Leur matériau, c’est la vie. Ils scrutent l’humain jusqu’à l’intime, ils descendent dans ses profondeurs, et par l’image ils donnent à voir l’invisible.

Henri Guerin, peintre verrier, dit que les pierres ont besoin de la lumière pour montrer leur éclat. Lui, artiste du vitrail, aurait pu dire aussi que la lumière a besoin de la pierre pour donner à voir ses couleurs. Ainsi l’homme. La lumière le transfigure, la lumière va jusqu’à rendre belles ses blessures, lumière de l’amour. Mais la lumière a aussi besoin de l’homme pour montrer les couleurs de son mystère caché.

L’iconographe, le peintre d’icônes, fait ce même travail. Il prend la terre noire, il en enduit le bois, et patiemment – l’œuvre prend des semaines, des mois – patiemment il fait jaillir la lumière. Ainsi Dieu, le Créateur, donne forme au tohu bohu ; des ténèbres, il fait jaillir la lumière. « Il créa l’homme à son image » dit le livre de la Genèse. L’homme est le tenant lieu de Dieu sur la terre. « Image du Dieu invisible », dira l’apôtre Paul en contemplant le Fils bien-aimé du Père. L’éternelle lumière divine se donne à voir en traversant notre humanité.
 

Qu’allons-nous voir ? L’affiche annonçait un kaléidoscope.

Un kaléidoscope, cela signifie que ce festival donne à voir. A voir et à entendre, car son langage est l’alliance de l’image et du son. Nous verrons l’invisible et nous entendrons vibrer l’éternelle parole dans les éclats du monde.

Kaléidoscope, cela signifie plusieurs facettes. Définissant le kaléidoscope, le petit Larousse dit ceci : appareil contenant plusieurs miroirs disposés de façon que de petits objets colorés y produisent des dessins variés. Pas un seul regard, mais une diversité, une pluralité de regards.

Kaléidoscope, cela signifie que ce festival offre du beau. Kalos, c’est le beau dans la langue des grecs. L’image nous donnera à contempler la beauté du mystère de la terre et du ciel.
 

Merci aux créateurs des films. Je salue ici les 7 membres du jury et leur président Stijn Coninx, soyez vivement remerciés, votre présence nous honore.

Mais kaléidoscope ne serait rien sans vous, festivaliers, et vous serez vous aussi auteurs. Non pas spectateurs passifs et consommateurs, mais acteurs et, à votre manière, auteurs d’une œuvre créatrice qui s’écrira au-dedans de vous. « Les artistes nous réjouissent et nous mettent en attitude de travail intérieur », écrivait le cardinal Philippe Barbarin dans sa lettre aux artistes ; et il ajoutait : « Nous sommes en dialogue intérieur avec eux quand ils nous entraînent dans leur cheminement, dans leur travail spirituel ».

Ainsi Kaléidoscope est une œuvre. Une œuvre d’équipe, et je remercie Geneviève Gaillot qui l’a pilotée, ainsi que Luc Mellet et ses collaborateurs du service national de la catéchèse et du catéchuménat.

Merci à vous d’être là. Oyez et voyez. Je déclare ouvert le premier festival chrétien du film court francophone.
Bon festival à tous.

 

“Je suis heureux d’ouvrir ce festival chrétien du film court, au nom de la conférence des évêques de France, dans ce cadre prestigieux et symbolique du Futuroscope de Poitiers. Ce festival était désiré et attendu. Les Assises de l’audiovisuel à Paris en février 2007 en avaient posé les jalons. Organisées par le service national de la catéchèse et du catéchuménat, ces Assises avaient conclu à la nécessité de stimuler la création d’œuvres audiovisuelles au service de l’annonce de la foi, de faire connaître ces œuvres et d’apprendre à les inscrire dans un itinéraire catéchétique. Telles sont les finalités de ce festival. Je salue en tout premier lieu les auteurs des oeuvres que nous avons reçues. Des œuvres de qualité, j’oserais dire des œuvres d’art, œuvres du septième art. Nous avons reçu 90 films, 18 ont été sélectionnés et vous sont offerts pendant ces deux jours.