Bruno Dubreucq, un curé de campagne « au service »

Bruno Dubreucq est un curé de campagne « au service » de l’Église. Depuis 2015, ce prêtre de 65 ans est à la tête d’un ensemble paroissial rural, dans l’ouest du diocèse d’Arras.

CEF - Focus sur le diocèse d'Arras - Père Bruno Dubreucq1Ordonné prêtre en 1980, à l’âge de 26 ans, l’abbé Bruno Dubreucq a effectué l’essentiel de ses ministères en milieu rural. Quoi de plus logique pour ce natif de Bois-en-Ardres, près de Calais, issu d’une famille d’agriculteurs ? « Avec le recul, je me rends compte que j’ai eu un très beau parcours, sourit l’abbé, en poste depuis 2015 dans le doyenné de Berck-Montreuil. Les évêques successifs m’ont fait vraiment confiance… »

Son parcours, qu’il n’hésite pas à qualifier de « dense », l’a mené à accompagner différents mouvements comme le MRJC (Mouvement rural de jeunesse chrétienne) ou l’ACE (Action catholique des enfants), à devenir délégué diocésain du diaconat ou encore à assumer la mission de doyen et de vicaire épiscopal.

« Je me considère comme un curé de campagne. Depuis trois ans, je suis curé de deux ensembles paroissiaux, ce qui représentent vingt communes et environ 12 000 habitants au total. Le bourg rural de Montreuil-sur-Mer, siège de sous-préfecture, fait partie de mon secteur paroissial. Chaque jour, 1 800 collégiens et lycéens passent devant ma porte. Toucher la jeunesse est un vrai défi ! »

« Une Église accueillante, sans conditions et sans a priori »

Les défis, justement, parlons-en : « Être une Église accueillante, sans conditions et sans a priori, est une priorité pour moi, appuie l’abbé Dubreucq. Avec les laïcs en responsabilité qui m’accompagnent, je suis au service. Je dois m’adapter à des situations particulières, à des histoires uniques. Pour la comparaison, je dirai que nous avons dû passer du prêt-à-porter à la haute couture, avec des accompagnements personnalisés, du cas par cas, pour ne laisser personne sur le côté… » Un exemple ? « Cette semaine, un jeune de 11 ans, handicapé, est venu me voir car il voulait s’inscrire au catéchisme. J’ai donc cherché une solution. »

Mettre l’Évangile au centre est un autre défi pour le curé. « Il faut passer de la sacramentalisation à l’évangélisation. Beaucoup de gens demandent un rite sans connaitre le Christ. C’est une réalité forte », continue Bruno Dubreucq, ayant à cœur de « mettre des gens en lien », en « ouvrant un avenir ». « Je veux donner des perspectives aux personnes que je rencontre afin qu’ils continuent leur chemin avec d’autres chrétiens. Ainsi, j’ai créé un groupe de jeunes professionnels après avoir repris contact avec des couples que j’avais marié ».

Rendre l’Église plus fraternelle, en organisant par exemple des tables ouvertes paroissiales, fait aussi partie des leitmotivs du curé : « Il faut que les petites gens se sentent à l’aise, à leur place… »

Engagé au Prado depuis 1984

« Très vite après mon ordination, j’ai rejoint des copains prêtres qui faisaient partie de cette fondation, créée à Lyon en 1860 par le bienheureux Antoine Chevrier, explique l’abbé Dubreucq. Le Prado est composé de prêtres, de diacres, de religieuses et de laïcs qui consacrent toute leur existence à Dieu et se mettent au service des plus pauvres. Depuis que j’en fais partie, cela m’a beaucoup apporté, en donnant une colonne vertébrale à mon ministère. Le mystère de l’incarnation est au cœur de ce que je vis. Il est essentiel selon moi de faire le lien entre la vie des hommes et le projet d’amour de Dieu. Et ne pas se replier dans une citadelle au risque de se perdre… »

Depuis 2013, le père Michel Delannoy, prêtre du diocèse d’Arras et ancien recteur du pèlerinage Saint-Benoît Labre à Amettes, est responsable international du Prado. Le 7 avril 2018, il avait été reçu par le pape François au Vatican lors d’une audience privée, avec une vingtaine de personnes du Prado.

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