Assemblée plénière de printemps 2022 | Jour 3, jeudi 7 avril

8h30 | Laudes

 Pitié, mon Dieu, pitié pour moi!
En toi je cherche refuge,
un refuge à l’ombre de tes ailes,
aussi longtemps que dure le malheur

Psaume 56

9h | Chemins de transformation de la Conférence des évêques de France : accueil des 120 participants diocésains, et ateliers

Dans un monde qui change, les évêques de France ont décidé d’engager une nouvelle réforme des instances de gouvernance de la Conférence des évêques de France. La dernière date d’une quinzaine d’années. Entourés de baptisés engagés dans l’Église, ils réfléchiront aux différentes missions données aux instances qui composent la Conférence des évêques de France – Assemblées plénières, Conseil permanent, conseils et commissions, services nationaux – et aux moyens nécessaires pour répondre à la mission d’évangélisation.

11h45 | Eucharistie en la basilique Notre-Dame du Rosaire

Homélie de Mgr Jean-Marc Aveline

« Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple. »

Au fil du récit du quatrième Évangile, Jésus, peu à peu, devient un homme traqué. Lui qui avait réussi, au début de ce chapitre huit, à protéger la femme adultère de la lapidation, le voici qui subit, à la fin du même chapitre, les jets de pierres des Juifs mécontents. Le Verbe qui s’est fait chair essuie l’assaut des cœurs de pierre. Lui qui voulait seulement habiter parmi nous est obligé de se cacher. Alors qu’au tout début de son ministère, chez saint Jean, il avait chassé avec fracas les vendeurs du Temple pour rétablir en celui-ci une maison de prière digne d’être la maison de son Père, le voici contraint de sortir du Temple comme à la dérobée.

En méditant ces dernières semaines sur le message de Charles de Foucauld, j’ai un peu mieux compris que la vie de Jésus n’avait pas seulement été une vie cachée, mais une vie d’abjections, une vie qui, dès qu’elle fut publique, fut vite contrainte de se cacher parce que son message suscitait chez beaucoup l’incompréhension, parfois même la colère et finalement le rejet, de plus en plus violent. Dans le passage d’aujourd’hui, les Juifs le prennent d’abord pour un possédé (« Maintenant nous savons bien que tu as un démon »), puis pour un prétentieux (« Pour qui te prends-tu ? »), et enfin pour un dangereux insensé (« Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! »). Et ce qu’il dit devient insupportable à leurs oreilles si bien qu’ils préfèreraient le tuer plutôt que d’avoir à l’écouter davantage.

Mieux valait donc lapider cet homme qui se prenait pour Dieu ! Et nous, frères et sœurs, n’aurions peut-être pas fait mieux ! Car on ne peut accueillir Jésus sans accepter de se convertir, de se laisser désarmer de l’intérieur pour que le cœur de chair prenne le pas sur le cœur de pierre, comme une intériorisation de l’alliance. Aujourd’hui encore, le Fils de Dieu veut venir chez les siens, mais les siens, dont nous sommes, ont du mal à le recevoir. Surtout s’il vient comme un homme traqué, obligé de fuir et de mendier l’hospitalité, comme toutes ces personnes migrantes qui frappent à notre porte. Et encore, dans la situation actuelle, mieux vaudrait pour lui qu’il arrive sous les traits d’un Ukrainien que sous ceux d’un Soudanais ! Car parfois, nos générosités les plus louables mettent aussi en lumière nos inerties les moins avouables. Ce qui est sûr, comme l’abbé Huvelin l’avait dit à Charles de Foucauld, c’est que le Christ aurait choisi de se tenir à la dernière place, celle où il aurait subi le plus de rejets !

Pourquoi ? Parce que cette dernière place est celle de l’amour, celle du Très-Haut devenu le Très-Bas, afin de pouvoir récapituler l’humanité tout entière et même tout le cosmos, les choses du ciel et celles de la terre, sous un seul chef, le Christ. Car « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son propre Fils, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde, soit sauvé. » Et pour qu’ainsi, le Père réalise la promesse faite jadis à Abraham : « Je fais de toi le père d’une multitude de nations. Je te ferai porter des fruits à l’infini. » Actualisant cette promesse, Jésus dira à ses disciples : « La gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruits. » Et ces mêmes disciples qui, au tout début de l’Évangile, lui demandaient « Maître, où demeures-tu ? » comprendront peu à peu que cette demeure n’est pas vraiment un lieu, mais plutôt un lien, une relation qu’il entretient avec son Père et dans laquelle il invite tous les hommes à entrer, parce que telle fut la promesse de Dieu à Abraham, cet Abraham qui avait exulté de joie en sachant qu’il verrait le Jour du Seigneur.

Chers amis, ne laissons pas la Loi étouffer la promesse : c’est ce qui rendit Jésus insupportable aux Juifs. Et ne séparons jamais la mission de la promesse : ce serait faire peser sur les épaules de l’Église un fardeau trop écrasant. Je vois des jeunes prêtres devenir tristes, parce qu’oubliant de vivre la mission sur l’horizon de la promesse, ils en sont réduits à surveiller avec angoisse leurs courbes de croissance, en oubliant que le rejet du message fait mystérieusement partie de la fécondité du Mystère pascal.

Joseph Ratzinger avait jadis écrit ces lignes suggestives :

De ce rejet du message qui le rendit sans patrie et le força à être en route, naquit la mission (qui coïncide ainsi en un sens très profond avec l’Église elle-même) ; elle naquit comme la nouvelle figure de la promesse. […] La mission n’existe pas malgré la promesse, mais à cause de la promesse, comme son expression désarmée. Elle devrait se laisser pénétrer profondément par ce facteur de promesse qui ne supprime pas le commandement mais délivre de toute crainte. […] Car le salut du monde se trouve dans la main de Dieu, il vient de la promesse, non de la Loi. Mais il nous reste le devoir de nous placer avec humilité au service de la promesse, sans vouloir être plus que des serviteurs inutiles, qui ne font rien que ce qu’ils doivent (Lc 17, 10).[1]

Puissions-nous, en faisant route vers Pâques, vivre la mission en nous plaçant avec espérance et humilité au service de la promesse, car le salut du monde est entre les mains de Dieu.

Amen !

 

+ Jean-Marc Aveline

[1] Joseph Ratzinger, Le nouveau peuple de Dieu, Paris, Aubier Montaigne, 1971, p. 186-187.

14h45 | Office du milieu du jour

 Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ;
dans ton amour, ne m’oublie pas

Psaume 24

15h | Travail des évêques à huis-clos : questions libres

Élection de la présidence de la Conférence des évêques de France

Réunis en Assemblée plénière de printemps à Lourdes, les évêques de France ont élu la nouvelle présidence de la Conférence des évêques de France pour un mandat de trois ans. Président : Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de[...]

16h30 | Présentation des travaux des conseils et commissions de la CEF

18h15 | Office du soir et adoration

Ainsi chacun des tiens te priera
aux heures décisives ;
même les eaux qui débordent
ne peuvent l’atteindre.

Psaume 31

19h | Discours de Mgr Hilb Lonchyna, administrateur apostolique de l’éparchie Saint-Volodymyr-le-Grand, aux frères évêques

Message de Mgr Lonchyna aux évêques : « La dignité et la liberté »

Message de Mgr Hilb Lonchyna, administrateur apostolique de l’éparchie Saint Volodymyr le Grand de Paris le jeudi 7 avril 2022 intitulé : "Dignité et liberté".

Si nous devions résumer cette troisième journée ?