Bienheureux Charles de Foucauld (1858 – 1916)

« Je veux habituer tous les habitants à me regarder comme leur frère, le frère universel ». La vie de Charles de Foucauld est marquée par la conversion et le désir d’aller vers les plus lointains. Il a été béatifié en 2005 par Benoît XVI.

Portrait de Charles de Foucauld

Né le 15 septembre 1858 à Strasbourg, il se trouve orphelin de père et de mère dès l’âge de 6 ans. Confié à la charge de son grand-père, il commence une vie tourmentée : pendant ses études secondaires, il perd la foi, se nourrissant de lectures qui nourrissent  son attrait d’une vie facile… et de joyeuses compagnies. Il entre à St Cyr, puis à Saumur (École de cavalerie), d’où il réussit a à sortir le dernier sa promotion ! Lié à une compagne, il refuse de rompre avec elle lors de son envoi en Algérie et quitte l’armée. Apprenant que son régiment va partir en opération, il laisse son amie et est réintégré en Algérie ! Sa vie va commencé à changer : il goûte une vie spartiate, qui  se termine par un retour à la caserne, ce qui ne le tente guère ! Il a 23 ans. La vie militaire sans action  n’est pas pour lui. Il rejoint définitivement la vie civile. Avide d’aventure, entre 1882 et 1884, il prépare et réalise une expédition osée au Maroc. C’est un succès ! Mais la recherche d’une autre Aventure le taraude. Il écrira :« L’Islam a produit en moi un profond bouleversement. La vue de cette foi, de ces hommes vivant dans la continuelle présence de Dieu m’a fait entrevoir quelque chose de plus grand et de plus vrai que les occupations mondaines ». Il cherche à donner du sens à sa vie

Sur les conseils de sa cousine Marie de Bondy, à la fin d’octobre 86, il rencontre l’abbé Huvelin à Paris qui l’invite, séance tenante, à se confesser et à communier. C’est un nouveau départ, sa conversion l’amène à donner sa vie au Seigneur : « Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, j’ai compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour lui »

Après sept années de recherche contemplative (en Terre Sainte, à la Trappe en France puis en Syrie), il quitte la vie monastique et revient à Nazareth chez les Sœurs Clarisses (1897). Il y partage son temps entre le travail manuel, de longues heures d’adoration et de méditation de l’Écriture. C’est là que se mûrit sa vocation profonde. Il quitte Nazareth, et après une année de préparation, il est ordonné prêtre le 9 juin 1901 dans le Diocèse de Viviers.

Il demande à revenir au Sahara et il part à Beni Abbès. Il y restera deux années avec ce désir : « Je veux habituer tous les habitants à me regarder comme leur frère, le frère universel ». En août 1905, voulant toujours rejoindre les plus lointains et sur l’invitation de son ami Laperrine, il s’installe à Tamanrasset. Il va y mener une existence tiraillée entre la prière, l’étude, les voyages, les contacts avec les Touaregs dont il apprend la langue avec passion, et une relation parfois contestée avec les soldats français présents la région. Il a trouvé sa stabilité dans une relation profonde avec son « Bien Aimé Frère et Seigneur Jésus ». La guerre en France éclate entre la France et l’Allemagne, qui fait bloc avec l’Italie.

Le 1er décembre 1916, arraché à son « borj » par un groupe de guerriers Sénoussites liés à l’Italie, il est tué par son jeune gardien pris de panique. Nous sommes en pleine guerre mondiale. Le grain est jeté en terre et il portera du fruit.

Que nous laisse-t-il en héritage pour aujourd’hui ?

C’est tout d’abord sa conversion presque subite et radicale. En quête de sens, il avait vu de nombreux musulmans prier le Dieu Unique, ce qui a provoqué en lui une longue interrogation qui l’amènera à renouer avec la foi de son enfance, une foi qui se centrera de plus en plus sur Jésus de Nazareth, et Jésus à Nazareth.

Sa motivation profonde sera d’aller vers les plus lointains pour y vivre cet idéal. C’est cela qui le pousse vers le Sahara : il n’y va pas dans un souci de vie érémitique, ni de prédication, mais pour rencontrer les plus démunis et prendre au milieu d’eux la dernière place… toujours occupée, comme l’écrivait l’abbé Huvelin, « Jésus a tellement pris la dernière place que nul ne saurait la lui ravir ».

En homme de foi et en savant, il entre avec respect dans l’étude de la langue et de la culture de l’autre. Sa vocation sera dit-il de « crier l’Evangile par toute ma vie » plutôt que de le déclamer sur les toits. Il passe de longues journées à travailler sur les poésies touarègues (6000 vers transcrits et déchiffrés), et laisse un dictionnaire touareg de 4 volumes qui fait encore autorité.

L’Eucharistie reste au centre de son existence, dans l’adoration et la célébration, …même  s’il en est privé !  Sa passion pour le Christ dans l’Eucharistie va de pair avec le « Sacrement du Frère ». Aucune parole de l’Evangile ne l’aura autant marqué : « Tout ce que vous avez fait aux plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (cf Mt 25,40). L’amour des plus petits le pousse à rencontrer Jésus dans le pauvre et l’autre différent. En ces temps que nous vivons, n’est-il pas urgent de garder ce lien entre célébration eucharistique et service des plus pauvres ?

Sa postérité spirituelle continue de faire tache d’huile, autour d’une vocation vouée à la « vie de Nazareth ». Partout à travers le monde, des groupes de religieuses, de prêtres et de laïcs vivent de l’esprit de Nazareth.

Charles de Foucauld, à travers ombres et lumières, nous a ouverts au sens de la fraternité universelle. Cette dimension de toute vie évangélique est une urgence pour notre temps. Il nous invite à sortir de nos frilosités et de nos enfermements et à poursuivre le chemin tracé : le Christ n’est pas confiné dans nos églises, il nous attend au coeur de notre humanité en quête de sens et de Fraternité.

Mgr Claude Rault. MA Père Blanc
Evêque émérite de Laghouat-Ghardaia (Algérie)
Membre du SNRM au titre d’expert

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