Saint Vincent de Paul, la charité en parole et en oeuvres

St Vincent de Paul

Quel prêtre fut, de son temps, aussi populaire ? Saint Vincent de Paul a connu trois rois de France : Henri IV, Louis XIII et Louis XIV. Il a œuvré contre la pauvreté, pour l’évangélisation des campagnes et pour la formation des prêtres. Canonisé en 1737, il est proclamé patron universel des Œuvres de charité par le pape Léon XIII en 1885.
Le futur « grand saint du grand siècle » naît le 24 avril 1581 dans les Landes, à Pouy, dans une famille de paysans. Etudiant chez les Récollets de Dax, le jeune Vincent Depaul suit le conseil de son précepteur qui l’incite au sacerdoce. Rêveur d’horizons lointains, le gascon part à Toulouse, puis devenu prêtre à 19 ans, se rend à Marseille pour régler un différent d’héritage. Il prend la mer, se retrouve esclave à Tunis, s’enfuie, voyage (Avignon, Rome) avant de monter à Paris pour obtenir des « bénéfices » pour sa famille. Aumônier de l’ex reine Marguerite de Valois, il distribue monnaie et bouts de pain aux pauvres qui viennent frapper à la porte du palais, mais cette charité des actes n’est pas encore celle du cœur. Prêtre de paroisse heureux à Clichy, un village alors près de Paris, il commence à évoluer spirituellement au contact de Pierre de Bérulle, le fondateur de l’Oratoire de France. Celui-ci le fait entrer comme aumônier d’une famille d’aristocrates.
1617 est l’année décisive. Sur leurs terres, à Folleville, le jeune prêtre prend conscience de la pauvreté spirituelle et organise des réunions pour annoncer Jésus-Christ. A Chatillon-sur-Chalaronne, un petit bourg proche de Lyon, il découvre la pauvreté matérielle et organise des « Compagnies de la charité » pour venir en aide aux nécessiteux et aux malades. Nous sommes en 1617. Sa vocation est en train de s’affirmer. De retour à Paris, il visite les galériens, intervenant pour qu’ils soient traités plus humainement. En 1619, il est nommé aumônier général des galères mais ce sont tous les malheureux des campagnes qui le hantent.

Malfaim de la parole de Dieu

Avec d’autres prêtres qui s’engagent pour le salut de ce peuple qui « périt maintenant de malfaim de la parole de Dieu », il organise des missions. La Congrégation de la Mission est établie. Ce sont ces missionnaires humbles – la simplicité est la première qualité demandée – et ardents qui se rendent dans les régions dévastées par la guerre de Trente ans (1618-1648). Sur ces champs de bataille, Vincent envoie également des Filles de la Charité : « Les hommes vont à la guerre pour tuer les hommes ; et vous, vous allez à la guerre pour réparer le mal qu’ils y font », leur dit-il. De son côté, il plaide pour la paix avec l’Espagne auprès de Richelieu, de la même manière qu’il tente une médiation pendant la Fronde avec Mazarin.

Au cœur de ce siècle violent, il apporte la douceur de la compassion. Face à l’étendue des besoins, pragmatique, il organise un service de visites aux malades, crée une œuvre pour les enfants trouvés, achète une maison pour loger des mendiants, tout en trouvant le temps de participer à la réforme religieuse, de créer en 1628 « l’Oeuvre des ordinants », point de départ des séminaires en France et en 1633 les « Conférences du mardi » pour la formation permanente des prêtres, et d’ouvrir son regard sur l’étranger (missions d’Alger en 1646, de Madagascar en 1648, de Pologne en 1651). L’apôtre de la charité meurt le 27 septembre 1660.

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