Les gitans en pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer

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Jusqu’au 25 mai 2010, les gitans sont rassemblés aux Saintes-Maries-de-la-Mer, pour la fête de Sainte Sara, leur patronne. Un temps fort d’évangélisation pour le Père Bassereau, aumônier, dont le point d’orgue sera la descente des châsses et la procession des statues à la mer, ce week-end.

Aux Saintes-Maries-de-la-Mer (Bouches-du-Rhône), on fête Sara le 24 mai puis Marie Jacobé et Marie Salomé le lendemain. De France mais aussi d’Italie, d’Espagne, d’Europe centrale ou de Suisse, les gitans viennent les vénérer avec une double identité : comme croyants et comme voyageurs. Sur tous les terrains d’accueil des environs, des points d’aumônerie – des chapiteaux – abritent des temps de catéchèse et des célébrations eucharistiques. Le soir, une veillée de prière a lieu dans la petite église paroissiale.

Prêtre du diocèse de Toulouse, le Père Vincent Bassereau est aumônier des gitans depuis 8 ans. Il fait partie du trio qui anime l’aumônerie catholique des Gitans et Gens du Voyage, au sein du Service national de la pastorale des migrants et des personnes itinérantes. Les gitans l’appellent  » le rachaïl « , le prêtre.

Toute l’année, à Toulouse, il visite les terrains sur lesquels s’installent les gitans de passage et propose des temps de catéchèses aux enfants, anime des groupes de prière, célèbre la messe et prépare les fidèles aux sacrements. Il accompagne aussi des pèlerinages. Les pèlerinages aux Saintes-Maries-de-la-Mer (mai) et à Lourdes (août) sont les deux grands temps fort pour l’aumônerie.

« Le pèlerinage est une démarche qui correspond bien au mode de vie des gitans, analyse l’aumônier. Ils se rendent dans les sanctuaires pour leur métier et pour leur foi ». Paray-le-Monial, Ars, le Mont St-Michel ou encore la chapelle de Notre Dame de la médaille miraculeuse, rue du Bac à Paris sont des étapes traditionnelles pour les gitans.
 

Rassemblés dans la diversité

« Les gitans ne sont pas un bloc monolithique, rappelle le P. Bassereau. Ils ont des origines, des façons de prier et de penser différentes. Certains parlent espagnol, catalan, manouche, rom… Mais l’identité profonde est celle de voyageurs ». Et si la vie quotidienne est difficile en raison des terrains d’accueil peu nombreux, des emplois saisonniers qui disparaissent ou du regard porté sur eux, le prêtre assure que le goût de vivre et de lutter l’emporte.

Pour lui, il est crucial que l’Eglise catholique soit présente. L’aumônier regrette d’ailleurs le manque d’équipes d’aumônerie et de prêtres. « Le rachaïl compte beaucoup pour les gitans, poursuit-il. C’est un homme de Dieu en lien avec le Christ. Les gitans ont soif de Dieu et veulent aller au cœur de la foi. Ils me ramènent à l’essentiel de mon ministère : prier, parler de Dieu et de Jésus-Christ ».

Sara et le Bienheureux Ceferino Giménez Malla

Deux traditions autour de Sara

La première dit que Sara aurait accueilli en Camargue les deux femmes, Marie Jacobé et Marie Salomé, témoins de la Résurrection du Christ. Elles auraient traversé la Méditerranée dans une barque sans voile ni rames.
La seconde rapporte que Sara, leur servante, était dans la barque avec elles.

Un gitan martyr à (re)découvrir

Le 4 mai 1997, le pape Jean-Paul II a béatifié Ceferino Jiménez Malla : « (…) un Gitan admirable pour le sérieux et la sagesse de sa vie d’homme et de chrétien. Sa vie fut pleinement accomplie, car il l’a vécue saintement dans la fidélité a Dieu et dans le style de vie propre aux Gitans. Il mourut martyr de la foi, serrant contre sa poitrine le chapelet qu’il récitait chaque jour dans une dévotion tendrement filiale a Marie. Il est un bel exemple de fidélité à la foi pour tous les chrétiens, et spécialement pour vous qui êtes proches de lui à cause de liens ethniques et culturels ».

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