
Fêtes, spectacles, rassemblements de jeunes et d’anciens, le Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ) célèbre ses cinquante ans. Un bel anniversaire qui se déroule tout au long de l’année et qui se décline en différentes manifestations originales selon les régions. Isabelle Colson, directrice du Centre national du MEJ, évoque les intuitions du mouvement.
Quelles sont les grandes étapes qui ont marqué le mouvement ?
Le mouvement fête ses cinquante ans sous le nom du « MEJ » cette année, mais il hérite de près de cent ans d’histoire ! En 1962, il succède à l’ancienne « Croisade eucharistique », née en 1914, qui proposait de rapprocher les enfants de l’
eucharistie. Dès les débuts, des pères jésuites animent le mouvement, qui passe sous la responsabilité des évêques de France en 1971. Le MEJ a formé des dizaines de milliers de jeunes, et il a compté jusqu’à 70.000 adhérents. Le nombre de personnes qui y a participé et celui des vocations sacerdotales et religieuses qui s’y sont tricotées sont frappants. Aujourd’hui, le mouvement rassemble environ 6.000 jeunes et 1.000 animateurs bénévoles.
Qu’est-ce qui caractérise la pédagogie du MEJ ?
C’est un mouvement spirituel basé sur la pédagogie ignatienne. Nous aidons les jeunes à grandir libres, debout. Ils sont capables de relire leur vie pour y voir les traces de Dieu, capables aussi de poser des choix qui les engagent. Une des intuitions du mouvement est de proposer aux jeunes à partir de 18 ans de s’engager là où cela semble bon pour eux. Nous nous appuyons sur la vie équipe, l’organisation de camps d’été et de grands rassemblements. Le « méjiste » vit en équipe tout au long de l’année, autour d’un thème d’Église associé à un imaginaire. Un rassemblement pour les 13-15 ans et les 15-18 est proposé tous les deux ans et réunit à chaque fois 1.500 à 2.000 jeunes. La grande tradition de la fête, du chant et de la musique qui caractérise le MEJ y est manifeste. D’ailleurs, nous préparons la sortie d’un nouvel album pour 2013. Nos chants à fort contenu autour de la Parole de Dieu ne découragent pas les jeunes. Il y a un beau passage de relais. Les anciens aident les jeunes compositeurs.
Qu’est-ce qui encourage votre mission au service des jeunes ?
Nous fêtons nos 50 ans, en même tant que l’anniversaire du
concile Vatican II. Le monde a changé. Nombreux sont les jeunes qui préfèrent vivre ponctuellement des temps forts. Mais les jeunes et les équipes restent très fidèles aux savoir-faire exigeants proposés par le mouvement. Éduquer aujourd’hui les jeunes à la relecture correspond à une nécessité. Celui qui sait prendre le temps de revoir sa journée dans la prière, sait aussi poser les bons choix pour lui, son entourage, la société. La joie et le bonheur des jeunes, les nombreux témoignages de parents nous encouragent à repartir pour les cinquante prochaines années !
Qu’attendez-vous des prochaines assises du mouvement ?
Les assises du MEJ se déroulent du 2 au 4 novembre prochain. Elles ont pour enjeu principal la redéfinition de notre spécificité. Nous sommes en train de réinvestir les établissements d’Enseignement catholique et la proposition fonctionne bien avec les jeunes en 4e et 3e. 60 % des participants aux camps ne vivent pas en équipe à l’année. Il y a des diocèses où le MEJ n’est pas présent et il y a des jeunes qui n’aiment que camper. Ces constats nous invite à revisiter notre pédagogie. Devrions-nous en proposer des déclinaisons ? Le mouvement se trouve sur une ligne de crête entre sa spécificité, sa famille spirituelle et une nécessaire ouverture, entre le risque de mourir et celui de se diluer. Sur cette ligne de crête, nous continuons d’avancer ! Nous souhaitons être au service des jeunes, et nous souhaitons que tous ceux que le MEJ permet de faire grandir puissent s’y retrouver, même si cela demande une constante inventivité !

50 bougies et un rassemblement international
Depuis décembre 2011 dans le Nord, au mois d’octobre prochain dans la Manche, en passant par Besançon, Pau, la commune des Trois-Epis (Alsace) ou encore Bordeaux, l’anniversaire des 50 ans du MEJ se décline en régions sur des rythmes de fête originaux : spectacles autour de St Ignace, grands jeux, soirées témoignages, repas festifs, eucharisties, etc. Ainsi, le 10 juin dernier 700 personnes se sont rassemblées, à l’issue des festivités, pour une messe d’action de grâce en la cathédrale de Vienne. Jeunes et anciens, dont certains âgés de plus de 80 ans, ont été heureux de partager sur l’importance du MEJ dans leur vie.
Le premier rassemblement international MEJ aura lieu à Buenos Aires (Argentine), du 17 au 24 septembre 2012. Cinq Français, dont deux jeunes, s’y rendront afin de découvrir comment les autres pays se sont appropriés les intuitions et la pédagogie du MEJ mais aussi pour soutenir les pays d’Afrique.