Marie-Claude et Philippe, l’importance de la formation

pastorale des familles - Le Puy-en-Velay

Au service de la pastorale des familles du diocèse du Puy-en-Velay, Marie-Claude et Philippe s’appuient particulièrement sur l’exhortation apostolique Amoris Laetitia sur l’amour dans la famille, dont l’Église fête les 10 ans cette année. Portrait. Par Florence de Maistre.

“Ce qui est intéressant dans la pastorale des familles ? Sa dimension transversale ! Elle touche les plus âgés et les plus jeunes, les couples mariés ou non, avec enfants ou non, les parents solos, les personnes séparées, divorcées, remariées, les personnes touchées par l’homosexualité. La pastorale des familles : c’est tout ça et c’est une richesse”, lance Marie-Claude Jean, responsable de la pastorale des familles du diocèse du Puy-en-Velay depuis huit ans. C’est en arrivant au Puy, que la professeure des écoles a été appelée avec son époux Philippe à cette mission. Ce dernier, médecin toujours en activité, s’attache à rejoindre les temps forts particulièrement dédiés aux couples. Les responsables de la pastorale des familles sont mariés depuis trente-sept ans, comptent cinq enfants et onze petits-enfants.

Dès sa nomination, Marie-Claude suit une formation avec l’Institut pastoral d’études religieuses à Lyon et se plonge pleinement dans l’exhortation apostolique sur l’amour dans la famille. Ce qu’elle retient de cet enseignement ? La formule du pape François “le temps est supérieur à l’espace”, qui exprime l’importance d’initier des dynamiques avec d’autres plutôt que de rechercher des résultats immédiats. “J’adopte aussi la pédagogie des petits pas, la gradualité dont parle François. Je suis touchée par la miséricorde, très présente dans Amoris Laetitia et l’appel à ne laisser personne sur le bord de la route : l’Église est comme un hôpital de campagne. Voilà les points sur lesquels je m’appuie”, développe Marie-Claude.

Accueillir et accompagner les personnes

Depuis huit ans, la responsable des familles se laisse toujours surprendre par les rencontres. Il y a peu de temps, elle a été sensibilisée au sujet des femmes violentées qui cherchent de l’aide. “Comment les accueillir et les accompagner ? Il faut nous former, car même en Église, ces femmes ne sont pas toujours bien reçues. Ce serait elles, les suspectes. Je rappelle qu’on ne se marie pas pour toute la vie, mais pour plus de vie ! Alors, quand le mariage entraîne vers la mort, une réflexion est à reprendre… à petits pas”, souffle Marie-Claude. L’ancienne enseignante n’avait pas non plus envisagé d’œuvrer avec l’enseignement catholique sur des projets comme celui de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle.

Elle relève les enjeux de mutualisation pour proposer, ensemble, des temps de formations. Une soirée a déjà rassemblé une vingtaine de parents sur l’éducation sexuelle et une centaine d’enseignants, de personnels éducatifs, de laïcs en mission et de prêtres lors de la journée du lendemain. Une formule en soirée pour les parents et une autre en journée pour les acteurs en lien avec les plus jeunes que Marie-Claude souhaite poursuivre notamment autour des dangers de la pornographie. En lien avec la pastorale de la santé, elle prévoit encore de se saisir de la journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées, instituée par le pape François chaque quatrième dimanche de juillet. Des propositions seront faites aux paroisses.

Se former pour mieux répondre à toutes les situations

Marie-Claude l’assure : il n’y a pas de journée type au service des familles ! Elle élabore déjà les prochains projets. Une journée de formation pour tous les acteurs de la pastorale du mariage, prêtres, diacres, couples animateurs est prévue le 12 septembre. Il s’agit de partager les expériences passées et les besoins. Cette année, une vingtaine de couples seulement a participé à la journée des fiancés, alors que 150 mariages seront célébrés. “Je veux essayer de voir où est le problème, aider les paroisses à inviter les fiancés pour que cette journée soit intégrée au parcours vers le sacrement du mariage. Il s’agit de bien articuler les différentes propositions”, indique-t-elle.

Une autre date est à trouver pour une prochaine journée de formation, en concertation avec les autres services, autour du chapitre 8 d’Amoris Laetitia, qui aborde les situations dites complexes. Le catéchuménat est très partant, la pastorale des funérailles aussi. Face aux personnes séparées ou divorcées, les accompagnateurs n’ont pas toujours le même discours où sont mal à l’aise. Nous réfléchirons ensemble pour mieux accueillir les difficultés de chacun”, précise Marie-Claude. Elle reprend : “Avec ce chapitre, le Pape a créé un chemin d’ouverture. Les sacrements ne sont pas réservés qu’aux bien-portants, mais sont comme un remède pour les plus faibles. Ce n’est pas toujours évident à expliquer”. Au sein de la pastorale des familles du Puy-en-Velay, un petit groupe est déjà à l’écoute des personnes séparées ou divorcées.

Grandir ensemble

Marie-Claude et Philippe ont été sollicités, il y a quelques années par un ensemble de paroisses sur l’homosexualité. L’approche a permis de prendre conscience des besoins des personnes touchées par le sujet et de leurs souffrances. Depuis, une petite équipe de parents s’est constituée avec le mouvement Reconnaissance. “Le sujet divise les communautés. Il faut donner du temps au temps”, confie Marie-Claude qui chemine et se forme avec toute la province Rhône-Alpes-Auvergne. Les rencontres pluriannuelles avec ses homologues de la province sont pour la Ponote un vrai lieu de ressource, de partage des pratiques et d’approfondissement.

Depuis l’été dernier, Marie-Claude a accepté une deuxième mission, celle de référente à la prévention des abus. Elle voit une grande cohérence entre ses deux responsabilités et poursuit ses démarches de formation. Membre de la communauté du Chemin neuf, elle y puise les ressources nécessaires à son équilibre de vie entre famille et mission. Elle porte toutes les personnes rencontrées dans sa prière et confie aussi à sa fraternité les projets et les évènements de la pastorale des familles. Elle ponctue : “J’aime cheminer avec d’autres personnes. L’Église doit être présente auprès de chacun : aider ceux qui traversent des épreuves. Me mettre à l’écoute de l’autre différent et respecter son chemin personnel me donne une certaine humilité et me fait grandir”.

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DSE doctrine sociale