Les paniers de quête connectés : une pratique qui s’installe dans les diocèses

Depuis la crise du Covid-19, les paniers de quête connectés se développent dans les diocèses de France. Pensés comme un complément à la quête traditionnelle, ils permettent aux fidèles de donner par carte bancaire tout en respectant le sens liturgique du geste. Retour d’expérience des diocèses de Lille et d’Aix-en-Provence.
D’où est venue l’idée de créer des paniers connectés pour la quête ?
L’idée est née de l’observation de plusieurs évolutions : la généralisation, dans d’autres diocèses, du paiement de la quête par carte bancaire ; le fort développement de l’application La Quête pendant la période du Covid, révélant une attente pour les paiements dématérialisés ; et les difficultés croissantes liées à la gestion des espèces (comptage par les bénévoles, frais bancaires). À cela s’ajoute la volonté de permettre à l’Église de « vivre avec son temps » et de s’adapter aux pratiques actuelles des fidèles.
Comment fonctionne un panier connecté et comment en assurez-vous la sécurité ?
Le panier connecté est conçu pour être simple et intuitif. Le bénévole ouvre le terminal — comme un téléphone — puis sélectionne « commencer une quête » ainsi que le nom de son clocher. Six montants préconfigurés s’affichent à l’écran : le fidèle n’a qu’à cliquer sur le montant choisi et présenter sa carte bancaire. Le terminal, inséré dans un support en osier rappelant le panier traditionnel, circule pendant la quête comme un panier classique.
La sécurité repose sur la responsabilité du quêteur, qui garde le panier avec lui durant la messe et le range ensuite dans un lieu fermé et sécurisé. Aucune donnée personnelle n’est enregistrée.
Comment les fidèles et les équipes paroissiales ont-ils réagi à l’arrivée des paniers de quête connectés ?
Si certaines paroisses ont accueilli l’innovation avec prudence, l’expérience montre que les résultats positifs et la facilité d’usage ont rapidement levé les réticences. Dans les paroisses urbaines et jeunes, l’adoption a été immédiate ; dans les paroisses rurales ou plus âgées, l’adhésion a été progressive mais réelle. Aujourd’hui, 175 paniers sont déployés dans 65 paroisses du diocèse. (diocèse de Lille)
Avez-vous observé une évolution du montant du don ?
Le don moyen sur un panier de quête connecté s’élève à 6,95 €, un montant nettement supérieur à celui des dons en espèces.
Les dons numériques complètent-ils ou remplacent-ils les dons en espèces ?
Ils les complètent. Les dons en espèces restent majoritaires ; environ 10 % des fidèles utilisent les paniers connectés lors d’une messe. Le numérique représente donc un apport, sans faire disparaître les autres formes de don.
Existe-t-il un profil particulier de donateurs utilisant le sans contact ?
Non. Contrairement aux idées reçues, il n’existe pas de profil type : jeunes, moins jeunes, urbains, ruraux… tous les publics utilisent progressivement ce mode de don. Même les personnes âgées s’y habituent très facilement.
Quels sont les défis rencontrés par l’installation des paniers connectés ?
Le premier défi est humain : il faut désigner des référents, former les quêteurs et accompagner la prise en main. Viennent ensuite les aspects financiers, rapidement compensés par l’augmentation des recettes. Les principales difficultés tiennent aux réticences initiales de certains bénévoles ou responsables paroissiaux, souvent rassurés après une phase d’essai.
Quelles évolutions ou nouveaux usages envisagez-vous ?
L’objectif prioritaire est la généralisation à l’ensemble du diocèse. D’autres usages sont envisagés : casuel, offrandes de messe, dons lors d’événements paroissiaux… Certains prototypes hybrides, pouvant servir à la fois de panier de quête et de borne de semaine (par exemple pour les cierges), sont également à l’étude.


