Vers de nouvelles formations numériques

Clémence Martin et Jean-Pierre Evelin sont responsables du service diocésain de la formation permanente à Orléans. Depuis avril 2019, ils ont mis en place des formations numériques en continu pour approfondir sa foi catholique tout au long de sa vie. Entretien avec Jean-Pierre Evelin, responsable adjoint.

Quelle est la mission du service diocésain de la formation permanente ?

JP EvelinNotre but est de faire comprendre aux chrétiens qu’il est important de se former tout au long de sa vie. Notre mission est de contribuer et enrichir la relation avec le Christ, et d’approfondir l’intelligence de la foi. Nous sommes dans une approche de « disciple-missionnaire ». Être chrétien signifie être disciple de Jésus, suivre le christ, prier, lire la parole, et être fraternel. Être « missionnaire » c’est annoncer l’Évangile. L’un ne va pas sans l’autre. Je dirais même que l’un encourage l’autre.

Les cinq notions essentielles que sont la prière, la fraternité, la formation, le service des plus pauvres, et l’annonce de l’évangélisation, se retrouvent dans l’histoire des apôtres. Etre chrétien, c’est accomplir ces cinq dimensions. C’est très en vogue dans l’Eglise de France, notamment via le coaching de Talenthéo. De nombreux prêtres ont été formés par ce biais. Nous sommes imprégnés de cette dynamique. Comment réveiller l’Eglise de France avec des compétences qui viennent de l’entreprise ?

Quelles formations numériques permanentes proposez-vous ? Où pouvons-nous y accéder ?

Notre site Internet, avec son espace formation, a été actualisé à l’été 2019. Nous avons cherché à diversifier les portes d’entrées pour répondre aux attentes des diocésains. On y accède par le biais de thématiques avec les prières, la célébration, la bible, la foi, le témoignage, la réflexion sur le monde ou l’accueil ; par niveau avec des initiations ou un parcours d’approfondissement. Certaines formations sont diplômantes grâce au partenariat avec le séminaire interdiocésain d’Orléans (NDLR. Antenne de théologie reliée à l’Université Catholique de Paris).

Qu’est-ce que les formations numériques apportent-elles de plus ?

Nous offrons des formations qui nous permettent de toucher des gens qui sont peu disponibles. Notre grande difficulté, à mon sens, est de toucher les actifs car ils ont un rythme de vie intense (travail, vie de famille…). Nous avons recensé sur notre plateforme des cours en salle, des cours audios et vidéos, des moocs, et des enseignements à distance. Nous essayons de les rendre accessibles au plus grand nombre. Par ailleurs, nous avons quelques formations en présentiel. Nous sommes prêts aussi à délocaliser géographiquement des formations. Le département est très étendu, tous les participants ne peuvent pas se déplacer à Orléans.

Quelles propositions ont été envisagées pour l’année 2020-2021 ?

Nous en sommes encore au stade de la réflexion mais nous souhaitons avec Monseigneur Jacques Blaquart reconstruire un « parcours de formation de base chrétien ». Pendant trente ans, il existait des formations pour les personnes engagées dans leurs paroisses. Ce programme a été arrêté en 2017. Notre objectif sera de le relancer sur la thématique du « disciple-missionnaire ». Ce parcours intègrera les cinq essentiels. Nous voulons nous inscrire dans une dynamique de croissance humaine, intellectuelle, et spirituelle. Les inscrits s’engageront sur une année avec une rencontre par mois le week-end, et un « mooc » à chaque trimestre, et à une rencontre hebdomadaire. Nous allons devoir communiquer pour que des personnes s’inscrivent en amont et nous rapprocher avec des prêtres et des équipes d’animations pastorales (EAP).

Quelles pédagogies utiliserez-vous pour ce parcours spécifique ?

Nous allons nous appuyer sur la pédagogie de l’école Saint-André. Un dispositif qui vient d’Amérique du sud et qui porte ses fruits depuis plus de cinquante ans. Leur pédagogie s’appuie sur des enseignements théologiques et bibliques mais il y a aussi des témoignages, des mises en situation et des jeux scéniques pour mémoriser les enseignements. Tout le monde n’a pas poursuivi des études universitaires. L’école Saint-André apportera un côté ludique !

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