Homélie du dimanche 15 septembre

Dimanche 15 septembre 2019
Vingt-quatrième dimanche du temps ordinaire

  Références bibliques :

Lecture du livre de l’Exode :  » 32. 11-14 : « Souviens-toi de tes serviteurs Abraham, Isaac et Jacob à qui tu as juré par toi-même. »
Psaume 50 : Renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. »
Lecture de la première lettre à Timothée : » Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs. »
Evangile selon saint Luc : 15. 1 à 32 : » Il est revenu à la vie. »

***

  Lectures et psaume de ce vingt-quatrième dimanche chantent la réconciliation de Dieu et de l’homme. La première lecture met en valeur la médiation de Moïse; le psaume, la contrition; la confession de saint Paul, la gratuité du pardon divin. Dans l’Evangile, la première parabole de la brebis perdue et retrouvée, insiste sur la joie du pasteur.

ISRAËL ET LES PAÏENS

  La parabole de l’enfant prodigue nous explique les étapes de l’éloignement et du retour aussi bien chez le plus jeune fils que chez son frère aîné.

Elle va plus loin que la parabole de la brebis perdue ou de la drachme égarée, puisqu’elle nous montre comment le pécheur lui-même participe à son pardon. Ce sont en effet des personnes qui sont en jeu, avec leur propre liberté et leurs réactions qui évoluent au fil du temps : le père et les deux frères  Elle a une deuxième signification. Le frère plus âgé, désigne Israël comme ce fut le cas de la parabole des ouvriers embauchés à la vigne. Il s’agit de l’accès des païens à l’Evangile et de la fermeture d’Israël qui avait tout reçu, l’Alliance et la bonté de Dieu (première lecture du livre de l’Exode). Ce thème est fréquent chez saint Luc et souvent repris par saint Paul.   Ce n’est pas ce thème que nous nous proposons de développer ici, mais plutôt la situation dans laquelle s’est placé le fils prodigue et dans laquelle nous nous mettons aussi quand nous nous laissons aller au péché.

DU FOND DE MA MISERE.

  Le fils est parti en emportant sa part d’héritage : »Ce qui est à toi est à moi. » a-t-il fait comprendre à son père. Au moment du retour, le père dira ces mêmes mots à son frère, non pas dans une attitude de possession mais dans une attitude de partage et de donation.  En quittant la maison paternelle, le prodigue se voulait être maître de lui-même et de ses biens. Avec le temps et le gaspillage, il a vu que ce qu’il pensait être sa propriété, la vie l’en  « désappropriait». Il ne lui reste bientôt plus rien, pas même sa propre identité de fils. C’est ce que d’ailleurs, un jour ou l’autre, tout homme découvre en son péché.   Du fond de ma misère, du fond de ma faiblesse qui tourne son regard vers moi ? Qui me donne un peu d’estime, un peu d’amour ? Je touche le fond de moi-même, je m’enlise, vers qui puis-je tendre la main, entouré de tant d’indifférence ? La solitude m’environne de silence et ce vide m’angoisse. Je ne connais plus l’amour. D’ailleurs l’ai-je vraiment jamais connu ? Mais, du fond de la peine, la mémoire du cœur murmure un espoir d’amour : » Chez mon père !… » (Luc 15. 17) Il ne me reste que mon père.

AU COEUR DE SON AMOUR

 L’enfant prodigue s’est enfin décidé à revenir mais il est craintif du comment de la rencontre. Pourra-t-il redevenir de qu’il était avant le départ. Il le voudrait bien et il prend un « biais ». C’est déjà beaucoup d’être « à la maison paternelle ».

Il prépare un « scénario » de retour, en répétant ce qu’il pense pouvoir être dit dans la situation qui est la sienne. Il n’osait envisager un retour vécu dans l’amour qu’il croyait avoir brisé. Son espoir n’était que de retrouver de quoi manger et de quoi vivre : une place parmi les ouvriers… il n’est plus digne d’être admis comme un fils. Nous sommes bien ainsi dans des circonstances analogues, devant Dieu.   C’est d’une autre nourriture que son père lui offre de vivre à lui qui est resté son fils, même si le fils ne pouvait imaginer que son père était rester pleinement son père. C’est une autre place qu’il lui redonne, celle qui, malgré l’absence, est restée la sienne au coeur de sa famille. C’est la part d’héritage qui ne disparaît pas comme les choses matérielles : l’amour.

Son père ne lui dit rien. Les bras, dans lesquels il le serre, sont plus qu’une réponse. Ils empêchent que le fils d’achever sa demande. Le père l’a interrompu dès qu’il entendit le mot de fils. Il lui découvre l’immense richesse ce que son fils avait ignoré au jour de son départ.   La joie peut éclater : »Mon fils est revenu à la vie. » Tout n’avait disparu pas dans ce pays lointain : la richesse, les illusions, la dignité de soi-même : »Les gousses que mangeaient les porcs. »  Car l’amour lui ne disparaît jamais (1 Cor. 13. 8)

QUI SOMMES-NOUS ?

  Cette parabole nous concerne. Sommes-nous l’enfant prodigue ? sommes-nous le frère aîné ? car notre vie, ma vie, est proche de la leur, soit l’une, soit l’autre.  En fait, l’aîné s’est tout autant éloigné de son père. Il est resté sur place, c‘est tout. Il se juge comme un serviteur et non point partenaire intime d’une famille. D’ailleurs le reproche qu’il fait à son père en dit long en ce domaine : »Ton fils que voilà ! »

Mais le père l’invite lui aussi à retrouver et à rejoindre l’amour qui est au coeur de la famille : »Toi, mon enfant … ton frère … tout ce qui est à moi est à toi. »  Celui que j’avais perdu est ton frère et mon fils. Il doit être tout autant au coeur de ton amour, de ta joie, de ton accueil. Ouvre-lui les bras, toi aussi. Je suis votre père à tous deux.   Dieu est fidèle qui recrée sans cesse ceux qu’il aime. Nous qui sommes en quête de l’absolu de la vie, nous nous égarons dans des impasses. Et comme il est difficile de revenir en arrière sur le chemin pour y retrouver la vie que nous avons perdue ! Parce qu’il est le refus de vivre une attitude de fidélité aimante, le péché ferme trop souvent le coeur de l’homme.

Dieu, lui, garde son coeur ouvert à l’amour. « Le Christ m’a pardonné. Ce que je faisais, c’était par ignorance. Je n’avais pas la foi. Mais la grâce de Notre-Seigneur a été plus forte, avec la foi et l’amour dans le Christ Jésus. » (saint Paul à Timothée 1. 14)

***

A la lumière de cette parabole, nous pouvons relire les paroles de Jésus au soir du Jeudi-Saint, comme il le dit à ses disciples : »Je vous ai dit tout cela en paraboles. » (Jean 16. 25) Elles sont proches de ce que dit et vit le père à ses deux fils : » Tout ce qui est à moi est à toi comme tout ce qui est à toi est à moi. » (Jean 17. 10) dit-il à son Père dans la prière qui précède son départ à Gethsémani, au moment même où il nous réconcilie par le don de sa vie. C’est ce que Jésus, le Fils de Dieu fait homme est venu nous dire en partageant notre vie afin que nous communions à la sienne.   « Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée pour qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux comme toi en moi pour qu’ils parviennent à l’unité parfaite… tu les as aimés comme tu m’as aimé. » (Jean 17. 23)  « Dieu créateur et maître de toutes choses, regarde-nous, et pour que nous ressentions l’effet de ton amour, accorde-nous de te servir avec un coeur sans partage. » (Prière d’ouverture de la messe)

Père Jacques Fournier
En proposant diverses lignes de réflexion, ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon le "charisme", une ou plusieurs méditations. Leur auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu. Ces textes peuvent également servir à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir, chaque paragraphe formant un tout en soi.
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