Homélie du dimanche 26 août

21éme dimanche du Temps ordinaire

Références bibliques:

Première lecture « Nous voulons servir le Seigneur, car c’est lui notre Dieu » Jos 24, 1-2a.15-17.1…
Psaume Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur ! Ps 33 (34), 2-3, 16-…
Deuxième lecture « Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Églis… Ep 5, 21-32
Évangile « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle … Jn 6, 60-69

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Avec ce dimanche s’achève la lecture du chapitre sixième de l’Evangile selon saint Jean, le « discours sur le pain de vie. »

UNE MISE A L’EPREUVE.

Comme dans plusieurs autres moments que nous rapporte saint Jean, ce passage se termine par un dialogue dramatique. Dans l’épisode de la Samaritaine (ch. 4), toute la population entre dans la foi du Sauveur. Dans l’épisode de l’aveugle-né (Ch. 9), les pharisiens rejettent la lumière et seul l’homme guéri reconnaît en Jésus le Fils de l’Homme. Ici, seuls les Douze Apôtres restent et, en leur nom, Pierre reconnaît en Jésus le Saint de Dieu. Chaque fois, nous parcourons un chemin jalonné d’épreuves qui mène soit vers la foi, soit vers le rejet.

Au moment de conclure son Evangile, saint Jean résume le but qu’il s’est proposé, celui-là même que Jésus proposait à ceux qui venaient à lui : « Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d’autres signes qui ne sont pas consignés dans ce livre. Ceux-ci l’ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom. »(Jean 20. 30 et 31)

Comme les deux épisodes de Samarie ou de l’aveugle-né, celui du discours sur le pain de vie indique que la foi doit, pour aboutir, affronter des épreuves ou, ce qui est équivalent, des achoppements, des scandales au sens où Jésus disait : « Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de scandale. » (Matthieu 11.6)

LES ACHOPPEMENTS

Dans ce chapitre sixième que nous avons parcouru dimanche après dimanche, nous voyons les étapes du rejet progressif que rencontre Jésus, étapes qui peuvent être les nôtres ou celles de nos contemporains.

D’abord la foule des braves gens, bien disposés, mais trop « réalistes » : « Que nous faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? – Mais toi-même quel signe fais-tu pour que nous voyons et que nous puissions te croire. » (Jean 6. 28 à 30)

Puis les juifs religieux : « Comment peut-il déclarer : je suis descendu du ciel ? » – «Ils s’opposent les uns aux autres : Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » (Jean 6. 41 et 52)

Les disciples enfin qui murmurent comme les juifs : « Cette parole est dure. Qui peut l’écouter ? » (Jean 6. 60) Un grand nombre cesse alors de marcher à la suite de Jésus. Or marcher derrière le Maître est le comportement physique élémentaire du disciple.

Jamais il ne leur avait tenu pareil discours. Il trouve celui-ci : « scléros », « dur au toucher, sévère, rebutant » dans les significations données à ce terme grec selon les contextes. L’enthousiasme est tombé qui entraînait la foi de ces disciples.

A l’apparente bonne volonté initiale de la foule, des juifs et des disciples, a succédé un scepticisme tel qu’ils cessent d’être avec Jésus et donc ne pourront plus voir les signes que le Père lui donne de faire.

Ils se sont heurtés au problèmes de la preuve (quel signe pour que nous croyons), au scandale de l’Incarnation (je suis descendu du ciel) et au scandale du mystère pascal (recevoir sa chair en nourriture).

ENTRER DANS LES VUES DE DIEU

« Cela vous heurte. Cela vous scandalise ? » La foule et les juifs ont-ils tort de refuser d’ajouter foi aux paroles de Jésus ? Assurément non, s’ils les prennent comme venant d’un homme quelconque et s’ils les entendent selon leurs propres capacités humaines. Si tout se joue au plan de la « chair », en effet la promesse de Jésus est délirante.

En d’autres termes, cela vous scandalise parce que vous ne songez qu’à la nature humaine du Fils de l’Homme. Vous serez bien étonnés quand vous le verrez prendre possession de la place qui appartient à son être spirituel : « Et quand vous verrez le Fils de l’Homme monter là où il était auparavant ? » C’est précisément cet être spirituel qui doit vous mettre sur la voie.

Les paroles de Jésus ne prennent leur sens que pour ceux qui s’ouvrent au souffle de l’Esprit, cet Esprit que seul le Père peut donner, à condition de l’accueillir en nous dépouillant de nos propres points de vue humains. Sinon, tout reste charnel avec ce que ce mot indique de faiblesse et d’incapacité à entrer dans les vues de Dieu.

Pour venir à Jésus, non pas avec une foi humaine, une conviction sentimentale dans son admiration, mais avec une foi surnaturelle, la foi véritable, il faut cette action conjointe de nous-mêmes en réponse au don du Père.

S’adressant à Nicodème, Jésus avait donné un enseignement très net sur ce point : « Nul, s’il ne naît de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair. Ce qui est né de l’Esprit est Esprit. » (Jean 3. 5 et 6) La foi n’est pas affaire de conviction humaine mais de disponibilité à Dieu. Saint Jean ne sépare jamais l’adhésion au Christ de la fidélité au Père dont nous acceptons le don : « Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » (Jean 14. 1) « Personne ne peut venir à moi si cela ne lui est donné par le Père. » (Jean 6. 65)

LA FOI DE L’EGLISE

En contraste avec tous ceux qui s’éloignent, Pierre adhère au Seigneur, en son nom personnel, mais aussi au titre du ministère spécial qui sera le sien dans l’Eglise. Dans l’Evangile de saint Jean, il n’a pas reparu en personne depuis que Jésus lui a donné ce nom de Pierre (Jean 1. 43). Ici, il parle avec assurance au nom des apôtres, les Douze, que Jésus questionne. Sa réponse est inspirée par tout le discours sur le pain de vie. Les paroles de Jésus sont esprit et vie (verset 63).

Après sa question : « A qui irions-nous ? » qui retentit presque comme un reproche affectueux, comme si le Maître avait pu supposer qu’ils en cherchaient quelque autre, Pierre ajoute une profession de foi formelle. Les autres s’éloignent parce qu’ils ne croient plus. Les Douze ont cru et croient encore, et même bien plus cette foi leur donne le savoir : « Nous savons que tu es le Saint de Dieu. » Ils refusent de quitter le Christ.

Pourtant à l’heure de la Passion, leur désir de suivre le Seigneur fléchira. Avant le don de l’Esprit, nul ne peut suivre le Christ jusque là. Mais une fois « revenu, converti » (Luc 22. 32) Pierre pourra confirmer ses frères qui reviennent eux aussi, sauf celui qui a livré le Maître.

***

Le « nous » de la profession de Pierre exprime l’adhésion provisoire et imparfaite des Douze. Elle est comme la nôtre, une adhésion faite de renouvellements permanents par delà nos fléchissements, s’ils ne sont pas un abandon et un rejet.

A nous de faire nôtre cette prière.

« Dieu qui peux mettre au coeur de tes fidèles un unique désir, donne à ton peuple d’aimer ce que tu commandes et d’attendre ce que tu promets, pour qu’au milieu des changements de ce monde, nos cœurs s’établissent fermement là où se trouvent les vraies joies. » (Prière d’ouverture de la liturgie)

Père Jacques Fournier
En proposant diverses lignes de réflexion, ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon le "charisme", une ou plusieurs méditations. Leur auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu. Ces textes peuvent également servir à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir, chaque paragraphe formant un tout en soi.
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