L’engagement des chrétiens : entre Joie et Espérance

Du 1er au 5 juillet 2013, le diocèse de Tours a organisé une université d’été à l’abbaye de Saint Jacut-de-la-Mer (22). Le thème revisite la constitution pastorale du Concile Vatican II « Gaudium et Spes » écrite par Paul VI en 1965. Une invitation à s’interroger, avec Mgr Gérard Defois, sur la responsabilité politique des chrétiens.
 
A la suite de la démarche Diaconia 2013 et des 50 ans du concile Vatican II, le diocèse de Tours a voulu mettre en valeur la Doctrine sociale de l’Eglise. Lors de son université d’été, les différentes expériences politiques et professionnelles de la quarantaine de participants ont enrichi les réflexions.
Le père Jean-Marie Onfray, délégué à la culture de Tours a organisé et animé cet événement pour donner « quelques repères pour l’engagement des chrétiens ».

Parmi les intervenants, le père Christophe Raimbault, bibliste, enseignant notamment à l’Institut catholique de Paris (ICP), doyen de Tours sud, a mis en perspective l’attitude des chrétiens face au pouvoir politique dans le contexte actuel. Il s’est appuyé sur l’exemple de Saint Paul, comme une inspiration afin d’agir en faveur du bien commun. M. Alain Cabantous, professeur émérite d’histoire moderne à l’ICP et à l’Université de Paris I a apporté sa compétence historique. Cette dimension sur l’engagement politique des chrétiens a complété les différentes approches biblique, sociologique, pastorale et éthique.
 

La Pensée sociale de l’Eglise : un projet d’avenir

Archevêque émérite de Lille, Mgr Gérard Defois est aussi sociologue, et président de Justice et Paix Europe de 2008 à 2011. Il a présenté « l’engagement social de l’Eglise » à partir de la constitution pastorale du Concile Vatican II « Gaudium et Spes (Joie et espérance) » (1965) de Paul VI. « Un des textes les plus difficilement accepté mais riche de conséquences » selon Mgr Defois. Il a revisité ces quatre ans d’écriture « mouvementée » de « la demande de Jean XXIII jusqu’à la dernière mouture ».

Ce texte replace l’homme au cœur de la société face aux différentes dimensions du quotidien : la famille, la vie culturelle, économique, sociale, politique… Elle tente de répondre à la manière dont l’Eglise prend sa place dans la société actuelle en poursuivant la recherche de la vérité et du bien commun. « L’Eglise accompagne la recherche de sens et collabore avec tous ceux qui servent l’homme, explique Mgr Defois. Il n’est pas question de prosélytisme mais de participer au quotidien de la vie des gens, au cœur des enjeux des changements. Il est intéressant de voir dans « Gaudium et Spes » comment cette quête de l’époque a cheminé à travers difficultés et espérance. L’homme cherche qui il est et à mieux connaître sa personnalité en regardant le Christ ».

Les chapitres de cette constitution pastorale se basent sur la réalité en vigueur à un certain moment de l’histoire de l’homme. « Il faut les réécrire à partir du monde d’aujourd’hui, invite Mgr Defois. Par exemple, la famille à l’époque où la vie économique était florissante est différente de celle d’aujourd’hui. La Pensée sociale de l’Eglise est à reprendre pour la vivre comme un projet d’avenir et non comme des faits du passé ».
 

Sur le même thème