Birmanie : la Conférence épiscopale birmane lance un appel à la paix et à la réconciliation

Les Missions étrangères de Paris (MEP) ont relayé cette semaine l’appel de la Conférence épiscopale birmane (CBCM). Elle appelle tous les acteurs des événements politiques en cours en Birmanie au dialogue et à la réconciliation. Dix évêques birmans ont publié un appel à la paix face à l’escalade des violences entre la junte et les manifestants contre le coup d’État. Le 21 février, après le décès de plusieurs manifestants à Mandalay, les évêques birmans se sont adressés aux dirigeants en les appelant au dialogue et souhaitant le retour de la démocratie. Le message est signé par le cardinal Bo, président de la CBCM, par Mgr John Saw Yaw Han et par d’autres évêques du pays.

À nos chers frères et sœurs de Birmanie, et à tous ceux qui sont au pouvoir, tous nos vœux de paix à chacun d’entre vous. Nous, évêques catholiques, représentons seize diocèses répandus dans tout le pays. Nous adressons particulièrement cet appel à ceux qui sont au pouvoir, en les appelant à la mesure dans la rue, et lançant un appel au dialogue. Ce message est publié avec une profonde angoisse et avec douleur face au sang versé [lors des manifestations contre le coup d’État, ndlr]. Le choc des derniers événements a apporté beaucoup de tristesse et de souffrance dans notre pays. La vision déchirante de jeunes en train de mourir dans la rue blesse la conscience d’une nation. Ce pays est parfois appelé la « terre d’or ». Ne laissons pas verser le sang de nos frères sur cette terre sacrée ; nous ne voulons plus voir les parents enterrer leurs enfants. Il y a tout juste un mois, le pays avait au cœur une grande promesse : des rêves de paix durable et d’une démocratie solide. Malgré les conséquences de la pandémie mondiale, le pays a organisé des élections. Le monde a admiré notre capacité à les maintenir et à les gérer malgré nos différences.

Aujourd’hui, le monde pleure avec nous, alors que nous sommes attristés de voir notre nation une nouvelle fois divisée. Nos jeunes méritent mieux. Avec des prières dans nos cœurs, nous appelons tous les acteurs au dialogue. Nous appelons à un nouvel éveil spirituel, et à investir toute notre énergie dans la réconciliation. La guérison doit commencer par la libération des dirigeants civils détenus. Nous nous joignons aux appels à la paix de la « Ma Ha Na » [la Sangha Maha Nayaka, la plus haute autorité du clergé bouddhiste birman] et nous demandons aux dirigeants d’écouter leurs avertissements : « La Birmanie peut finir par être reléguée à l’histoire et être rayée de la carte si nous ne parvenons pas à régler nos problèmes d’une façon pacifique ! » Il est urgent de renoncer à la violence. Le passé nous a appris que la violence ne gagne jamais ; 72 ans après l’indépendance, ceux qui sont au pouvoir doivent s’engager pour la paix. Donnez une chance à la paix. La paix est possible, et c’est la seule issue. Avec nos prières et tous nos vœux pour la paix.

Source : Missions étrangères de Paris

Encore une  fois et avec tant de tristesse, je ressens l’urgence d’évoquer la situation dramatique en Birmanie, où tant de personnes, surtout des jeunes, sont en train de perdre la vie pour offrir de l’espérance à leur pays

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