Homélie de l’Office de la Croix glorieuse par Mgr Aupetit

Office de la croix glorieuse

Voilà une fête bien étrange. Comment peut-on glorifier une croix ? La croix est un instrument de torture inventé par les hommes pour faire souffrir et pour faire mourir. La plupart d’entre nous ose arborer une croix, quelquefois par dévotion d’autres fois parce que c’est simplement la mode.

Imagine-t-on les américains se promener avec une chaise électrique autour du cou ? Ou bien les zélateurs de la république avoir une guillotine en pendentif ?

Car il faut bien le dire, la croix n’est pas à l’honneur de l’humanité qui l’a inventée.

Ce qui est extraordinaire c’est que cette croix a été visitée par Dieu. Le Verbe éternel de Dieu, son Fils Jésus s’est laissé clouer à la croix. En recevant la visite de Dieu auquel elle n’était pas destinée, la croix a été transfigurée. Elle a été transfigurée par l’amour.

En effet, Dieu seul pouvait faire d’un instrument de mort un instrument de vie.

Dieu seul pouvait faire un instrument de haine un instrument d’amour.

Voilà pourquoi cette croix est devenue notre gloire. Voilà pourquoi nous sommes fiers de la porter et de la fêter. Ce que nous fêtons, c’est l’amour de Dieu qui est allé jusque-là, cet amour inconditionnel capable de tout transformer.

C’est pourquoi aussi nous sommes tous réunis ici à Lourdes. Chacun de nous porte une croix. Cette croix peut être extrêmement lourde. Mais si nous sommes ici à l’appel de la Vierge Marie, c’est parce que nous croyons à cet amour de Jésus qui est capable de tout transformer, de tout transfigurer.

C’est Marie, notre mère, qui nous dit : « faites tout ce qu’il vous dira ». C’est la confiance que nous avons en elle qui nous assure que son Fils Jésus nous aime infiniment, qu’il est tout proche de nous et qu’il porte avec nous cette croix qui nous écrase.

De la même manière qu’il a accepté qu’un homme, Simon de Cyrène, porte sa croix derrière lui afin que l’humanité participe à son propre salut, Jésus porte avec nous notre croix  quel qu’en soit le poids car rien ne peut rebuter son amour.

Aujourd’hui, nous sommes tous réunis pour nous porter aussi les uns les autres, pour être Simon de Cyrène les uns pour les autres.

La faiblesse ne nous empêche pas d’aimer et de nous aimer.

Rappelez-vous Jésus sur la croix ne pouvait bouger ni les bras ni les jambes. Et pourtant c’est à ce moment-là qu’il a sauvé le monde. A ce moment-là qu’il a ouvert les portes du ciel au larron qui se tournait vers lui avec foi et qu’il a pardonné à ceux qui le crucifiaient.

Notre vocation c’est l’amour et il n’existe pas de handicap qui nous empêche d’aimer.