Neuf groupes sont au travail contre les violences, agressions sexuelles, abus de pouvoir et de conscience au sein de l’Église

Dans le cadre de la lutte contre les violences et agressions sexuelles et les abus de pouvoir et de conscience au sein de l’Église et suite aux résolutions votées par les évêques de France réunis en Assemblée plénière le 8 novembre 2021, neuf groupes de travail composés de laïcs, diacres, prêtres, évêques, personnes consacrées dont des personnes-victimes ont été constitués.

De qui se composent ces groupes de travail ?

Dès la constitution des groupes de travail, il s’est agi de veiller au respect d’équilibres essentiels : présence de personnes victimes-témoins, parité femmes-hommes, variétés des états de vie, variété des régions, variétés des expériences, etc. Ce sont les diocèses qui dans la grande majorité des cas, ont proposé de possibles volontaires.

Les groupes de travail sont composés d’un peu plus de 100 personnes qui se sont rendues disponibles pour un cheminement authentiquement synodal : femmes et hommes à parité, venant de toute la France (60% hors Ile-de-France) et de multiples états de vie (2/3 de laïcs, 1/3 de religieuses, religieux, prêtres et évêques), riches de multiples expériences dans la société et dans l’Eglise, forts de compétences et de sensibilité variées.

Comme précisé dans les termes même de leur mission, ces groupes sont composés notamment de personnes victimes-témoins, avec un statut très clair de membres à part entière, et pas seulement de personnes auditionnées. C’est une douzaine de personnes ayant été victimes d’abus, dont les noms ont été proposés par des collectifs de victimes, qui ont rejoint les groupes de travail. Au fil du temps, d’autres membres ont eu le courage de partager à ceux avec ils cheminaient avoir eu également à souffrir de telles expériences. L’apport inestimable, et souvent douloureux, de chacune et chacun de ces membres aux réflexions des groupes ne sera jamais trop souligné.

Enfin, afin d’en faciliter le fonctionnement, chaque groupe a été confié à un pilote choisi pour la richesse de son expérience personnelle et/ou professionnelle, son intérêt pour la lutte contre les abus et son implication reconnue dans l’Eglise. Ce sont les pilotes, en lien avec le coordinateur qui ont appelé chacun des membres de leurs groupes.

Quel est le rôle du coordinateur ?

Missionné lui aussi par les évêques, le coordinateur est au service des pilotes et des groupes de travail. Il veille à ce qu’ils puissent mener à bien leurs travaux dans les meilleures conditions possibles, et organise des échanges réguliers entre les pilotes afin que chacun perçoive la façon dont les autres progressent.

Le coordinateur assure, en outre, le lien avec le Secrétariat général de la Conférence des évêques de France et son Conseil permanent. Il prend soin également de la bonne coordination des travaux avec la CORREF, avec laquelle certains groupes sont « communs » et qui elle-même à ses propres groupes de travail. Enfin, le coordinateur a également pour rôle de garantir la totale liberté des groupes dans la conduite de leurs travaux et de leurs réflexions.

Comment les groupes travaillent-ils ?

Chaque groupe a choisi la méthodologie de travail qu’il souhaitait appliquer : nombre d’entre eux ont travaillé en sous-groupes lorsque cela avait un sens (par exemple le GT2), pour beaucoup des réunions en présentiel et en « visioconférences » se sont alternées, certains ont privilégié les sessions de plusieurs jours réunis au même endroit. La quasi-totalité des groupes ont souhaité élargir encore leur réflexion grâce à de nombreuses auditions ; il s’en sera probablement réalisé (plus de 150 auditions au total).

Afin d’affiner son analyse et ses propositions de décisions, chaque groupe a également eu des temps de travail et d’échanges multiples : avec une quinzaine d’évêques en « carrefours » lors de l’Assemblée plénière d’avril 2022, avec une Province ecclésiastique plus récemment, avec les groupes de travail de la CORREF et enfin avec d’autres groupes. Dans la même logique, deux groupes de travail ont pu partager leurs réflexions avec une quarantaine de prêtres, tous secrétaires généraux de conseils presbytéraux venant de toute la France.

« encore des groupes de travail ! » des propositions concrètes vont-elles affleurer ?

On pourrait presque dire que c’est l’unique objectif des groupes de travail : faire émerger des propositions concrètes ! Depuis le premier jour, tout le travail (plus de 200 réunions) vise à cela, ce qui a évidemment nécessité de conduire une réflexion exigeante, de procéder à de nombreuses auditions (plus de 160), échanger beaucoup. Les groupes ont misé sur le fait que ce sont bien des décisions concrètes, ayant un impact sur « le terrain » et dans la vie de l’Eglise qui seront prises afin d’amplifier encore tout ce qui peut lutter contre les abus.

Quel est le rendu attendu ?

Les réflexions des groupes de travail n’ont pour objectif que de fonder, étayer et expliquer des propositions. Aussi, le rendu des travaux prendra pour l’essentiel la forme de propositions accompagnées des éléments de réflexion destinés à les éclairer.

Il est probable qu’au-delà des propositions spécifiques qui seront faites par chacun des neuf groupes de travail, se dégagent des lignes de force communes à plusieurs groupes, peut-être même à tous. Il reviendra aux membres des groupes de travail de les mettre en exergue.

Le travail de restitution se fera à l’occasion de l’Assemblée plénière de mars 2023. Il s’agira non pas d’un simple temps de présentation, mais d’un temps de travail commun, mené en collaboration avec l’ensemble des cent évêques de France réunis à l’occasion de cette Assemblée. Un temps proprement « synodal », à l’image de la démarche souhaitée par les évêques et mise en place par les membres des groupes de travail.

Que deviendront les groupes après mars 2023 ?

Après l’Assemblée plénière, les groupes de travail auront rempli leur mission et n’auront plus de raison d’être dans le cadre particulier qui leur avait été fixé.

Quelles étapes ont marqué l’avancement du travail en 2022-2023 ?

Mars 2023 : les Groupes de travail ont synthétisé leur réflexion dans un document préparatoire à l’Assemblée plénière et se préparent lors de celle-ci, les 28 et 29 mars 2023, à deux intenses séquences de travail avec les évêques. Ce sont 75 membres des groupes de travail qui seront sur place à Lourdes pour échanger, travailler, croiser les points de vue avec les évêques de France sur le résultat de leur travail et surtout sur les propositions de décisions auxquelles ils sont parvenus. Ce temps à Lourdes permettra de mettre la dernière main à la riche année vécue par les quelques 100 membres des groupes de travail – plus de 200 réunions et plus 160 auditions – au service d’une réelle culture de la prévention, d’une lutte toujours plus engagée contre les « abus » et d’une Église « maison sûre ».

Décembre 2022 – Janvier 2023 : tout en continuant leur réflexion, réunions de travail et auditions, les neuf Groupes de Travail (GT) entament une nouvelle période qui sera marquée à la fois par de multiples rencontres et par les premiers travaux de synthèse. Rencontres multiples avec les Provinces ecclésiastiques, mais aussi avec des Conseils Nationaux, avec la CORREF, et le Conseil Permanent de la CEF. Autant de rencontres et d’échange qui enrichissent la réflexion et préparent les futures décisions. Premiers travaux de synthèse, car la « dernière ligne droite » approche, puisque le travail des GT sera reçu par les évêques lors de l’Assemblée plénière de mars 2023. Il s’agit, désormais, pour chaque GT de rassembler ses idées, de faire émerger les propositions concrètes et documentées, issues de presqu’un an de travail, pour lutter contre les « abus ».

Novembre 2022 : temps fort pour les groupes de travail à l’occasion de l’Assemblée plénière épiscopale d’automne : la matinée entière du 7 novembre a été consacrée au travail avec les évêques. Ce temps de travail a pris la forme de 9 sous-groupes, un par groupe de travail, réunissant de 12 à 15 évêques et un binôme représentant le groupe de travail. Objectif : partager avec les évêques la manière dont les thèmes confiés aux groupes ont été abordés dans une sorte de premier bilan d’étape.

Octobre 2022 : le nombre d’auditions faites par les groupes de travail afin d’élargir le champ de leur réflexion atteint désormais 110. Ce travail va encore se poursuivre.

Août à septembre 2022 : premières réflexions concernant la forme de la future restitution des travaux qui interviendra en mars 2023. Objectif : à la fois proposer des transformations très concrètes et rendre compte de la profondeur des analyses conduites par les groupes de travail.

Juillet 2022 : l’équipe de coordination des groupe de travail rencontre et échange avec des membres du Dorothy, des personnes en situation de précarité et des jeunes professionnels ou étudiants concernés par le sujet de la pédocriminalité dans l’Eglise

Juin et juillet 2022: les groupes de travail procèdent multiples auditions afin d’élargir l’horizon de leur réflexion

Mai et juin 2022 – Plusieurs groupes de travail reçoivent des membres de la CIASE

Mi-mai 2022 – Ouverture d’un formulaire de contact en ligne [désormais désactivé]

Mi-mai 2022 – Lancement d’un groupe de réflexion visant à recueillir spécifiquement la vision de jeunes et des jeunes professionnels sur la lutte contre la pédocriminalité dans l’Eglise

6 avril 2022 – M. Hervé Balladur, Coordinateur des groupes de travail, est reçu par les évêques de France réunis en Assemblée plénière.

1er avril 2022 – Lancement du site de suivi des mesures contre les agressions et violences sexuelles

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