Sur des chemins de fraternité

Echos du Congrès de l’aumônerie Catholique des Prisons. Lourdes 12-14 octobre 2018

Il est des images qui parlent plus fort que les mots : les aumôniers nationaux, protestant, bouddhiste, musulman, participant à la procession mariale avec nous ou assistant à la messe de clôture du Congrès après un temps de recueillement où chacun a invité les autres à entrer dans sa démarche spirituelle.

Même si vivre la fraternité n’est pas évident quand on est détenu dans un cadre de promiscuité et de violence, on peut dire que les aumôneries diverses ont le projet de travailler à l’apaisement en détention, à l’écoute mutuelle et à la compréhension des différences.

Avec six autres cultes reconnus par l’Administration Pénitentiaire, l’Eglise Catholique doit se repositionner dans ce contexte. Elle ne le fait pas dans une attitude de repli identitaire frileux, mais en cherchant ce qu’elle peut proposer avec les autres pour vivre-ensemble « moins mal » en détention. Elle est amenée aussi à réfléchir à ses fondamentaux : que signifie « être envoyé à tous » quand d’autres traditions religieuses ont aussi une prétention universaliste ? Quelle est la limite entre mission et prosélytisme ?

Par différents ateliers, forums, conférences, autour de témoins de terrains et d’experts théologiques ou sociologiques, les 500 participants ont pu relancer leur réflexion, faire une véritable expérience de communauté heureuse de sa mission qui pourrait être un laboratoire pour toute l’Eglise qui est en France.

Jean-François Penhouët, aumônier général catholique des prisons