“Vivre au quotidien le sacrement du frère est primordial”

Selon le Père Vincent Feroldi, Directeur du Service National pour les Relations avec les Musulmans au sein de la Conférence des évêques de France, il est “primordial de vivre au quotidien le sacrement du frère”.

P. Vincent FEROLDIL’année 2020 a été marquée avant tout par une pandémie qui a obligé les croyants de toutes les traditions religieuses à modifier leur manière de vivre leur foi, en particulier au niveau du culte, de la prière, de la célébration des grandes fêtes religieuses et des grands moments de la vie que sont la naissance, le mariage ou l’engagement dans une vie religieuse, et la mort.

Le confinement, les limites de nombre imposées par des règlementations, le nombre de malades et de décès ont obligé les uns et les autres à réfléchir au sens que donnait chacun au rassemblement communautaire et à telle ou telle forme de prière. Ainsi, les chrétiens eux-mêmes ont découvert leur diversité, chaque Église ne réagissant pas de la même façon aux événements et ne retenant pas les mêmes essentiels. De plus, l’équilibre entre la citoyenneté et la croyance et le rapport à l’autorité n’ont pas été mis en œuvre de la même manière.

Pour les catholiques français, s’est posée la question de la célébration de l’eucharistie et du rassemblement dominical. Si la France peut se prévaloir d’un nombre très important de cathédrales, basiliques, églises et chapelles, elle doit également faire face à une indifférence religieuse croissante, à une baisse très importante de la pratique et à une forte diminution du nombre de prêtres. Depuis bien des années, très nombreuses sont les communautés paroissiales qui ne peuvent se retrouver chaque semaine. Les fidèles ont eu à trouver de nouveaux chemins pour se nourrir spirituellement aux Tables de la Parole et du Pain de Vie et pour se mettre à l’écoute du Christ.

15 mai 2018 : Grande mosquée de Paris vue de l'intérieur, lors de la Nuit du doute à la grande mosquée de Paris (75), France.

Face à l’adversité, fruit de la pandémie, il est à noter que nos frères et sœurs musulmans ont mis en premier la protection de la vie et ont renoncé non seulement à se rendre à la mosquée, mais encore aux temps très importants des retrouvailles familiales et amicales au moment des fêtes religieuses. Leurs guides spirituels (imams, président des associations cultuelles, penseurs musulmans) ont eu soin de mettre en avant les différentes manières possibles pour continuer à vivre en bon musulman dans un tel contexte. Ils n’ont pas eu peur d’innover, de proposer, de soutenir, de dynamiser, d’interpeler aussi les pouvoirs publics sur la question des rites funéraires… Il fallait « faire avec » et aller de l’avant pour une communauté où la relation à Dieu s’exprime essentiellement dans une relation personnelle et individuelle.

Ce témoignage a donc été interpellation pour redécouvrir que bien des chrétiens aujourd’hui vivent des situations bien plus éprouvantes que celles que nous rencontrons actuellement en France. Or, dans cette adversité, ils savent que Dieu ne les abandonne pas. L’Esprit vient féconder leurs cœurs pour trouver les mille et une manières où ils pourront rencontrer Celui qui est Chemin, Vérité et Vie, se mettre à son écoute et se nourrir de ce Christ, Parole vivifiante et Pain de Vie. Là est l’essentiel, à l’heure où vivre au quotidien le sacrement du frère est primordial.

Vincent Feroldi, Directeur du Service National pour les Relations avec les Musulmans

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