Homélie du dimanche 12 mai

Dimanche 12 mai 2024
7e dimanche du Temps pascal

Références bibliques :
Les Actes des Apôtres. 1. 15 à 26 : «Avec nous, témoin de sa résurrection
Psaume 102 : «Béni son nom très saint, tout mon être !»
Lettre de saint Jean : 1 Jean 4. 11 à 16 : «Son amour atteint en nous sa perfection ».
Evangile selon saint Jean. 17. 11 à 19 : «Qu’ils soient consacrés en vérité.»

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La prière de Jésus à son Père ne peut être reçue dans votre vie que par une longue méditation spirituelle. Ici Jésus se situe au cœur de l’unité divine, ou plus exactement, Jésus lui dit que nous, ses disciples, nous pouvons atteindre cette unité et la vivre en vérité.

PERE SAINT

La sainteté n’est pas une séparation du profane. En Dieu, rien ne peut être négatif. La sainteté, c’est la pureté dans sa plus haute perfection.

Il le leur a dit : «Soyez parfaits comme mon Père.» (Mt 5. 48) Au soir du Jeudi-Saint, Jésus demande à son Père que ses disciples, à leur tour, aient et gardent cette perfection, cette « sanctification » (Jean 17. 17).

Ils ont une foi solide mais il faut qu’ils y persévèrent « dans ton nom ». L’adhésion à la connaissance qu’ils avaient de Jésus, doit être aussi l’adhésion à la connaissance de Dieu. C’est dans ce sens qu’il leur a appris à le dire dans le «Notre Père.»

Désormais, il faut qu’ils vivent au quotidien selon la connaissance qu’ils ont de Dieu, par Jésus. Le lien qui unit le Père et le Fils, doit être et sera aussi le leur.

Ce nom, cette connaissance, les gardera dans l’unité. Ils pourront être, entre eux aussi, une seule communauté d’esprit et d’âme, parce que cette communauté est constituée par l’unité qu’ils vivent en l’unité du Père et du Fils. «Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous.» (1 Jean 4. 12)

VIVRE DANS LE MONDE

Dans cette prière à son Père, Jésus ne dissocie pas son humanité de sa divinité. Durant sa présence immédiate auprès d’eux, il les gardait dans cette fidélité. Mais il rejoint son Père, sans pour autant être absent de ce monde. Dieu n’est jamais absence. Il est parfois silence pour qui ne sait pas entendre. Il est toujours présence, même quand elle difficile à pressentir.

Ce qu’il demande pour eux, c’est que soit en eux la joie intense qui est celle de la vie trinitaire, du Père et du Fils et de l’Esprit. Une joie parfaite. (Jean 3. 29) comme la sienne. Une joie en plénitude.

S’il est venu dans le monde, c’est pour accomplir la mission que le Père lui a confiée. A leur tour, ils sont chargés d’une mission. Il ne demande pas qu’ils quittent ce monde, sinon ils ne pourraient pas la remplir (Jean 13. 1), puisque lui-même est venu pour elle dans le monde. Il suffit que le Père les préserve des mauvais éléments qui sont dans le monde. L’unique nécessaire est de les préserver de la contagion du mal.

La traduction liturgique a pris le parti de personnifier ce mal en parlant du Mauvais. Ni saint Augustin, ni saint Jean Chrysostome ne veulent commenter ainsi ces paroles de Jésus. Pour eux, il serait étrange que Jésus regarde ses disciples comme une sorte d’enjeu entre son Père et Satan, comme si les disciples n’avaient à se préoccuper que des tentations diaboliques.

Certes, l’influence du démon n’est pas à perdre de vue. Mais, dans son commentaire de ce passage, saint Thomas d’Aquin rappelle que ce monde n’est pas entre les mains du Malin, du Mauvais.

Ce «monde» dont parle Jésus doit être pris dans les deux sens qu’il utilise. Tantôt c’est toute l’humanité dans laquelle Jésus vient. (Jean 3. 17) Tantôt c’est l’humanité qui se révèle comme  hostile parce qu’elle ne comprend pas les choses d’en haut.

De toute façon, nous sommes dans le monde, sans en être, sans en avoir l’esprit limité. Dans les versets 14 à 16, les deux sens se côtoient. La prière de Jésus à son Père les éclaire : «Ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde.»

UNE CONSECRATION

Cette affirmation que ni Jésus ni ses disciples ne sont du monde, prépare la prière des versets 17 à 19. Pour agir sur le monde et dans le monde, sans en être, c’est-à-dire en étant à l’abri de sa contagion, il faut que les disciples reçoivent une consécration.

En les rapprochant de Dieu, cette consécration les fait participer à sa perfection transcendante. C’est l’aspect positif de la sainteté. Ils ont reçu la parole, le «logos», le Verbe de Dieu qui s’est fait chair et qui a habité parmi nous. (Jean 1. 14)

Le début de l’évangile de Jean est à mettre en relation avec la prière que nous méditons. Les phrases se répondent  de l’une à l’autre et, par là, nous éclairent. «Le monde n’a pas connu la lumière… Elle vint dans son propre bien … elle n’a pas été accueillie (Jean 1.10 et 11) «Ils ne sont pas du monde, comme moi…consacre-les par la vérité.» (Jean 17. 16) « La Parole pleine de grâce et de vérité. » (Jean 1. 14)

Jésus demande donc à son Père de les faire participer à la perfection transcendante qui est la sienne. Le caractère de la Parole qu’il est, et qu’il tient du Père, c’est d’être la vérité. Puisqu’il les charge de participer désormais à une mission analogue à celle du Fils (Jean 10.36 et Jean 17. 18), ils doivent aussi participer à la sainteté divine. Il les a choisis pour qu’ils portent un fruit qui demeure.

Jésus s’est consacré en vérité. Il demande à son Père de les consacrer, de les sanctifier « en vérité ». Le verset 17 dit «dans la vérité». Le verset 19 supprime l’article pour signifier que cette consécration n’est pas extérieure, mais qu’elle l’est véritablement, intimement, en réalité. Les lettres de Jean développent cette affirmation à plusieurs reprises : 1 Jean 4. 16 – 2 Jean 1. 2 – 3 Jean 1. 3.

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Durant cette réflexion, nous avons parlé des disciples. Il nous suffirait maintenant de remplacer les mots « disciples », « ils » ou « eux », par « nous » pour que nous nous sentions  pleinement concernés par cette prière de Jésus.

Pour que nous en ressentions aussi toutes les exigences.

année liturgique B