Homélie du dimanche 28 octobre

30éme dimanche du Temps ordinaire

Références bibliques:

Première lecture « L’aveugle et le boiteux, je les fais revenir » Jr 31, 7-9
Psaume Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête ! Ps 125 (126), 1-2ab,…
Deuxième lecture « Tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité » He 5, 1-6
Évangile « Rabbouni, que je retrouve la vue » Mc 10, 46b-52

***

Dimanche dernier, Jésus nous était présenté comme le « Serviteur souffrant » (Isaïe 53. 10 et 11) Aujourd’hui, la deuxième lecture nous le présente sous deux figures bibliques, Aaron et Melkisédek, qui ont préparé le grand-prêtre accompli qu’est Jésus, Fils de Dieu et notre frère.

AARON

… choisi par Dieu.

Aaron est l’ancêtre de la lignée sacerdotale, mais il ne faut pas voir en lui simplement, ni même principalement, un sacrificateur. Il est donné comme un aide à Moïse, quand celui-ci, est envoyé par Dieu auprès du Pharaon pour réclamer la libération du Peuple. C’est Dieu qui le désigne et le donne à Moïse à la fin du dialogue entre Dieu et Moïse, lors de la vision du Buisson ardent, dans le désert, quand Dieu se révèle

« Je t’en prie, Seigneur, je ne suis pas doué pour la parole. – Je suis avec ta bouche et je t’enseignerai ce que tu devras dire. –Je t’en prie, Seigneur, envoie-le dire par qui tu voudras. – N’y a-t-il pas ton frère Aaron, le lévite ? Je sais qu’il a la parole facile. Et moi je suis avec ta bouche et avec sa bouche. Lui parlera pour toi au Peuple. Il sera ta bouche et tu seras son ‘dieu ‘. (Exode 4. 10 à 16)

Nous voyons Aaron, sur l’ordre de Moïse, accomplir un rite d’absolution pour le peuple, par une offrande d’encens (Nombres 17. 12). Le plus souvent, il nous apparaît en prophète subordonné à Moïse qui lui est le prophète par excellence.

… une mission prophétique.

Toute mission prophétique comporte deux faces : recevoir la parole de Dieu, puis l’annoncer. Dans le couple Moïse-Aaron, le premier est celui à qui Dieu parle en direct et le second est celui qui transmet. Dans la plupart des cas, ce couple Moïse-Aaron est resté solidaire, comme cela s’exprime par la belle image où l’on voit Aaron soutenir les bras de Moïse priant pour la victoire du Peuple contre les Amalécites (Exode 17. 10) Ils seront solidaires également dans l’insuffisance de leur foi et ni l’un ni l’autre, de ce fait, ne pourront entrer dans la Terre Promise (Nombres 20. 12)

… malgré sa faiblesse.

Une fois, pourtant, Aaron agira indépendamment de Moïse, se prévalant de son rôle d’adjoint prophétique. Tandis que celui-ci reste sur la Montagne sainte durant quarante jours et quarante nuits, le peuple s’impatiente et requiert d’Aaron qu’il se comporte comme un bon prêtre qui doit satisfaire les aspirations religieuses de la communauté. « Fais nous des dieux. » lui est-il demandé (Exode 31. 1). C’est l’idolâtrie du Veau d’Or qui n’a rien à voir avec la condamnation du métal précieux.

D’Aaron, la lettre aux Hébreux n’aura aucune peine à dire qu’il « est bien en mesure de comprendre ceux qui pèchent par ignorance ou par égarement, car il est, lui aussi, rempli de faiblesse. » Et malgré cette imperfection, Dieu ne rejette pas Aaron : l’appel de Dieu est sans repentance.

Un jour, d’autres membres de la tribu de Lévi à laquelle appartient Aaron se révoltent contre Moïse et contre lui, refusant leur médiation : « En voilà assez ! tous les membres de la communauté sont des saints et le Seigneur est au milieu d’eux. De quel droit vous élevez-vous au-dessus de l’assemblée du Seigneur. » (Nombres 16. 3)

Moïse leur répond : comme membres de la tribu de Lévi, vous êtes déjà associés de façon spéciale au culte. C’est un appel de Dieu. Vous n’avez pas à jalouser ceux qui en ont reçu un autre. Les révoltés sont châtiés et Dieu donnera un signe de l’élection dont Aaron est l’objet de sa part. (Nombres 17)

La lettre aux Hébreux résume : « On ne s’attribue pas cet honneur à soi-même. On le reçoit par appel de Dieu, comme Aaron. »

MELKISEDEK

Melkisédek est une figure fugitive de l’Ancien Testament. Une seule scène nous le montre (Genèse 14. 17 à 20). Le roi de Salem, identifiée par la tradition avec Jérusalem, est prêtre du Dieu Très-Haut, bien que n’appartenant pas au clan d’Abraham. Et il vient à la rencontre d’Abraham. En lui apportant du pain et du vin, il prononce une bénédiction et reçoit d’Abraham la dîme de tout son avoir.

Roi et prêtre.

Il s’agit donc d’un personnage à la fois royal et sacerdotal. Cela est dit explicitement. C’est comme prêtre qu’il prononce la bénédiction et reçoit la dîme. Dans cette ligne, la tradition chrétienne ne manquera pas de voir, dans le pain et le vin apportés, une figure du sacrifice eucharistique. A ce titre, Melkisédek est mentionné dans le canon romain de la messe (Prière eucharistique I)

Mais, dès avant l’ère chrétienne, la figure de Melkisédek avait été reprise par l’attente messianique. C’est le psaume 109/110, cité dans la lettre aux Hébreux : « Tu es prêtre pour toujours selon le sacerdoce de Melkisédek. »

Le psaume montre le Seigneur Dieu intronisant un « Seigneur » à sa droite. Dieu lui a donné et lui donnera de vaincre ses adversaires. Mais à ces traits royaux, le psaume ajoute le serment irrévocable de Dieu, désignant le même personnage comme prêtre « à la manière de Melkisédek. »

Selon certaines lignes de la pensée juive, le Messie sera à la fois roi et prêtre. Or, comme roi, le Messie est descendant de David, de la tribu de Juda. Il ne peut donc recevoir le sacerdoce d’Aaron, membre de la tribu de Lévi. C’est donc à un autre type de sacerdoce qu’il faut se référer : Melkisédek en fournissait le prototype.

Assimilé au Fils de Dieu.

Les chrétiens seront particulièrement sensibles au fait, inhabituel dans l’Ecriture biblique, que Melkisédek est présenté sans mention d’origine terrestre. Il l’est par son nom personnel qui veut dire « roi de Justice ». Il est en même temps désigné par le nom de la ville où il règne, Jérusalem, « roi de Paix ». Le voici donc, nous dit la lettre aux Hébreux (7. 3) « sans père, ni mère, ni généalogie, ni commencement pour ses jours, ni fin pour sa vie. » Ne serait-il pas alors « assimilé au Fils de Dieu » (Héb. 7. 3) ? Ce rapprochement qu’opère la lettre aux Hébreux se fait en reprenant un autre psaume qu’elle cite juste avant le psaume 109 : « Tu es mon Fils. Moi aujourd’hui je t’ai engendré. » (Psaume 2. 7)

Tout le chapitre 7 de la lettre aux Hébreux ne sera pas lu dans les liturgies du dimanche. Il faut cependant le reprendre dans son entier, car il approfondit le parallèle entre le sacerdoce de Melkisédek et celui du Christ que le roi de Salem annonçait de façon à la fois mystérieuse, mais plus vraie qu’Aaron et ses descendants.

Le Christ comme prêtre n’a pas de successeur. Il n’a que des frères dont certains sont, parce qu’il les a choisis, ses ministres et ses intendants.

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Comme Melkisedék offrit le pain et le vin à Abraham, « Nous t’offrons, Seigneur, le pain de la vie et la coupe éder en leur faveur. »

C’est à nous d’apporter notre réponse selon la prière d’ouverture de ce dimanche : « Accorde-nous de progresser sans que rien ne nous arrête vers les biens que tu promets. » « afin que, fortifiés par tes sacrements, nous devenions capables, avec ta grâce, d’entrer en possession des biens qu’ils promettent. » ajoute la prière qui conclut la communion de ce jour.

Père Jacques Fournier
En proposant diverses lignes de réflexion, ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon le "charisme", une ou plusieurs méditations. Leur auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu. Ces textes peuvent également servir à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir, chaque paragraphe formant un tout en soi.
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