Les questions posées par « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? »

Nous avons sélectionné quelques passages du document « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui? Éléments d’anthropologie catholique » que nous avons enrichis d’outils pour comprendre les enjeux majeurs liés à ces extraits.

Thème 1

Anthropologie catholique vignettes

« Créé et appelé par Dieu, chacun de nous est une personne. Cette affirmation comporte une part de mystère. La personne ne peut pas être définie comme un crayon ou une table parce qu’elle est créée à l’image et ressemblance de Dieu et porte quelque chose de son mystère. Mais il est possible de montrer ce que la personne possède en propre qui la rend supérieure à toute autre chose.

La personne est appelée par Dieu à se donner librement à lui. Sa liberté se détermine par sa raison. L’exercice libre de la raison rend la personne responsable, apte à écouter sa conscience pour y écouter Dieu, ce qui l’ouvre à la transcendance. La personne est appelée tout entière, corps, âme et esprit. »

  • Quelle conscience avons-nous de recevoir notre existence de Dieu ?
  • Qu’est-ce que cela induit et change dans ma vie ?
  • Comment cette vie reçue est-elle une « vocation » ?
  • Quelle image de Dieu rejaillit en moi en contemplant ce visage de Dieu Créateur ?
  • Comment comprendre la paternité de Dieu ?

Thème 2

3

« Parce qu’elle est dotée d’une conscience où Dieu lui parle, la personne est ouverte à la question religieuse. Depuis les origines, les civilisations humaines réflechissent à la signification de l’univers, à la destinée finale de l’homme, et à l’existence de Dieu. Ces recherches ont été marquées de bien des manières par le péché mais elles prouvent que l’homme est tourné vers le transcendant. Cette ouverture à la transcendance n’est pas l’apanage d’une élite. Tout au long de sa vie terrestre, Jésus a manifesté combien les petits, les pauvres sont également habités du désir de rencontrer Dieu et que justice leur soit rendue. L’ouverture à la transcendance appartient à tout homme. »

  • Est-ce que je comprends que mon existence s’inscrit dans un projet qui me dépasse ?
  • Quelle place Dieu tient-il dans ce projet ?
  • Qu’est-ce que la conscience ? Comment comprendre la phrase de Gaudium et Spes 16 ; « La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre » ?
  • L’ouverture à la transcendance concerne tout homme. Quelle place faisons-nous aux transcendantaux : le bien, le vrai, le beau ?

Thème 3

Anthropologie catholiquebandeaux FINITUDE

« Dieu n’appelle pas des surhommes aux performances invincibles. Il aime les hommes et les femmes que nous sommes, avec nos limites. Dans l’Évangile, c’est devant Jésus outragé et flagellé qu’est prononcée la parole «Voici l’homme» (Jn 19, 5). La dignité inamissible de l’homme n’est pas affirmée au sujet d’un héros performant au sommet de son succès, mais devant un homme affaibli. Jésus nous rejoint ainsi au cœur de toutes nos limites pour les porter avec nous dans la foi et la charité. C’est en acceptant notre finitude à la suite de Jésus Christ que nous nous accomplirons pleinement. En particulier, en manifestant notre solidarité envers ceux qui ont été blessés par la vie. Notre époque voit proliférer un culte de la performance, de la jeunesse éternelle, qui nous écrase. C’est à la fois inutile et blessant. Les faiblesses de l’homme ne s’opposent pas à sa dignité. Nier nos limites, c’est nous blesser en nous imposant un destin qui n’est pas le nôtre. C’est aussi rendre impossible la fraternité, ou la réserver à une élite de chanceux. Portons nos limites avec confiance pour nous ouvrir à une vraie réalisation de soi qui fera des merveilles. »

  • Que veut dire « consentir à sa finitude » ? Quelles répercussions cela a-t-il dans ma vie quotidienne ?
  • Est-ce que je perçois mes limites et celles des autres comme des lieux où peut s’exercer la solidarité ? Mes manques peuvent-ils être le lieu d’un nouvel appel à vivre selon l’Evangile ? (cf. CEC n° 1934 à 1938).
  • Où se trouvent aujourd’hui la réussite et le succès ? Comment porter, dans notre mission de baptisés, des critères de réussite qui soient évangéliques ?
  • Entendons-nous le consentement au réel comme une voie pour nous fait sortir d’une illusion sur nous-mêmes ? comme une possibilité de sortir d’une projection d’une image de soi rêvée et idéalisée ?
  • À la suite du Christ et de son abaissement (cf. Ph 2), comment puis-je trouver un nouvel élan pascal dans ma vie de baptisé ?

Thème 4

Anthropologie catholiquebandeaux

Tout en l’homme est humain. Nous ne sommes pas des animaux auxquels aurait été ajoutée une couche de spiritualité comme on ajoute un logiciel à un ordinateur. Les caractères les plus basiques de l’homme sont déjà humains. Le corps de l’homme manifeste déjà sa dignité, par sa station debout, ses mains préhensiles, la taille de son crâne et la taille de son bassin. L’homme ne manifeste pas seulement sa supériorité par la petite partie en lui qui est capable de raisonnement et de calcul. Le plaisir et la souffrance sont déjà spécifiques en l’homme. Ils s’accompagnent d’un « pourquoi ? » dans le double sens d’en vue de quoi et a` cause de quoi ? Par exemple, l’alimentation n’est pas chez l’homme un besoin seulement biologique. Elle s’accompagne de rites sociaux et de symboles. Le drame de la personne anorexique tient autant à sa difficulté à se tenir à table avec les autres qu’à sa difficulté à manger. S’il faut respecter la sensibilité animale, il est capital de voir qu’elle n’est pas la meˆme que celle de l’homme. En conséquence, tout être humain est une personne. Il n’est pas nécessaire de faire montre de capacités intellectuelles brillantes  ou d’une vie morale dévelopées pour être une personne. Il est excellent que des méthodes toujours plus affinées permettent aux hommes de développer leur rationalité ou leur capacité de méditation, mais cela ne constitue pas des conditions pour être compte comme personne. Respectons tout être humain comme une personne, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle. En particulier, respectons la vie de tout être humain car elle est dès l’origine porteuse de ces valeurs de la personne.

  • A l’heure où monte l’anti-spécisme, comment lisons-nous le premier récit de la création (Gn 1, 1 – 2, 4a) ? Comment comprendre que l’homme est le « sommet » de la création tout en étant en relation avec son environnement ?
  • L’homme est capable de chercher un sens à son existence et de s’interroger sur son origine. Comment ce que nous vivons – et le fait même de vivre – trouve un sens au regard du projet d’alliance de Dieu avec l’homme ?
  • L’homme est un être sociable, capable de relations et fait pour être en relation. Qu’y a-t-il de singulier dans les relations que tisse l’homme ?
  • Comment définir une « personne » ? Quelle place faisons-nous dans notre société aux personnes dont l’humanité semble abîmée, blessée ou qui ne répond pas aux critères de rentabilité et d’efficacité (personnes malades, handicapées, âgées, marginalisées,…) ?