Dimanche de la santé 2015 : Accueillir la vie dans sa fragilité

Ce 8 février, toutes les paroisses se préparent à célébrer le Dimanche de la santé. Le thème retenu cette année, « Vivants et fragiles », invite chacun à relire son attention aux personnes qui souffrent et son engagement pour le don de la vie. Par Florence de Maistre.

Temps fort important pour les communautés paroissiales qui rejoignent les personnes malades, handicapées, les soignants et accompagnants, ce 8 février 2015, Dimanche de la santé, revêt un caractère particulier. « Compte tenu de l’actualité politique et de l’enjeu des débats en préparation autour du projet de loi sur la fin de vie, ce dimanche sera sans doute l’occasion d’approfondir la réflexion », indique Jean Matos, chargé de mission pour les questions éthiques à l’archevêché de Rennes.

Dans chaque diocèse et chaque paroisse, la prière, le partage et l’échange seront alimentées par le thème choisi cette année : « Vivants et fragiles ». Deux mots qui ensemble renvoient chacun à ses propres vulnérabilités, mais aussi à son ouverture au don de la vie. Jean Matos de préciser : « Le vivant humain se bat constamment contre la mort. On sait bien que nous sommes mortels et toute épreuve du corps nous rappelle cette fragilité-là. Une réalité que les personnes en fin de vie touchent de près. L’enjeu, c’est d’accueillir la vie dans sa fragilité au cœur d’une société marquée par le culte de la performance, de la rentabilité, de la jouissance. Que faire lorsque le corps ne répond plus ou lorsqu’il est différent et non conforme à la norme ? Le thème « Vivants et fragiles » interroge aussi largement le champ du handicap et l’accueil des personnes hors-normes ». S’il reconnaît les grands progrès déjà réalisés pour une meilleure intégration des personnes handicapées, le chargé de mission questionne encore les représentations sociales du handicap qui perdurent. Du début à la fin de vie, la fragilité appelle le soutien de la société, de l’Église et de l’État.

Dans son message à l’occasion de la XXIIIe Journée mondiale du malade (11 février 2015), le Pape François s’exclame : « (…) quel grand mensonge se dissimule derrière certaines expressions qui insistent tellement sur la qualité de la vie, pour inciter à croire que les vies gravement atteintes par la maladie ne seraient pas dignes d’être vécues ! » Alors que les députés se préparent à se prononcer sur la grande question fondamentale, – toute vie vaut-elle d’être vécue, dès lors qu’elle est atteinte et se trouve fragilisée ?-, l’Église défend absolument la vie, de la conception à la mort naturelle. Jean Matos de compléter : « Non seulement il s’agit de laisser vivre pour respecter le primat de la vie dans sa dimension biologique. Mais le plus important, c’est la personne vivante elle-même et la nécessité de l’accompagner jusqu’au terme de son existence. Parfois, elle ne peut plus communiquer. Être simplement présent à ses côtés est un témoignage mystérieux, puissant, infraverbal, signe d’une solidarité fondamentale, au cœur de laquelle il est dit à la personne qu’elle demeure l’une de nous, parmi nous et ce jusqu’au bout ».

L’engagement des accompagnants

Pour certains, lorsque les moyens thérapeutiques ne suffisent plus, l’euthanasie semble la solution. « Or, cette vie-là est à accompagner ! En France, le nombre d’unité de soins palliatifs augmente. Mais des personnes meurent encore sans avoir eu accès à ces soins : quel scandale ! Toute la démarche palliative est à développer : accueil des personnes et de leur entourage, attention à la personne dans son intégralité, dans toutes ses dimensions psychologique, sociale, spirituelle », poursuit Jean Matos.

L’Église n’a pas de solution technique à apporter, elle est en revanche présente sur le terrain de l’accompagnement, au sein des aumôneries hospitalières avec ses équipes de bénévoles qui œuvrent aux côtés d’associations laïques où tant de personnes de bonne volonté s’engagent aussi. Encourager tous ces volontaires, qui partout en France dans les plus petits villages et les plus grands hôpitaux, dans la discrétion et la simplicité, se rendent présentes au jour le jour à l’autre, malade, seul, isolé, est l’une des dimensions du Dimanche de la santé. Les inviter à approfondir leur engagement, à poursuivre leur formation, à donner du sens à ce service et à cette mission aussi. « Dans les hôpitaux, les maisons de retraite, à domicile, ces personnes manifestent une solidarité, témoignent une dignité. Elles disent aux personnes qu’elles visitent qu’elles font toujours parties de la communauté humaine », souligne Jean Matos, touché par les mots d’Éliane Marret, cadre infirmière, publiés dans le Blog Fin de Vie : « Dans ma longue carrière de soignante je n’ai jamais eu à faire de soins à des mourants mais toujours à des vivants. » Jusqu’au bout.

com_blogfindevie_620-350Édité par la Conférence des évêques de France, dans le cadre du Groupe de travail sur la fin de vie, le blog www.findevie.catholique.fr est un espace de dialogue ouvert aux internautes qui souhaitent éclairer leur réflexion sur les questions éthiques liées à la fin de vie.

Au rythme d’un billet chaque semaine, différents contributeurs s’y expriment, tous reconnus dans leurs domaines de compétence (médecins, soignants, aidants, juristes, philosophes, théologiens, membres d’associations, etc.). Des témoignages de personnes en situation de vulnérabilité sont également publiés.

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    « Par euthanasie au sens strict, on doit entendre une action ou une omission qui, de soi et dans l’intention, donne la mort afin de supprimer ainsi toute douleur. « L’euthanasie se situe donc au niveau des intentions et des procédés employés ».
    Evangile de la Vie, lettre encyclique de Jean-Paul II, 1995, n.65