Prier en famille avec de jeunes enfants

Oser une prière familiale au cœur de la vie quotidienne ! Avec un peu d’audace et beaucoup de simplicité, se présenter en famille avec de jeunes enfants devant le Seigneur permet de découvrir le mystère d’amour du Père et de grandir ensemble. Conseils. Par Florence de Maistre.
Intégrer la prière à la routine familiale
“Si la famille parvient à se concentrer dans le Christ, il unifie et illumine toute la vie familiale”, écrit le pape François in Amoris Laetitia, sur l’amour dans la famille au n°227. Toutes les familles avec de jeunes enfants sont tiraillées par les rythmes de vie, qui laissent peu de place à des retrouvailles quotidiennes, à un temps choisi et donné pour Dieu. En intégrant la prière aux rituels de la vie de la maison, elle devient vite, y compris pour les plus jeunes, une étape incontournable. Chaque famille trouvera le moment qui lui convient le mieux et la fréquence. Souvent, après le dîner et la toilette du soir, avant le câlin du coucher, le moment est propice à l’apaisement. La transition avant la nuit et l’offrande de la journée sont toutes trouvées.
Soigner le lieu
“Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi.” (Ap 3, 20) Un oratoire, même improvisé, est important. Il permet de fixer l’attention des plus petits et indique que ce qui se vit là, au milieu de la maison, est différent. Une icône, une croix ou une Bible, une bougie installées sur l’étagère du salon ou sur la table de nuit d’un enfant matérialisent l’endroit où tous les membres de la famille vont se retrouver pour prier ensemble. D’autres éléments pourront au fil des jours compléter ce coin prière : un coloriage, le signet de la communion d’un cousin, une fleur du jardin ou une pomme de pin, une étoffe. Chacun aura à cœur d’apporter ce qui fait sens pour lui et d’agrémenter l’ensemble selon les fêtes et les saisons.
Prier avec les doigts de la main
“Les cinq qualités requises pour toute prière : celle-ci doit être confiante, droite, ordonnée, dévote et humble”, indique saint Thomas d’Aquin. Lorsque tout le monde est rassemblé dans le petit oratoire domestique, chacun s’installe dans une attitude de prière à genoux et mains jointes. La position du corps doit être respectueuse et tenable pour les enfants, le tout étant d’aider chacun à entrer en relation avec le Seigneur. La prière débute par un tout petit temps de silence, comme une respiration, puis se déploie avec les cinq doigts de la main.
Avec le pouce, c’est le temps du “Bonjour” : chacun s’applique pour son signe de croix, comme s’il revêtait le Christ et s’habillait de son amour. L’index demande pardon pour les péchés de la journée. Parents et enfants peuvent formuler à voix haute ou dans le silence de leur cœur un regret pour une ou plusieurs choses qui les ont éloigné de l’amour du Père : manifestations d’humeur, jalousie, gros mots, etc. Puis avec le majeur viennent les mercis. Chacun en partage un ou deux avec joie. Les petits qui ont du mal à s’exprimer peuvent répéter avec un adulte ou un aîné. L’annulaire invite à l’intercession avec le s’il te plaît. Les parents peuvent choisir une intention commune pour toute la famille : pour la vie, les populations en guerre, les vocations, un proche malade, etc. Les enfants aiment aussi confier à Dieu les personnes ou les évènements importants pour eux. Enfin, l’auriculaire permet de poser un véritable acte de foi : Jésus, je t’aime ! Un Notre Père et un Je vous Salue Marie récités ou chantés peuvent conclure la prière, avant de souffler la bougie. Attention, prévoir en amont soit une bougie par enfant, soit qui la soufflera, de façon à éviter qu’un conflit ne vienne ternir ce temps familial.
Ouvrir les cœurs à l’amour du Seigneur
Il est des soirs où tout part de travers et la prière semble impossible. Elle peut alors se résumer à sa plus simple expression, quand l’enfant est déjà couché dans son lit : un signe de croix sur un front, un Jésus t’aime. Il y a aussi la prière à l’ange gardien “Bonsoir mon bon ange” qui, très courte, peut être une alternative les soirs de grande fatigue. Elle touche les enfants et dit en deux mots, les mercis et la confiance. Il est possible d’intercaler, un Je vous salue Joseph à réciter plutôt les mercredis, ou encore une dizaine plutôt les samedis avec un chapelet à grosses perles. Sans oublier, les boîtes à prières dont raffolent les enfants, même ceux qui ne savent pas encore lire ! Ils y piochent des intentions toutes simples et font leurs les mots de louange. Il est enfin certaines périodes où il est bon de sortir de sa routine. Au temps de l’Avent, par exemple, nombre de sites proposent des retraites en ligne qui permettent d’entrer progressivement dans la joie de la Nativité. Un extrait de ces prières, quelques versets de la Parole de Dieu, l’écoute de chants religieux, ouvrent les enfants à la dimension communautaire. Dans sa Lettre aux familles (1994), Jean-Paul II l’assure : “La prière renforce la solidité et la cohésion spirituelle de la famille, contribuant à faire participer celle-ci à la force de Dieu”.
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