Sous la pluie, exposition au musée des Beaux-Arts de Rouen
Fiche de l’Observatoire Foi et Culture du 9 septembre 2026, OFC 2026, n°37 sur l’exposition Sous la pluie, au musée des Beaux-Arts de Rouen
Pour quelles raisons visite-t-on un musée ? Parfois pour y découvrir des réalités disparues depuis longtemps, des modes de vie révolus, soit pour entretenir la nostalgie – c’était mieux avant ! – soit pour être heureux de ne pas connaître des époques difficiles.
Depuis quelques mois et jusque fin septembre, le Musée des Beaux-Arts de Rouen propose une exposition intitulée Sous la pluie. Il est amusant de souligner qu’en cet été caniculaire, pour voir la pluie, il faut entrer dans un musée. La pluie serait-elle à ranger parmi les réalités bientôt révolues ? Certes non. Les changements de climat que nous connaissons, n’en déplaise à ceux qui les nient, ne vont pas effacer la pluie de nos vies, plutôt faire évoluer sa présence. C’en est peut-être terminé des ciels bas, gris ; du crachin, normand ou breton ; mais pas des pluies, désormais brusques et diluviennes.
Ce qui est peut-être derrière nous, ce sont ces pluies modérées et persistantes qui ont inspiré, en particulier, les peintres impressionnistes. Leur art est avant tout construit sur la lumière. Certes, quelques-uns ont pu rechercher la lumière éclatante de la Côte d’azur, mais beaucoup d’entre eux ont préféré la Normandie comme terre d’inspiration, aussi parce qu’elle était facilement accessible en train depuis Paris.
Claude Monet aurait-il pu peindre ses « cathédrales de Rouen » et ses « mottes de foin », durant un été comme celui que nous avons traversé ? C’est plutôt parce que la lumière changeait, au gré des nuages, des pluies, des trouées de soleil, qu’il a pu composer ses chefs-d’œuvre.
Bien entendu que le changement climatique affecte avant tout la nature, avec toutes les composantes du vivant : végétaux, animaux, et bien entendu les êtres humains. Ce changement conduit à changer nos modes de vie (habitat, production, transports, et agriculture). Mais ce sont aussi les expressions de la culture qui sont et vont être modifiées par les nouveaux climats dont nous ne faisons que commencer à faire l’expérience.
Je viens de mentionner la peinture, en recommandant l’exposition du Musée des Beaux-Arts de Rouen ; mais, cet été, si les salles de cinéma ont connu une hausse de la fréquentation, ce peut être en raison de la qualité de certains films, et peut-être, surtout, parce que les salles sont climatisées. Nos églises ont même été inscrites, par certaines villes, comme des ilots de fraicheur.
Je signale que certains musées sont aussi climatisés… pas tous ! A Besançon en juillet, des musées étaient en partie fermés en raison de la chaleur de certains de leurs espaces.
Quoi qu’il en soit, on visitera avec plaisir des expositions qui perdurent au-delà de la période estivale. A Rouen, mais aussi, en poussant un peu plus loin, jusqu’au Havre, où le Musée André Malraux présente une exposition Monet au Havre jusqu’au 27 septembre. Le musée de Rouen a fait une offre particulière pour la visite de l’exposition (celle-ci est payante ; la collection permanente est libre d’accès) : Tarif réduit pour tous les mercredis après-midi par temps de pluie ! Sauf à penser que le climat torride va cesser, certainement que ce tarif ne trouvera pas à s’appliquer.
Pascal Wintzer, OFC

