Un réseau à l’écoute des familles et des couples

Family Phone, un partenariat d’écoutants bénévoles et de professionnels, permet à tout parent ou conjoint à la recherche d’aide ou de conseils de trouver une réponse. Isabelle de Chatellus, responsable depuis septembre 2018 avec son mari Frédéric du service diocésain de la mission pour la famille, présente cette initiative unique dans l’Église de France par son ampleur.

I de chatellusC’est l’un des fruits du synode diocésain. Le décret 10 prônait l’ouverture d’une Maison des Familles et un lieu avait même été identifié mais avec ses villes tournées vers Paris, ses villes nouvelles, ses zones sensibles et sa ruralité, le diocèse est très hétérogène. Il s’est donc avéré qu’une maison hors les murs accessibles à tous et de partout, était plus judicieuse. Les prédécesseurs d’Isabelle et Frédéric de Chatellus ont alors lancé en février 2018 de façon expérimentale Family Phone, un service téléphonique anonyme et gratuit mettant des compétences au service des familles et des couples.

Bien accueilli par des prêtres qui ne peuvent cumuler toutes les fonctions (éducateurs, conseillers conjugaux, psychologues…) le service est aujourd’hui en phase « de consolidation », explique Isabelle. 28 heures d’écoute hebdomadaires sont assurées par 15 écoutants bénévoles plus 7 en fin de formation ayant à leur disposition des noms de professionnels référencés de tous types de métiers (avocats, médecins, psychiatres, médiateurs familiaux, conseillers d’orientation, etc) ainsi qu’une liste de Mouvements et associations d’Église et une autre d’associations d’Utilité publique (SOS Joueurs, France Alzheimer, Les Alcooliques Anonymes…).

Un réseau de priants

Un « speed dating » permettant aux professionnels de présenter en 5 minutes leur cœur de métier avec leurs spécificités géographiques ou thématiques a eu lieu, les écoutants pouvant mettre des visages sur des noms et ajuster leurs propositions. Souvent, ce sont des personnes ayant déjà été engagées dans des services d’écoute ou formées à des métiers d’écoute qui se proposent comme écoutants, mais leur profil est large : mères au foyer retraités, hommes actifs… Cette diversité est possible du fait de la souplesse de la formule car l’écoutant répond de chez lui avec téléphone portable et ordinateur sur un créneau de 2 h de son choix. L’appel est basculé sur tous les autres écoutants, permettant « une union de prière pour porter les demandes », explique Isabelle.  Un réseau de priants avec des communautés religieuses est également en projet. Le plus difficile, constate-t-elle, consiste « à faire connaître le service ». D’où la décision, entre autres, d’aller rencontrer les associations de parents d’élèves des écoles catholiques (APEL).

Entre les entretiens individuels préalables passés avec chaque professionnel et les formations et le suivi des écoutants, ce projet « multi facettes » impacte énormément le temps de mission de cette mère de quatre enfants, ancienne bénévole à la Fondation des Bernardins. Aussi il est envisagé un renfort en personnes pour la communication, la base de données et la formation ( initiale sur quatre soirées et continue consistant en trois matinées de relecture de cas, de rencontres de professionnels et d’échange sur des sujets). Ce sera d’autant plus nécessaire que l’idée est de passer à 40 heures d’écoute tant le besoin s’avère réel. Depuis son ouverture Family Phone a reçu, en effet 850 appels dont ¼ concerne des problèmes de couple.

Chantal Joly

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