Homélie du dimanche 18 novembre

33éme dimanche du Temps ordinaire

L’Evangile de ce dimanche se situe à un moment précis de la montée de Jésus à Jérusalem. Assis sur le Mont des Oliviers, en face du Temple, quelques disciples s’émerveillent devant une telle construction : « Maître, regarde : quelles pierres, quelle construction ! » La réponse de Jésus n’en est que plus désarmante : « Tout sera détruit ! » Et eux de demander : « Quand est-ce que cela arrivera ? »

Du discours de Jésus, nous lisons aujourd’hui l’avant-dernière partie, seulement, celle qui concerne la venue du Fils de l’homme, dont l’attente doit tenir les disciples en éveil.

LE RASSEMBLEMENT DES ELUS

On peut rester fasciné par les événements de la fin des temps. Dans l’Antiquité, on avait divinisé les corps célestes, les astres et on les considérait comme des êtres spirituels auxquels il fallait rendre un culte. A travers eux, on s’efforçait de lire l’avenir et de découvrir le destin des hommes. Bien qu’aujourd’hui nous n’ayons plus les mêmes croyances, nombreux sont nos contemporains qui restent encore subjugués par l’astrologie et les horoscopes.

Dans la littérature juive, aux alentours de l’ère chrétienne, le thème de l’ébranlement des astres, montés sur un ciel rigide, fait partie du genre littéraire qu’on appelle les apocalypses. Il forme le décor classique des scène de la théophanie, des apparitions de Dieu parmi les hommes, comme du jugement opéré par Dieu. Marc réemploie ces images traditionnelles pour évoquer l’intervention finale de Dieu sur notre monde.

Ces bouleversements sont évoqués par le prophète Isaïe, chapitre 13 et chapitre 34. Pourtant Marc renvoie cet ébranlement à la venue de Dieu, qui a bien pour but le rassemblement des élus.

UN MESSAGE D’ESPERANCE

En tenant compte de cela, il est préférable de lire ces textes comme un message d’espérance et un encouragement adressé à ceux qui ont foi en la proximité du Fils de l’Homme. Ils doivent tenir bon dans les épreuves et rester vigilants. Cet avènement coïncidera avec leur salut définitif, « avec grande gloire ».

Marc ne parle pas ni de l’écrasement du mal ni du jugement du monde et des hommes. C’est l’exhortation et la consolation qui caractérisent cet enseignement. « Il est à notre porte. »

La comparaison du figuier en est le signe. Le figuier perd ses feuilles pendant l’hiver et ne donne à nouveau signe de vie que tardivement. Quand la sève remonte dans les branches qui deviennent tendres et que les feuilles commencent à apparaître, on sait que l’hiver est terminé et que la saison chaude est proche. C’est là la « pointe » de la parabole.

De même que l’apparition des jeunes pousses annoncent l’arrivée imminente de l’été, de même certaines choses annonceront l’arrivée imminente du Fils de l’Homme. Reste à déterminer en quoi elles consistent. Les calamités énumérées dans les versets qui précèdent le texte de ce dimanche (Marc 13. 14 à 23) en sont l’annonce, tout particulièrement la catastrophe qui frappera le Temple.

Elles concernent les disciples qui entendent ce discours de Jésus. Elle est pour demain, la terrible détresse de la Passion du Golgotha où le ciel lui-même s’obscurcira (Marc 15. 33). Elle tombera sur Jérusalem investie par ses ennemis quelques années plus tard. Elle tombera sur les disciples quand ils seront persécutés.« Cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive. » (Marc 13. 30)

Les paroles qui suivent sont à étendre au travers du temps et de l’Histoire : « Le ciel et la terre passeront », mais « Le Christ est celui qui était hier, qui est aujourd’hui et celui qui vient. » (Hébreux 1. 8)

LA PERMANENCE DE LA PAROLE DIVINE

L’idée que le ciel et la terre sont appelés à disparaître est un lieu commun de toutes les apocalypses. Elle n’est mentionnée ici par le Christ que pour souligner l’irrévocable permanence de la Parole divine qui est celle de Jésus. Elle veut être la certitude qui distingue l’espérance de ce qui serait un fragile espoir.

L’espérance chrétienne trouve cette certitude non dans de vains calculs qui permettraient de prévoir l’avenir à partir des événements de l’histoire ou des phénomènes de la nature. Il suffit d’entendre les discussions sur les probabilité de l’évolution de la planète Terre, à partir des constatations de notre époque restreinte. L’espérance chrétienne trouve ses racines et sa raison d’être dans une parole souveraine, prononcée avec l’autorité divine.

Mais dans le même temps, Jésus affirme l’ignorance du moment précis où se déroulera ce qu’il annonce. Personne n’en connaît ni le jour ni l’heure. C’est le secret de Dieu, c’est le secret du Père. Le Fils lui-même ne cherche pas à en savoir davantage. Les disciples perdent donc leur temps à fixer une date. Jusqu’à nos jours, tant de naïfs se créent des illusion avec les prophéties de Nostradamus ….

Plus qu’un appel à discerner les signes des temps, le Christ nous exhorte à une vigilance active, sans découragement devant les épreuves et les persécutions. Nous avons à, rester fidèles à l’enseignement du Fils de l’Homme qui viendra un jour rassembler ses élus. Il est certain que le Seigneur ressuscité viendra pour chacun d’entre nous et cette certitude doit nous maintenir dans l’espérance.

Jésus lui-même se dirigera vers la mort qui lui est préparée sans autre certitude que de la foi et de l’espérance. Lui-même ne cherche pas à s’assurer dans un savoir de ce qui l’attend. Que les disciples, de même, prennent courage : ils peuvent croire à sa parole. « L’herbe sèche, la fleur se fane, la parole de notre Dieu demeure toujours. » (Isaïe 40.8)

***

« Le Seigneur viendra. » Nous le répétons en chaque eucharistie. Il nous faut alors reprendre dans leur sens plénier les termes de la prière qui amplifie le « Notre Père. » « Par ta miséricorde, libère-nous du péché. » Or il nous faut vivre au milieu des épreuves quotidiennes et les assumer : « Rassure-nous devant les épreuves.» Au soir de la première Eucharistie, il a dit à ses apôtres : « Je vous dis cela pour que votre joie soit parfaite. » En toute eucharistie, nous disons aussi « En cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets. » Mais notre espérance va plus loin que cet immédiat terrestre : « En cette vie où nous espérons l’avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur. » … « Le Fils de l’Homme est proche, il est à votre porte. » (Marc 13. 24 à 32)

« Gloire à toi qui étais mort !
Gloire à toi qui es vivant !
Notre Sauveur et notre Dieu :
Viens Seigneur Jésus ! »

Père Jacques Fournier
En proposant diverses lignes de réflexion, ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon le "charisme", une ou plusieurs méditations. Leur auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu. Ces textes peuvent également servir à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir, chaque paragraphe formant un tout en soi.
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