50 ans de l’AMTM : interview du père Jean-Pierre Longeat

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Le Père Longeat est président de l’Alliance inter-monastère et nous parle de la vie monastique à l’occasion des 50 ans de l’AMTM, l’association des Amis des Monastères à travers le Monde,  association de laïcs dont le but est d’aider au développement et à l’enracinement des fondations bénédictines, cisterciennes et trappistes dans les églises des pays émergents en Amérique latine, Afrique et Asie et, ponctuellement depuis 1990, en Europe centrale et orientale.

Quels sont les apports de la vie monastique à notre société actuelle ?

La vie monastique cultive une certaine forme de recul par rapport au foisonnement de la vie en société. Les moines et les moniales, même s’ils doivent faire face à leur vie quotidienne où ils ne manquent pas d’activités ne se laissent pas envahir par la multiplicité des informations ou des rythmes nécessités par les déplacements et les exigences professionnelles. Ils cultivent le silence et un certain art de vivre dans un lieu de beauté, avec une dimension de méditation et de liturgie. Ils offrent ainsi des lieux de retraite à ceux qui veulent en bénéficier. L’accueil est en effet une caractéristique de la vie monastique bénédictine. Mais par ailleurs, les moines et moniales se sentent totalement membres de la société actuelle et veulent contribuer à la qualité de son présent et de son avenir, tant sous l’angle de la vie sociale, que des choix écologiques ainsi que de la dimension culturelle ; et dans les pays émergents, les nombreuses fondations participent au développement social sous l’angle de l’agriculture, de l’éducation ou de la santé.

Pourquoi organiser un colloque à l’occasion des 50 ans de l’AMTM ?

L’AMTM est une association qui, par le biais de l’Alliance Inter-Monastères (AIM), vient en aide à la croissance des jeunes fondations monastiques en Afrique, en Asie, en Amérique Latine et en Océanie. Depuis le début des années 60, ces fondations ont été très nombreuses : quelques 500 en 50 ans. Il est important aujourd’hui que la force de la solidarité puisse se vivre à l’échelle de la planète. Bien souvent, on se demande ce qu’il est possible de faire pour aider les pays moins favorisés ; le fait d’aider les monastères de ces régions permet d’être assuré de participer à un développement profond et stable, puisque les communautés concernés sont durables et en réseau constant avec toute la famille bénédictines. Il valait donc la peine de se réjouir ensemble de ces 50 années de travail et de sensibiliser d’autres personnes à une telle perspective. Il ne s’agit pas simplement de trouver des fonds pour venir en aide aux projets des monastères présentés à l’Association, mais aussi de s’intéresser à leur vie et d’échanger avec eux sur un plan autre que celui de l’économie, nos richesses respectives.

Quels sont les projets de l’AMTM pour les années à venir ?

L’AMTM a été animée avec passion par deux générations de personnes qui se sentaient proches des monastères par le fait qu’ils avaient pu les approcher d’un peu près. Il faut maintenant que le relais puisse se prendre et qu’une troisième génération se passionne tout autant pour cette belle entreprise source de joie et de renouveau. Ainsi relayée, l’Association s’investira d’autant mieux dans l’aide attribuée aux monastères en lien avec l’AIM et dans les nombreux échanges que cela peut susciter. C’est un programme de longue haleine pour lequel il est nécessaire de trouver des membres convaincus qu’un monde nouveau est possible et que l’appui des monastères peut y contribuer avec l’amitié de nombreux laïcs sans lesquels les communautés trouveront encore plus de sens à leur propre engagement.

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