Le CCFD-Terre Solidaire invite les chrétiens à s’impliquer contre les paradis fiscaux

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Le Comité catholique contre la faim et pour le développement est à l’origine avec d’autres organisations de l’appel « Stop paradis fiscaux ». Jean Merckaert, chargé des questions de financement du développement au CCFD-Terre solidaire, explique pourquoi.
Pourquoi le CCFD-Terre solidaire est-il partie prenante de ce collectif ?
Les chrétiens se font une autre idée du paradis que ces lieux qui permettent de tricher avec les règles en vigueur ailleurs ! Nous sommes dans la droite ligne de l’encyclique « Populorum Progressio » qui prône que les peuples sont maîtres de leur destin. Encore faut-il que ceux-ci puissent disposer de ressources propres. Or la fuite illicite des capitaux des pays du Sud vers des pays étrangers est presque dix fois supérieure à l’aide qu’ils reçoivent. Près de 800 milliards d’euros s’envolent ainsi dans les paradis fiscaux. Ce sont autant de ressources de ces Etats en moins pour payer leurs enseignants ou pour soutenir leurs politiques agricoles. Dans le sens contraire, cela signifie autant d’impôts en plus à prélever sur les autres contribuables, notamment les petites entreprises et les consommateurs, et une dépendance accrue envers l’aide internationale : c’est une partie de leur souveraineté qu’ils abandonnent. L’avenir de ces pays n’est pas d’être aidé éternellement. Il y une dizaine d’années, le CCFD-Terre solidaire avait été très impliqué dans les campagnes d’annulation de la dette du tiers monde. Sur le sujet des paradis fiscaux, remis sur le devant de la scène par la crise financière, un très large consensus existe. Le président de la République avait du reste été interpellé dès novembre 2008 par une pétition portée par quatre organisations catholiques (le CCFD-Terre solidaire, le Secours catholique, le réseau Foi et Justice Afrique-Europe et Justice et Paix) et relayée par l’hebdomadaire Pèlerin. L’objectif de ce nouvel appel lancé avec de nombreux autres associations et syndicats, est de créer une sorte « d’union sacrée » contre les paradis fiscaux.

Quelles actions concrètes proposez-vous ?
L’appel que nous lançons de nouveau vise, entre autres, à réclamer plus de transparence des banques et des multinationales. Dix propositions ont été élaborées à partir du travail mené depuis 2006 par la Plateforme paradis fiscaux et judiciaires (voir le site de la campagne www.stopparadisfiscaux.fr ). Comme on ne peut pas s’attaquer au sous-développement sans s’attaquer aux causes qui sont en grande partie politiques, nous devons mener un travail de conviction auprès des décideurs politiques. L’opinion publique peut soutenir ce travail en exerçant une pression citoyenne. Toute personne, tout chrétien, est convié à signer et à faire signer l’appel. Les militants syndicaux des comités d’entreprise peuvent par ailleurs demander un audit comptable de leur entreprise. Les cadres et dirigeants sont invités à prendre l’engagement de faire la lumière sur la présence de leur société dans chaque pays où elle opère, y compris dans les paradis fiscaux : chiffre d’affaire, bénéfices avant impôts, effectifs, coordonnées des filiales, etc. Nous avons envie d’explorer avec d’autres tels que le Mouvement des cadres chrétiens (MCC), les Entrepreneurs et Dirigeants chrétiens (EDC) et les Semaines sociales, une charte des « entreprises sans paradis fiscaux ». Nous réfléchissons également à la manière de lier l’octroi des marchés publics des collectivités territoriales à cette exigence de transparence.

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