Diacres en rural, des révélateurs d’Évangile

Diacres

Les 8 et 9 mars à Paris, des diacres et leurs épouses partageront leurs expériences sur le thème « Sur les chemins de l’annonce de l’Évangile, les diacres en rural ». Pierre Neuts, du diocèse d’Arras, membre de l’équipe nationale d’aumônerie de Chrétiens dans le monde rural (CMR) et co-organisateur avec la Mission rurale et le Carrefour de l’Église en rural (CER), explique les enjeux.
 

Pourquoi cette première rencontre nationale spécifique ?

Des rencontres ont déjà été organisées entre diacres de Chrétiens dans le monde rural (CMR). La dernière remontant à 2009, le besoin de faire le point se faisait sentir. Une réflexion s’est engagée avec le Carrefour de l’Église en rural (CER) afin d’ouvrir la future session à tous les diacres vivants dans l’espace rural. Leur ministère, vécu de façons diverses, laisse apparaître qu’ils sont des maillons du lien social et ecclésial : vivant au milieu des gens, engagés auprès d’agriculteurs en précarité, de migrants, dans différentes associations et tout simplement en proximité sur les marchés, les stades, au travail, dans la pastorale familiale, les équipes pastorales… Cette rencontre vise à partager les expériences et à approfondir les questions autour de la nouvelle évangélisation : les hommes et les femmes évoluant, il s’agit de réaffirmer l’originalité du ministère diaconal au service des hommes, dans l’écoute, le dialogue, le témoignage et la prière.
 

N’est-ce pas une question d’éclaircissement de votre statut du fait de la diminution du nombre de prêtres en rural ?

C’est vrai que, dans certaines zones, le diacre est parfois le seul ministre ordonné visible. Les chrétiens ont des demandes, notamment de célébrations (baptêmes, mariages…). Or le diacre n’est pas d’abord là pour les sacrements. Il est important de rappeler notre lien à l’évêque : c’est lui qui nous donne notre lettre de mission, faisant de nous ses associés, collaborateurs comme le sont aussi les prêtres. Aujourd’hui, il nous faut trouver de nouvelles façons de faire Église, d’annoncer l’Évangile. Les Mouvements et Services doivent prendre conscience qu’ils sont de petites communautés du peuple de Dieu, différentes des paroisses mais tout aussi importantes. Il est de la mission de chacun d’être attentif aux personnes loin de l’Église.
 

La notion de rural n’est-elle pas devenue floue du fait d’un mode de vie néo-urbain ?

On assiste à une imbrication des deux mondes : des familles issues des villes viennent habiter le rural, modifiant peu à peu le paysage. Pendant ce temps, des campagnes se désertifient, des habitants s’expatriant en ville pour le travail. Le slogan du CMR aux vacances-formation de juillet 2013, “Villes-Campagnes : des richesses à partager” avait comme objectif de favoriser cette prise de conscience. Pour la rencontre de mars, nous l’avons mis en pratique : “Diacres des villes et diacres des campagnes, des richesses à partager”, les uns accueillant les autres à différents moments. Convivialité, eucharistie ensemble, repas en commun ; la fraternité ne sera pas un vain mot durant ces jours.
 

Le Père Joël Morlet évoquait lors d’une session sur la Mission en milieu rural « des choses qui germent » au-delà des pauvretés…

Les diacres sont là pour rendre visibles des réalités discrètes qui révèlent l’Évangile. Partage de nos diversités et richesses humaines seront à l’honneur pour ces passeurs d’espérance qui rappelleront à tous que l’Église n’est pas faite pour elle-même mais pour le monde.
 
Une “visitation” entre diacres

Originalité de la session de mars 2014 à Paris : les diacres du rural seront reçus et hébergés le samedi soir chez des diacres d’Ile-de-France. Par ailleurs, les travaux recevront l’éclairage de deux intervenants extérieurs : Père Joël Morlet, sociologue, vicaire général de Châlons, et Père Arnaud Favart, vicaire général de la Mission de France.
 

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