Voyage du pape en Irak : espoir de paix et source de joie pour les réfugiés

Originaires de Qaraqosh, dans la plaine de Ninive à une trentaine de kilomètres de Mossoul, Ansam et Maureen, Irakiennes, sont arrivées à La Rochelle avec leurs familles respectivement en 2014 et 2015. À l’occasion de la visite pastorale du pape François en Irak, du 5 au 8 mars prochains, elles partagent leurs réactions. Par Florence de Maistre.

“Redonner de l’espoir aux jeunes” Maureen a 21 ans, elle est aujourd’hui étudiante en première année de gestion à l’université de La Rochelle.

“J’ai appris que le pape François allait se rendre en Irak par la page Facebook de la ville de Qaraqosh. Je suis vraiment très heureuse ! C’est la première fois qu’un pape visite notre pays. C’est un événement historique formidable !

Le pape se préoccupe des chrétiens d’Irak, qui résistent à Daech, reconstruisent la ville et parviennent à vivre leur foi. Il vient manifester son soutien. Je suis touchée en particulier par l’espoir qu’il redonne à tous et surtout aux jeunes. Je sais qu’il va rencontrer les dirigeants politiques du pays, comme il est lui aussi un chef d’État. J’espère que cette démarche permettra l’arrêt des attentats contre les chrétiens et l’ensemble du pays. Je suis sûre que le Saint-Père peut aider à diminuer les inégalités entre les différentes cultures et religions de notre peuple, améliorer aussi les relations entre tous. Je souhaite qu’après les crises, les guerres et l’insécurité, la population puisse retrouver une vie normale et des droits minimums (accès à l’eau, à l’électricité, etc.), que les jeunes puissent rêver, faire des projets. À Qaraqosh, le pape va visiter la cathédrale qui a été détruite et qui est encore en travaux. Toute la ville a hâte de le voir, de l’écouter et de prier avec lui ! Bien sûr, je vais suivre la visite apostolique via les réseaux sociaux et les vidéos en direct. Avec mes parents, ma soeur et mon frère, nous allons aussi prier. En fait, nous prions sans cesse pour le pape. Malgré son âge et la pandémie, il reste jeune et très actif.

Je trouve que c’est un homme très courageux, il apporte la paix. Avec cette visite, il rappelle au monde entier qu’il y a des chrétiens en Irak ! Même si le pays reste majoritairement musulman, il y a des chrétiens qui ont foi en l’amour de Dieu et prient pour la paix. C’est un message d’espérance pour tous ! J’espère que cette visite se passera dans la joie et la sécurité. Je désire que le peuple arrive à vivre ensemble quelles que soient les différences, que soit décidée la fin des conflits afin d’offrir la paix aux nouvelles générations.”

“Participer à la joie sur place”. Ansam, 33 ans, est mère de trois garçons dont le dernier est né en France. Cuisinière, elle travaille depuis trois ans en restauration scolaire à La Rochelle.

“L’annonce du voyage apostolique du pape François en Irak est une grande et belle surprise ! C’est la première fois qu’il vient en Irak : il s’intéresse à nous, chrétiens envahis par Daesh. Les circonstances dans lesquelles son voyage est prévu sont difficiles, tant du côté de la guerre que des conditions sanitaires. Il fait preuve de courage. Je lui souhaite une bonne santé et le remercie. Je compte suivre son pèlerinage par Internet avec toute ma famille pour participer à la joie sur place. Que le pape se déplace pour aller voir les gens qui ont beaucoup souffert me touche beaucoup. Ils ont besoin d’encouragements pour rester au pays, y travailler et y vivre la foi chrétienne. Ils ont énormément besoin de cette visite : le pape va renouveler leur force !

J’ai encore de la famille en Irak avec qui j’entretiens des relations très régulières. Je téléphone autant que possible, quasiment tous les jours. Je sais qu’à Qaraqosh la rencontre avec le pape se prépare activement : des chants et des spectacles sont prévus. Notre grande église a été brûlée par Daesh, mais elle est en reconstruction. Je crois que le pape porte le message suivant : en Irak, la religion chrétienne doit avoir la même importance que l’islam. J’espère qu’il va rencontrer les dirigeants du pays et leur demander l’arrêt des attentats pour que les chrétiens vivent libres et en paix. Il faut intervenir auprès de la communauté internationale et demander l’aide nécessaire à la reconstruction.

À La Rochelle, nous sommes plusieurs familles irakiennes, environ une soixantaine de personnes. Nous aimerions nous retrouver à cette occasion, mais c’est compliqué en raison des conditions sanitaires. Avec le prêtre de la paroisse où nos enfants servent la messe, nous allons envisager un partage ou un temps de prière particulier. J’espère que ce voyage sera positif pour tous ceux qui sont restés en Irak, sur cette terre qui est le berceau des Chrétiens. Nous parlons toujours l’araméen, la langue du Christ, et je la parle à la maison avec mes enfants : c’est important pour moi de la transmettre. Je veux remercier encore une fois le pape pour sa démarche, qui est un signe de l’amour du Christ.”

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