Jean-Paul II, le pèlerin infatigable

Cardinal Ricard identité

Le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et Bazas, évoque la dimension internationale du ministère pastoral du pape Jean-Paul II. A travers ces nombreux voyages dans tous les continents, ce pape s’est voulu proche des Eglises locales. Il a mis en œuvre dans ses voyages cette mondialisation de l’amour dont il s’est fait plus d’une fois le prophète et le témoin.
Le 8 avril 2005, sur la Place Saint-Pierre, le monde entier était là pour les obsèques de Jean-Paul II. Ce rassemblement des plus grandes personnalités de la planète comme des plus simples des fidèles exprimait à lui seul la formidable aura internationale qu’avait acquise le pape Jean-Paul II.

Dès le début de son pontificat, le pape polonais n’a pas voulu rester enfermé dans Rome. Comme il l’affirmait à des évêques péruviens : « Si le monde ne vient pas à Rome, Rome ira à la rencontre du monde ». Paul VI, déjà, avait commencé à voyager. Jean-Paul II n’hésitera pas à prendre son bâton de pèlerin et à parcourir le monde. On compte à son actif 146 voyages en Italie et 104 pour l’étranger. Il visitera 259 villes italiennes et 131 états indépendants. Il parcourra tous les continents. Seuls quelques pays, comme la Russie et la Chine, lui fermeront leurs portes malgré le désir qu’il avait d’aller y saluer leurs habitants et tout particulièrement leurs communautés chrétiennes.

Sans minorer sa fonction de chef d’Etat ni sa volonté de rencontrer les responsables politiques des états, c’est surtout comme pasteur que Jean-Paul II envisage ses voyages. Il est ce successeur de Pierre qui vient « confirmer ses frères dans la foi ». Il prépare ses voyages avec soin, se fait expliquer la situation du pays, de l’Eglise. Il apprend quelques mots pour pouvoir saluer dans la langue locale. Il ne néglige jamais de rencontrer les prêtres, les religieuses, les séminaristes et les novices, les délégués des autres Eglises chrétiennes ou les responsables des autres religions. Il a une attention toute particulière pour les malades. Mais surtout, avec tous, il prie et célèbre le sacrifice eucharistique.

Des voyages parfois à risques

Certains voyages du pape ont été parfois des voyages à risques : contre l’avis des diplomates du Saint-Siège, en pleine guerre des Malouines, Jean-Paul II s’est rendu en Angleterre avant de rejoindre l’Argentine. En 1983, au Nicaragua, il n’hésite pas à affronter le régime sandiniste. Ses voyages en Pologne ont eu un poids politique certain et l’image de Jean-Paul II glissant une prière dans les pierres du Mur du Temple à Jérusalem reste présente dans toutes les mémoires.

Sa grande confiance en la Vierge Marie le fait venir en pèlerin dans tous les grands sanctuaires mariaux du monde entier. Comment ne pas rappeler ses deux pèlerinages à Lourdes, en 1983 et, en 2004, quelques mois avant sa mort ?

Jean-Paul II aime les jeunes et les jeunes le lui rendent bien. Ils répondent avec enthousiasme à ses invitations, que sont les Journées Mondiales de la Jeunesse, en venant du monde entier.

En fait, le pape Jean-Paul II a perçu les enjeux du phénomène actuel de la mondialisation. A travers ses voyages, ce pape pèlerin a été le témoin particulièrement éloquent d’une véritable mondialisation de l’amour.

Jean-Pierre cardinal Ricard
Archevêque de Bordeaux
Evêque de Bazas

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