La diaconie, ou l’attention tournée vers les plus précaires

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Au sein du diocèse d’Orléans, Muriele Lavaud, coordinatrice et Stephan Chaligné, diacre du service de la diaconie, ont reçu le 1er septembre 2019 une lettre de mission de Mgr Jacques Blaquart, évêque d’Orléans. Leurs missions : faciliter la rencontre des plus précaires et mettre les projecteurs sur les initiatives de solidarités diocésaines, dans l’esprit et l’élan nouveau du synode.

Stephan Chaligné et Muriel Lavaud« Que la diaconie ne soit pas du baratin, mais qu’elle se révèle dans des œuvres concrètes ! Que la diaconie ne soit pas un feu de paille mais qu’elle s’inscrive dans la durée ! Que la diaconie ne serve pas à la gloriole de quelques-uns mais qu’elle reste toujours au service des plus pauvres. » Cette citation empruntée à Monseigneur Gilles Barthe (1906-1993), fondateur de la diaconie du Var, résonne tout particulièrement aux oreilles de Stephan Chaligné, diacre permanent à Orléans depuis 2015, et membre de l’équipe diaconie.

En étroite relation avec le Conseil de la Solidarité, Mgr Jacques Blaquart, évêque d’Orléans a nommé quatre membres pour l’équipe d’animation de la diaconie, le 1er septembre 2019 : Muriele Lavaud, Stephan Chaligné, le père François Régnault, et Xavier Pesme, diacre. Cette décision impulsée par l’évêque est le fruit de la démarche synodale lancée entre 2017 et 2019. Dans le décret de promulgation du synode, Mgr Blaquart a invité les catholiques du Loiret à mettre en œuvre les cinq orientations du synode, et à placer les pauvres au centre des préoccupations. « Ce n’est pas d’abord à eux de venir à l’Eglise, mais à l’Eglise d’aller vers eux. Que chaque communauté de notre diocèse se laisse évangéliser par les pauvres dans une fraternité où chacun trouve sa place et est pleinement associé à la vie ordinaire de l’Eglise », prône-t-il dans l’orientation n°3 du synode intitulé: « Sortir, aller vers ».

Un travail en synodalité

L’équipe d’animation ne constitue pas un service à part entière. « La diaconie est le service du frère », rappelle Muriele Lavaud. « Il s’agit de mettre les personnes les plus vulnérables au centre de la vie de nos communautés », ajoute-t-elle.

« Rendre l’Église et l’Évangile aux pauvres. Rendre les pauvres et l’Evangile à l’Eglise. » L’animation cherchera à honorer cette double préoccupation. Une collaboration avec tous les autres services diocésains a déjà été mise en route en transversalité, et notamment avec la pastorale familiale  » où les fragilités se révèlent plus facilement » avec le chômage ou la pauvreté. L’équipe prend ses marques progressivement depuis quelques mois. « Nous ne partons pas de rien car des initiatives ont déjà été mises en place les années précédentes », précise Stephan Chaligné. Les initiatives qu’il évoque, ce sont notamment les rassemblements Diaconia 2013 et la journée diocésaine : « Famille fragilités, Espérance », en avril 2015. Deux évènements qui leur avaient permis de constater qu’il existe des initiatives solidaires.

Des projets en cours

Ils ont déjà des projets en tête. Partager la parole de Dieu avec les personnes en fragilités reste leur objectif numéro un.  Ils mettront – dans les mois qui viennent – des groupes de partage de la parole de Dieu avec les personnes en précarité. Avant de se lancer, ils devront répertorier ce qui se vit sur l’ensemble du diocèse. Le diocèse est malheureusement très étendu. Une collaboration avec le Secours catholique « qui maille bien le territoire » est envisagée.

Mgr Blaquart (16)Ils mènent aussi des actions singulières de terrain auprès des personnes les plus fragiles comme « Hiver solidaire » qui accueille les personnes de la rue pendant l’hiver ou le dispositif dans certaines paroisses des « tables ouvertes paroissiales » (T.O.P) qui permettent aux personnes isolées d’apprécier un moment de convivialité après l’eucharistie dominicale.

Ils accompagnent et entendent leurs besoins spirituels. « Aujourd’hui, la mission des services et mouvements comme le Secours Catholique ou la société Saint-Vincent-de-Paul, est essentielle. Mais nous avons peut-être laisser de côté le sens de notre baptême. Le pape François encourage les fidèles à aller vers les « périphéries ». Nous travaillons à la fois dans un ancrage d’action de terrain et la prière », explique Stephan Chaligné. « C’est complémentaire, il ne peut pas y avoir l’un sans l’autre, car les pauvretés ne sont pas que d’ordre matérielles, les « accueillis » peuvent rencontrer des pauvretés spirituelles et relationnelles ».

Renforcer les liens

Ils convient également de renforcer les liens, de les prolonger, et d’en établir d’autres. Leur souci est de rejoindre les chrétiens déjà engagés dans le monde associatif de solidarité. Muriel et Stephan ont ainsi noué des relations complémentaires avec les pouvoirs publics comme la mairie d’Orléans, le Conseil départemental du Loiret, ou des associations non confessionnelles comme Cent pour un Loiret (NDLR. Association qui gère les problèmes de logement), Cultures du cœur (NDLR. Association qui favorise l’insertion des plus démunis), Olivet solidarités, Habitat et humanisme, ATD Quart-monde ou la Cimade pour les migrants.

Vers la création d’un Conseil de diaconie de l’Évêque

A l’avenir, ils espèrent lancer un Conseil de diaconie avec des personnes en fragilités. Stephan Chaligné a demandé aux services et aux mouvements membres du Conseil de la solidarité de leur suggérer le nom d’une personne en fragilité qui pourrait intégrer prochainement ce nouveau conseil. « La difficulté, c’est de penser à la place des autres. Nous pouvons être éloignés de leurs préoccupations. » Quelles sont leurs places dans l’Eglise diocésaine ? Quelles sont leurs attentes spirituelles ? Quelles sont leurs places dans les eucharisties dominicales ? C’est à toutes ses questions qu’ils tenteront de répondre, tous ensemble.

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