Des camps « musique et liturgie » pour les jeunes chrétiens du Loiret

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Au sein du diocèse d’Orléans, Claire-Elise Sterlin est déléguée diocésaine au chant choral et à la musique sacrée. Elle gère depuis 2013 la coordination du camp musique et liturgie. Les jeunes du Loiret, âgés de 12 ans à 17 ans, soucieux de se former à l’animation liturgique et sacramentelle, se retrouvent chaque année à la Toussaint pour quatre jours intensifs de pratique musicale, de temps spirituels, et de vie fraternelle. L’objectif : préparer les jeunes au service de l’animation pour qu’ils deviennent acteurs dans leurs paroisses. Histoire et réussite de ce projet hors norme !

RENCONTRE

IMG_6024« Il y a sept ans, nous sommes allés frapper à la porte de Monseigneur Jacques Blaquart pour lui présenter notre projet, celui de former les jeunes à la liturgie », se souvient encore Claire-Elise Sterlin, déléguée diocésaine au chant choral et à la musique sacrée et responsable du camp musique et liturgique. « Avec le Père Julien Dumont, nous formions les jeunes respectivement dans nos paroisses respectives du Loiret mais nous voulions aussi mettre nos compétences en commun. » Mgr Jacques Blaquart, évêque d’Orléans, approuve le projet. En 2013, le premier camp musique et liturgie est lancé avec Gilbert Tran et le Père Julien Dumont. D’abord bénévole, Claire-Elise est désormais salariée du diocèse. Cette ancienne psychologue clinicienne, a lâché son emploi pour se consacrer à la musique. Elle a reçu une lettre de mission en 2016.

Former les jeunes à l’animation pastorale

Leur objectif : former les jeunes de 12 à 17 ans (collégiens, lycéens, étudiants) au service de l’animation pastorale. « Ce stage est à la fois un lieu d’éducation et de vie, et un lieu de maturation vocationnelle pour en faire des « chrétiens debout », précise Claire-Elise Sterlin. « La croissance spirituelle et humaine du jeune dans son entier est importante, ajoute-t-elle. Il faut les aider à développer leurs talents et à faire partie de l’ÉgliseCette expérience les décomplexe dans leur vie de foi. »

Ce jour-là, elle vient accompagnée de Lætitia, une jeune lycéenne en première au lycée Voltaire, à Orléans. Elle participe aux camps musicaux depuis plusieurs années. A 17 ans, elle y a notamment appris : « l’animation de la messe, le service de la liturgie, et les bases de la sonorisation. Nous vivons aussi des temps spirituels et réfléchissons sur notre relation avec Dieu. On n’a pas toujours à notre âge une foi très poussée. On partage, on grandit ensemble, les camps créent des liens entre nous. »

Camp musiques et liturgiesPendant quatre jours intensifs, les soixante jeunes se réunissent du jeudi matin au dimanche avec une une vingtaine d’animateurs (prêtres, religieux, laïcs). « Nous nous réunissons dans divers lieux du diocèse car certaines paroisses rurales ne voient jamais de jeunes à la messe », regrette Claire-Elise. Des stages ont ainsi été orchestrés chez les Sœurs Ursulines à Beaugency, à Orléans, ou à Meung-sur-Loire.

Des ateliers majeurs et mineurs

Claire-Elise SterlinParmi les jeunes apprentis, tous ne sont pas musiciens. « Il faut surtout avoir envie de participer aux activités », insiste Lætitia. Trois ateliers majeurs ont été mis en place : le chant au service de l’animation de la messe, l’instrument au service de la liturgie, et l’atelier sonorisation (utilisation des micros, de la sono). En plus des trois ateliers majeurs, un quatrième atelier sur la louange a vu le jour en 2019. « Il est réservé à ceux qui ont déjà suivi la formation initiale et qui veulent approfondir leurs connaissances », soulève Claire-Elise. Des ateliers mineurs autour du service fleurs dans la liturgie, de la Bible ou des visites patrimoniales d’églises viennent compléter la formation. « Dans cette partie, nous leur apprenons à choisir les chants de la messe. Pour la vie spirituelle, on prie tous les jours les laudes et les complies. Ils apprennent aussi à psalmodier. »

Après le camp musical de la Toussaint, les jeunes peuvent mettre en application tout au long de l’année leur apprentissage de l’animation musicale, au sein des paroisses, pour éviter la fracture : « d’une messe des jeunes et d’une messe des vieux ! » Lætitia est par exemple rattachée chaque semaine à la paroisse de La Ferté-Saint-Aubin. « J’anime avec d’autres jeunes la messe de A à Z avec un responsable qui nous chapeaute. » Claire-Elise appelle les paroisses pour leur préciser que des jeunes sont prêts à prendre « le relai pour réaliser le psaume du dimanche ». Elle veille en amont à ce que les paroisses puissent les aider aussi financièrement.

L’après camp de musique

Ces camps, ce sont aussi depuis 2013 des histoires de transmission. Chaque année les anciens élèves reviennent pour transmettre leurs savoirs aux plus jeunes. Claire-Elise peut s’appuyer sur « un bon vivier » de jeunes musiciens. « Désormais, dès qu’un évènement diocésain est organisé, on nous demande si les jeunes du camp peuvent venir impulser une dynamique à la messe. Ils sont les meilleurs ambassadeurs, reconnait-elle. Par exemple en février, nous sommes partis à Taizé. Nous en avons profité pour animer la messe. » Cette année, avec la canonisation de Sainte Jeanne d’Arc, les jeunes ont particulièrement travaillé sur ce thème.

Les camps font des émules

Camp musique et liturgie (3)Claire-Elise est contente du chemin parcouru. Le camp musique et liturgie est novateur dans le diocèse du Loiret, et aussi en France. « A part des camps, les semaines d’été à Saint-Anne d’Auray, il n’existait pas de propositions musicales pour les jeunes. Nous sommes partis de zéro pour créer les camps de musiques liturgiques. » Le diocèse d’Orléans est en discussion avec d’autres diocèses intéressés par l’initiative. C’est le cas pour le diocèse Bordeaux. Claire-Elise les accompagne dans la mise en place de la pratique musicale.

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