Catéchumènes et confirmands, signes d’espérance

Présentant les nombreux baptisés de Pâques dernier (164) et confirmands adultes des 9 et 15 juin (255) Catherine Chevalier, responsable du Service diocésain du catéchuménat des adultes, déclare : « Ces baptêmes et confirmations, rapportés au nombre d’habitants des Yvelines, restent de l’ordre du signe, mais un signe d’espérance fort qui donne de la joie à l’évêque, aux prêtres, aux communautés chrétiennes. On touche du doigt le travail de l’Esprit Saint dans l’Église et on voit Dieu à l’œuvre dans les cœurs. C’est beau ! ».

Catéchuménat VersaillesDepuis quatre ans qu’elle assure cette mission avec son équipe de bénévoles, Catherine témoigne être « admirative de l’implication grandissante des paroisses et de l’attention des prêtres à ces personnes qui ont un vrai désir de vivre en chrétiens», qu’ils soient recommençants ou tout nouveaux dans une démarche de foi.

Un autre de ses joies est de constater que la mosaïque formée par les catéchumènes  « est constituée de tous les milieux sociaux (étudiants, cadres, employés), tous les âges de 18 à 86 ans et tous les secteurs géographiques du diocèse. Tout en sachant que pour un certain nombre de communautés africaines, se faire baptiser adulte fait partie de la coutume.

Des démarches de plus en plus familiales

Difficile de relier directement ces démarches à la dynamique du synode diocésain ou aux actions pastorales de tel ou tel lieu tant les « parcours sont individuels et intimes » et donnent lieu, lors de la retraite diocésaine, à « de beaux échanges de témoignages ». Catherine songe entre autres à des conjoints qui se sont mutuellement mis en route et épaulés, l’un avançant vers le baptême, l’autre vers la confirmation, les enfants étant parfois à la source de leur cheminement, parfois dans leur sillage.

À l’heure actuelle, près de 400 personnes formées accompagnent, dans de plus en plus de paroisses (60 sur 72 ont célébré des baptêmes de jeunes et d’adultes à Pâques) ces catéchumènes et ces confirmands ; ceci avec une belle fidélité et le sentiment de vivre « une très belle expérience ».

De plus en plus de ponts se créent avec d’autres services diocésains. Ainsi une coopération a été initiée avec la Mission pour la Famille afin de préparer en 2020 une journée de formation pour aider les accompagnateurs à annoncer « La Bonne Nouvelle du mariage » et une retraite spécifique des confirmands a été travaillée, en cette année de JMJ et de synode des Jeunes, avec la Pastorale des Jeunes, l’idée étant de donner des pistes pour l’après-sacrement.

Dans le même esprit, un document destiné aux paroisses a été élaboré pour les aider à vivre la liturgie des dimanches de Pâques avec les nouveaux baptisés.

Chantal Joly

Témoignages

Le chemin de conversion de deux couples chrétiens

La communauté chrétienne de Montigny-Voisins a eu la joie d’accueillir à Pâques dernier quatre nouveaux baptisés adultes. Parmi eux, un couple de trentenaires accompagnés par un couple plus âgé de leur paroisse, membre également de l’équipe diocésaine du catéchuménat.

Rodrigue et Myriam Simi DJOMOÀ voir Adrien, 15 mois, le fils de Rodrigue et Myriam Simi Djomo, suivre docilement Philippe Barral, on comprend que les liens créés entre ses parents et le couple qui les a accompagnés durant un an et demi ne sont pas superficiels. Au point que Rodrigue et Myriam se sont trouvés tout désorientés à la fin de leur parcours. « En tout nous nous sommes rencontrés 28 fois chez eux, tous les 15 jours, pour des séquences allant de 20h30 à 22h15. Ils ont été méritants car tous les deux travaillent à plein temps et il y a eu la naissance d’Adrien au milieu », raconte Marie-Dominique Barral.

Lorsque sollicités pour être parrain et marraine et certains de la présence de Dieu dans leur vie, Rodrigue et Myriam, tous les deux de familles chrétiennes camerounaises mais non baptisés et par ailleurs pratiquants irréguliers, ont senti qu’il était « temps de franchir le cap », ils ont pensé que « tout serait plié en six mois ». Rodrigue l’avoue volontiers : « On n’avait pas mesuré à quel point le parcours serait intense et plein d’apprentissages ». « Nous avons beaucoup développé le thème du Saint Esprit, c’était nouveau pour nous. Ça nous a fait du bien de nous l’approprier », raconte par exemple Rodrigue. Myriam pour sa part évoque sa découverte, dans les textes de la Bible, du fait que Dieu a besoin des hommes : « Je ne l’avais jamais compris, ça m’a touchée ».

Tous deux n’avaient pas non plus imaginé qu’ils seraient autant « exposés », ayant dû se présenter face à l’assemblée de leur paroisse pour leur entrée en catéchuménat et donner plus tard un témoignage lors de leur bénédiction nuptiale.

Un amour bâti sur le roc

Aujourd’hui, leur amour y a gagné en solidité – ils ont choisi le texte de Matthieu (7, 21-29) « bâtir sur le roc »pour la célébration de leur bénédiction nuptiale- et en tolérance. « Nous sommes tous les deux impulsifs. Une dispute peut éclater très vite. Avant elle pouvait durer. Maintenant nous essayons de ne pas nous coucher fâchés. Nous nous pardonnons beaucoup plus vite », assure Rodrigue. Il explique : « Avant nous étions mariés. Maintenant nous sommes des chrétiens mariés ». « Au-delà du fait que Rodrigue est mon mari, je le vois en plus comme un frère en Christ », ajoute Myriam. Et Marie-Dominique de commenter : « Voir ce que le Seigneur fait à travers eux nous fait changer aussi ». Philippe précise : « L’accompagnateur vit également un chemin de conversion. Nous ne sommes ni des enseignants ni des spectateurs ni des modèles ». Sur la paroisse, ils ont invité Rodrigue et Myriam à des rencontres avec d’autres couples afin de les aider « à s’y ancrer ». Désormais le dimanche, chacun est « moteur en alternance » pour se rendre à la messe malgré la fatigue de la semaine. Pour leurs deux filles, Mayah, 10 ans et Neilah-June, 6 ans qui ont suivi tout le parcours avec eux et « compris ce qui se passait, c’est normal d’aller à la messe le dimanche ».

Chantal Joly

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